7.12.16

Appel "Pour le respect de la laïcité"



C’est peu de dire que la laïcité va mal : malmenée, manipulée, vilipendée, on n’ose plus s’affirmer laïque par peur des amalgames et des contresens. Principe de paix, elle serait devenue sujet de discorde. Principe d’unité par-delà les différences, on lui assigne des fins identitaires.

L’extrême-droite, de tradition pourtant anti-laïque depuis toujours, veut s’approprier le mot pour mieux distiller son venin xénophobe. Hier les juifs, les arabes, aujourd’hui les musulmans. On ne peut se réclamer de la laïcité, quand on condamne les prières de rue, quand elles se font aux abords des mosquées, mais qu’on les soutient quand il s’agit de l’église Sainte Rita. On n’est pas laïque, quand on se fait le porte-parole des discours les plus réactionnaires du Vatican en appelant à la suppression du Planning familial.


Non, l’Islam ne serait pas par nature plus hermétique aujourd’hui à la laïcité que ne l’était le culte catholique en 1905. La laïcité n’a pas à s’adapter à une religion, de même qu’aucun croyant ne peut réclamer de droits particuliers. La République est séparée des religions, elle n’a pas à organiser les cultes.

Nous, militants laïques, par-delà parfois des divergences d’analyse, en appelons à la constitution d’un front commun autour des fondements de la laïcité républicaine, telle que définie par la loi de 1905. Être laïque, c’est reconnaître que l’État assure en même temps la liberté de conscience - croyant et non croyant - et le libre exercice des cultes. Être laïque, c’est affirmer que l’État ne doit reconnaître, salarier ou subventionner aucun culte. Par conséquent la République ne tranche pas parmi les cultes plus ou moins respectables : elle demeure indifférente dans la seule limite du respect de l’ordre public et des lois communes.

Ses Elus et représentants doivent conserver cette neutralité dans leurs fonctions. La République ne juge personne selon ses croyances ou appartenances présumées. Elle accorde à l’Ecole publique la noble mission d’instruire les enfants : c’est par conséquent à elle que l’État doit accorder les fonds nécessaires aux défis que porte l’Ecole aujourd’hui.

Nous, militants de la cause laïque, appelons à la plus grande vigilance contre toute tentative de détourner la laïcité de ses objectifs. En cette date anniversaire de la loi de 1905, nous en appelons au respect plein et entier  de ses principes fondateurs. La laïcité organise l’espace public et donne sens à la citoyenneté républicaine qui garantit la démocratie. Ce n’est ni une police de la pensée, ni une option philosophique parmi d’autres valeurs particulières.

La loi de 1905 est une loi de liberté qui permet toutes les autres libertés. Elle doit donc être préservée.

Premiers signataires : Guiseppe Aviges (vice-Président de l’Union Nationale Lycéenne – UNL), Quentin Baillon (président de l'association le poing commun),  Jean Baubérot (ancien titulaire de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Alain Barbier (Secrétaire général de l'UFR de la FERC-CGT), Hervé Basire (Secrétaire général de la FERC- CGT), Thierry Baudet (Président de la MGEN), Christian Beauvais (Délégué Général de la Fédération du Pas de Calais et de l’Union Régionale des Hauts de France de  la Ligue de l’enseignement), Nadia Bellaoui (Secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement),  Hassan Benhsain (Président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne – FIDL),  Daniel Bénichou (Président de l’Association Le Chevalier de la Barre), Roland Berthilier (président de l’ESPER, L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République), Roland Biache (Délégué général de Solidarité Laïque), Jean-Marie Bonnemayre (Président du CNAFAL, Edith Boulanger (Commission « Laïcité » du Mouvement de la Paix), Edouard Brézin (Président de l'Union Rationaliste, Ancien Président de l'Académie des Sciences), Marcel Caballero (Président d'honneur de l'Institut de Coopération Sociale Internationale (ICOSI) - vice-Président du Centre international de recherche et d'information sur l'économie publique, sociale et coopérative (CIRIEC), Monique Cabotte-Carillon (Présidente du CEDEC : Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l'Ecole Confessionnelle), Jean-Luc Cazaillon (Directeur général des CEMEA),   Philippe Corcuff  (maître de conférences de science politique à l'IEP de Lyon), Daniel Callewaert (Président fondateur du Cercle  Laïque Maria et Gustave Dron – Tourcoing), Jacques Calvier (militant laïque), Jean-Yves Cerfontaine (Président du Cercle Laïque Jean Macé et ancien Secrétaire National de la FEN),  Guy Cirla (Président de la Ligue de l’Enseignement de l’Ariège), Charles Conte (Chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement), Guy  Coq  ( administrateur  de   Confrontation et Membre  de  l' OFC),   Dominique Dattola (Auteur réalisateur humaniste, citoyen du monde),  Claude Dejean (Présidente du Cercle Condorcet de l'Ariège, Vice- présidente de la Ligue de l'Enseignement Fédération de l'Ariège),  Abdoulaye Diarra (membre du Bureau national de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jean-Michel Ducomte (Président de la Ligue de l’Enseignement), Françoise Dumont (Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Eliard (Docteur ès-lettres, professeur émérite des universités), Christian Eyschen  (vice-Président de la Libre Pensée), Philippe Forget (essayiste), Judith Fouillard (Secrétaire nationale de la FSU), Anne-Marie Franchi (ancienne Vice-présidente de la Ligue de l’Enseignement et  ancienne Secrétaire générale des DDEN), Jean-Claude Frey (Président d'un groupement de mutuelles interprofessionnelles), Mireille Fridman  ( militante laïque de Toulouse), Gabriel Gaudy (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de FO,  libre penseur), Yves-Jean Gallas (Président du Comité francilien du Mouvement de la Paix), Maurice Gelbard  (chercheur), Jacques Gelly (Président de l'Union Régionale des Fédérations des Œuvres Laïques Auvergne Rhône-Alpes de la Ligue de l'enseignement), David Gozlan (Secrétaire général de la Libre Pensée), Anne-Marie Harster (vice-Président de Solidarité laïque),  Pascal Joly (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de la CGT), Dadou Khel ( Président du groupe "diversité/laïcité" de la Ligue de l'enseignement), Annie Lacroix-Riz ( professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7), Pascal-Eric Lalmy (Conseiller municipal d'Osny (95), Hélène Langevin-Joliot (Présidente 2004-2012 de l'Union rationaliste), Lilâ Le Bas (Présidente de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF),  Jo Le Lameur (Président de la Fédération Française de Crémation), Polo Lemonnier (Secrétaire national de la FSU), Jacky Lesueur (syndicaliste), Jean-Claude Mailly (syndicaliste), Michel Miaille ( professeur honoraire à l'Université de Montpellier, Président de la Ligue de l'Enseignement de l'Hérault), Paul Markidès (Vice-Président de l’Association Républicaine des Anciens Combattants), Roger Martelli (codirecteur du magazine Regards), Philippe Martinez (Secrétaire général de la CGT), Jean-Luc Mélenchon (Eurodéputé), Maurice Montet (militant pacifiste), Pascal Nakache (Avocat, membre du Comité Central de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Naud (ingénieur, chef d'entreprise, rationaliste scientifique), Gauthier Ngumbu (Président de la Ligue de l’Enseignement de Haute-Garonne), Françoise Olivier-Utard (militante laïque), Rémy Pech (professeur émérite et Président honoraire de l'Université de Toulouse - Jean Jaurès),  Jean-Claude Pecker (Membre de l’Institut, Professeur au Collège de France),  Catherine Picard (ancienne Députée), Jean Louis Petriat (President d’Honneur du Groupe GMF et de la FNAC), Jean-Sébastien Pierre (Président de la Libre Pensée), Bernard Quelquejeu ( membre de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité, co-fondateur du Groupe International, Interculturel, Interconvictionnel (G3i), Jean-Michel Quillardet (l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires), Jean-Robert Ragache (Historien et  Ancien Grand Maître du Grand Orient De France), Hubert Raguin (syndicaliste), Jean-Marc Raynaud (responsable des Editions libertaires), Caroline Rebhi  (co-présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial),   Liliane Rehby (Secrétaire Nationale de l'ARAC),  Jean Riedinger (Secrétaire  de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité), Johannés Robyn (Président de l’Union des Athées - France), Patrice Rolland, (professeur de droit public), Joël Roman (Président de Islam et laïcité),    Jean-Luc Romero (Président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), Pierre Roy (Président de la Fédération nationale laïque des Associations des Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et Anticléricaux), Frank Sammeth ( Président de la société d'histoire du radicalisme), Jean-Marc Schiappa (Président de l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée), Benoit  Schneckenburger (Philosophe), Véronique Sehier (co-présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), André Sirota (Président de l’Association nationale des CEMEA), Patrick Staat (Secrétaire général de l’ARAC), Benjamin Stora (Historien), Michèle Talfer (Bureau de l’Union rationaliste), Dominique Thys (Président de Solidarité laïque), Bernard Toulemonde ( Inspecteur général honoraire de l'Education nationale), Pierre Tournemire (vice-Président de la Ligue de l’Enseignement), Michel Tubiana (Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Vovelle (Historien), Raphaël Vahé (Président de l’ARAC), Valentine Zuber (Historienne ou Directrice études à l’Ecole pratique des hautes études)



Pour soutenir cet Appel des Laïques,
nous vous appelons à la contresigner massivement :
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2016N49240

11.11.16

11-Novembre : réhabilitons les fusillés pour l'exemple

Ce 11 novembre 2016, la Ligue des Droits de l'Homme et l'Association des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et la Libre pensée de l'Aveyron ont déposé une gerbe au monument aux morts de Rodez en hommage aux fusillés pour l'exemple.

Fidèle à sa tradition pacifiste, la Libre pensée mène le combat pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
Elle poursuit ainsi la lutte menée par les familles, par les associations d’anciens combattants, par la Ligue des Droits de l’Homme, dès la fin de la guerre de 1914.

Mais aujourd’hui, en 2016, le mot réhabilitation n’a toujours pas été prononcé par les autorités de l’Etat. Cela ne saurait satisfaire tous ceux qui souhaitent qu’on rende leur honneur, bafoué de la façon la plus ignominieuse,  à ces hommes, qui sont tombés sous des balles françaises, et à leurs familles.
Des initiatives comme celle-ci se multiplient dans les départements.

En outre, la Libre pensée a lancé une souscription nationale pour l’érection d’un monument sur la ligne de front en hommage aux fusillés.

Enfin elle a pris l’initiative d’un Appel à la République des descendants des fusillés pour que justice soit rendue aux 639 victimes des pelotons d’exécution.








22.10.16

Crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République : Rendre des arrêts ou rendre des services ?

La Fédération nationale de la Libre Pensée, qui est à l’origine de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, entend tout faire pour faire respecter la laïcité de l’Etat. C’est pourquoi, elle est à la source des recours contentieux contre les décisions de collectivités publiques qui imposent la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République. Elle entend aller jusqu’au bout de cette affaire et épuiser toutes les voies de recours possibles.

 

 

Les choses sont pourtant simples 

 

La République est laïque et elle assure la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes et de chaque citoyenne et citoyen. C’est pourquoi « l’Etat s’arrête où commence la conscience », selon la belle formule de Francis de Pressensé. La République est neutre en matière métaphysique. Pour respecter la liberté de conscience de nos concitoyens, elle ne doit afficher aucune préférence religieuse. 

 

Même un esprit étroit, réactionnaire et xénophobe, de quelqu’un concourant à une primaire présidentielle, devrait pouvoir comprendre cela. Tel ne semble pas être le cas aujourd’hui, car derrière « l’affaire des crèches », il y a bien autre chose. Il y a la volonté de quelques croisés en mal de mise à sac et de prise de Jérusalem, « pour bouter le Sarrazin hors de France », d’instituer une nouvelle guerre de religions dans notre pays.

 

En effet, comment peut réagir un de nos concitoyens d’origine arabo-musulmane, quand il assiste à une campagne hystérique pour traquer « tout signe de culture musulmane » (voile, burqa, burkini, main de Fatma) dans un domaine où il devrait être librement autorisé, puisqu’il ne dépend pas de la sphère publique que régit le principe de laïcité ;  alors que dans les endroits où la laïcité devrait s‘appliquer,  à savoir  les bâtiments de la République, on autoriserait la présence de crèches chrétiennes, dont même un esprit simplet ne peut nier qu’il s’agit d‘un symbole chrétien ?

 

On voudrait inciter à des affrontements communautaristes qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il est vrai que pour justifier « l’état d’urgence permanent », rien de vaut une atmosphère de guerre civile entre « communautés religieuses ».

 

Que va-t-il se passer maintenant juridiquement ?

 

Devant la cacophonie juridique instituée par des décisions d’instances de justice administrative qui, sur la base de mêmes faits en interprétant les mêmes textes de loi, aboutissent à des décisions contradictoires, on attend du Conseil d ‘Etat qu’il remettre de l’ordre dans le chaos juridique et qu’il fixe une ligne de droit.

 

C’est donc avec un certain étonnement que la Libre Pensée a pris connaissance des conclusions du Rapporteur au Conseil d‘Etat qui préconise de casser les deux arrêts de Cour d’appel administrative et de rejuger les affaires. En matière footballistique, c’est remettre la balle au centre et demander que le match soit rejoué. Il n’y a donc objectivement aucune raison de penser que le trouble juridique cessera, puisqu’on recrée les conditions de son existence.

 

Par ailleurs, conditionner la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République en demandant qu’elles ne soient pas « religieuses », c’est faire un tour de force qu’aucun magicien ne pourrait faire : une crèche chrétienne est un symbole religieux : Marie,  Joseph, Jésus sont des personnages du Nouveau-Testament chrétien. La discussion reste ouverte sur l’âne et le bœuf.

 

La solution de sagesse consisterait à rappeler l’esprit et la lettre de la loi de 1905 et d ‘indiquer, comme l’a fait le vadémécum de l’Association des Maires de France : au nom de la laïcité, les crèches chrétiennes n’ont pas leur place dans les bâtiments de la République, maison commune de TOUS les citoyens, quelque que soient leurs opinions religieuses ou non-religieuses.

 

Il existe, quand même, suffisamment d‘endroits où l’Eglise catholique peut mettre ses crèches, à commencer par ses églises, cela pourrait même y amener le public qui semble lui faire défaut. L’adage populaire ne dit-il pas : chacun chez soi ? Ce que Victor Hugo avait traduit par la formule : l’Etat chez lui, l’Eglise chez elle !

 

La Laïcité ne peut être à géométrie variable selon la religion à laquelle elle s’applique


Paris, le 21 octobre 2016

9.9.16

Rodelle : Carole Delga et la Région seront absentes de l'inauguration du club-house

Interpellée par la LP12 mais aussi par la Ligue des Droits de l'Homme sur l'affaire de Rodelle (l'inauguration d'un club-house municipal avec une cérémonie religieuse), Carole Delga, présidente de la Région Occitane Pyrénées Méditerranée a fait savoir dans un courrier qu'elle n'assisterait pas à cette inauguration et que la Région n'y sera pas représentée.

Dans le courrier adressé à la LDH, Mme Delga apporte des précisions.

"Il me semble important de vous préciser tout d'abord que l'organisation de cet événement relève de la responsabilité du maire. Si le logo de la Région figure sur ce carton, c'est uniquement parce que nous avons participé au financement de l'équipement en question", explique l'ancienne ministre.

"Je veux donc vous dire avec la plus grande clarté que je ne cautionne aucunement la tenue des cérémonies religieuses prévues dans ce cadre. Une inauguration d'un bâtiment ayant bénéficié de fonds publics doit se faire, comme vous l'indiquez très justement, dasn le principe de laïcuté républicaine."

"Par conséquent, je vous informe que la Région ne sera pas représentée à l'occasion de cette inauguration ce samedi 10 septembre."

Rodelle : le maire a fait interdire la bénédiction du club-house municipal

A la suite de l'interpellation de la Libre pensée sur la grave atteinte à la laïcité qui risquait de se produire samedi 10 septembre à Rodelle pour l'inauguration d'un club-house qui était assortie d'une cérémonie religieuse ; et sans doute du rappel à la loi de la préfecture, le maire de Rodelle se défend d'avoir voulu enfreindre la loi de 1905.



Dans une lettre adressée datée de ce vendredi 9 septembre à la LP12, à la Ligue des droits de l'Homme et à la Maison universelle de la laïcité de l'Aveyron, Jean-Michel Lalle s'explique. "Au service de mes concitoyens depuis plus de trente ans, je ne pense pas, au cours de mes différents mandats (...) avoir manqué un seul moment aux grands principes républicains que je fais miens et que je défends avec ardeur. J'ai donc fait retirer la bénédiction du club-houes et prévenu les dirigeants du club de football de Saint-Julien-de-Rodelle qui avait souhaité cette bénédiction de mon interdiction. Seule l'inauguration  officielle comprenant les discours des diverses personnalités aura lieu."


8.9.16

Atteinte à la laïcité à Rodelle : la préfecture rappelle à l'ordre le maire

A la suite de l'interpellation de la Libre pensée - mais aussi de la Ligue des Droits de l'Homme - sur la grave atteinte à la laïcité qui risquait de se produire samedi 10 septembre à Rodelle pour l'inauguration d'un club-house qui était assortie d'une cérémonie religieuse, la préfecture de l'Aveyron a rappelé à l'ordre le maire de Rodelle.

"Suite à votre saisine par mail du 08/09/2016, je vous informe qu'un contact a été pris par la Préfecture avec le Maire de Saint Julien de Rodelle", a répondu à la LP12 Aurélien Duvergey, chef du bureau du cabinet du préfet.

"Il nous a informé que la bénédiction n’était plus au programme de l'inauguration du club house, qui se déroulera donc dans le respect des dispositions législatives et de la jurisprudence administrative .
Concernant la messe, elle n'a pas de liens avec l'inauguration et libre à chacun d'y assister ou non.
Tels sont les éléments que je souhaitais porter à votre connaissance."

Une atteinte grave à la laïcité à Rodelle

L’inauguration d’un club-house à Saint-Julien de Rodelle, prévue samedi 10 septembre 2016, comporte une cérémonie religieuse avec messe et bénédiction, à laquelle les citoyens sont conviés par plusieurs élus de la République : M. Jean-Michel Lalle, maire de Rodelle ; Mme Carole Delga, présidente de la Région Occitanie / Méditerranée ; M. Jean-Claude Luche, sénateur et président du conseil départemental de l'Aveyron.

La Libre pensée de l'Aveyron dénonce avec force une atteinte grave et inacceptable au principe de laïcité tel que définit dans la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat. Un équipement collectif, financé par l’ensemble des contribuables, ne saurait en aucun cas être inauguré conjointement avec l’Eglise catholique.

La Libre pensée a demandé au préfet de l'Aveyron et aux élus signataires du carton d'invitation de prendre toutes les mesures nécessaires pour rendre cette inauguration conforme à la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat.

L'invitation


26.7.16

Barbarie en Normandie : la Libre Pensée condamne l’assassinat d’un prêtre catholique

C’est avec stupeur et effroi que la Libre Pensée a pris connaissance de l’assassinat d’un  prêtre catholique et des blessures graves occasionnées à l’occasion d’une prise d’otages dans une église de saint-Etienne du Rouvray, près de Rouen. La Libre Pensée ne peut que condamner ces actes odieux et faire part de sa solidarité humaine avec les victimes.

La Fédération nationale de la Libre Pensée condamne de la manière la plus ferme tous les attentats, assassinats, actes de guerre et de barbarie qui se nourrissent mutuellement pour tenter d’arriver à des guerres civiles alimentées sous des prétextes religieux. De tous côtés, on se  prépare à la guerre des civilisations de triste mémoire.

La Libre Pensée appelle les responsables politiques au plus grand calme afin de ne pas en rajouter dans cette situation dramatique. Il semble de plus en plus évident que la perpétuation de l’état d’urgence,  la militarisation croissante de la société et les opérations extérieures ne règlent en rien le problème des actes de barbarie.

Seul le respect des principes républicains, laïques et démocratiques peut contribuer à trouver les solutions nécessaires pour que ce pays, comme tous les pays,  ne sombre pas dans une nouvelle guerre de religions qui cacherait mal d’autres intérêts inavouables.

(Communiqué de la FNLP, Paris, 26 juillet 2016)

20.3.16

Le sondage accablant pour l'Eglise catholique





Un sondage réalisé par Odoxa pour le Parisien-Aujourd’hui en France sur Les Français et l’Eglise, publié ce dimanche 20 mars, est accablant pour le clergé catholique, dont l'une des principales figures, le cardinal Barbarin, est la cible de critiques dans plusieurs affaires de pédophilie dont il n'aurait pas pris la mesure.

"L’Eglise pâtit aujourd’hui d’une mauvaise image que les récentes polémiques sur les affaires de pédophilie n’ont guère améliorée", estime Gaël Sliman, président d'Odoxa.

1 - Une majorité de Français (56% contre 43%) a une mauvaise image de l’Eglise catholique

2 – Sur notre « crible » d’image détaillé l’Eglise apparaît à la fois très/trop conservatrice, trop éloignée du quotidien des Français et trop opaque.

3 - Pour les Français l’Eglise est globalement à sa place quant à son intervention actuelle dans les débats agitant la société française, mais ils souhaiteraient tout de même moins l’entendre sur les questions de morale sexuelle et plus l’entendre sur les questions liées à la lutte contre l’exclusion ou à l’environnement

4 – Les Français comme les catholiques pratiquants seraient très favorables à ce que l’Eglise s’engage dans des réformes importantes, y compris sur la pilule, le préservatif ou le mariage des prêtres

5- Les Français jugent très sévèrement l’attitude de l’Eglise face aux affaires de pédophilie et estiment (63% contre 36%) que le Cardinal Barbarin devrait démissionner

"La cote d’amour de l’Eglise est bien basse mais les leviers pour redorer son blason ne manquent pas. Les Français aspirent à une Eglise plus investie dans les débats concernant la société française, plus proche du « peuple », plus moderne, moins refermée sur elle-même et plus capable de révéler et de sanctionner les dérives terribles liées à la pédophilie. Cela tombe bien car cela ressemble beaucoup aux grands axes de la « politique » initiée par le pape François, justement, lui, très populaire.", explique Gaël Sliman.

On peut toutefois s'étonner justement que le Vatican ne prenne aucune mesure conservatoire à l'encontre du cardinal Barbarin dont les explications ont jusqu'alors été très confuses. Le respect de la présomption d'innocence n'empêche pas la responsabilité.

19.3.16

Nouveau succès pour la conférence de la Libre pensée de l'Aveyron


La Libre pensée de l'Aveyron organisait jeudi à la Maison des associations de Rodez une nouvelle conférence-débat qui a su trouver un public nombreux et curieux.

Le conférencier Philippe Besson, membre du comité international de l’Association internationale de la Libre pensée (AILP), a maintenu l’attention sans faille de son auditoire, plus d’une heure durant, puis échangé, sur et autour des « Révolutionnaires et Libres penseurs sous l’équerre et le compas », c’est-dire la franc-maçonnerie. Avec maîtrise et clarté, il a exposé les liens qui unissaient les uns et les autres, en France mais aussi en Europe et en Amérique du Nord, dans leur aspiration universelle à une authentique émancipation, celle que donne l’absolu liberté de conscience.

Certes, retourner dans le XVIIe siècle nous éloigne des vicissitudes du présent, certaines tragiques, mais quel puissant éclairage pour en décrypter les soubassements.

Par cette conférence la Libre pensée de l'Aveyron tient sa place dans le domaine de l’éducation populaire qu’elle n’a jamais déserté et qu’elle s’applique à servir.

17.3.16

Conférence débat "Révolutionnaires et Libres Penseurs sous l'Equerre et le Compas"



La Fédération aveyronnaise de la Libre Pensée organise jeudi 17 mars 2016 à 18 h à la Maison des associations  (15 avenue Tarayre à Rodez) une conférence-débat  "Révolutionnaires et Libres Penseurs sous l'Equerre et le Compas", donnée par le conférencier, Philippe Besson, membre du conseil international de l’AILP et du comité de rédaction de l’Idée Libre.

Philippe Besson proposera  à la fois une revue historique des liens et des filiations des libres penseurs comme des francs- maçons, au mouvement historique qui part de la civilisation gréco-latine, qui ressurgit sous la Renaissance, qui côtoie la Réforme  pour déboucher sur les Lumières et la Révolution Française. Ce mouvement est l’humanisme, qui triomphera en France par l’avènement de la République et par l’instauration de la Séparation des Eglises et de l’Etat, et un éclairage particulier porté sur le combat commun aux uns et aux autres, celui de la laïcité, de sa difficulté et des obstacles qu’il rencontre.

Le contenu de la conférence est en grande partie consigné dans un ouvrage collectif récemment publié chez Theolib.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

9.3.16

L’Association internationale de la Libre Pensée exige que les responsables et les complices des crimes de l’Eglise catholique répondent de leurs actes

Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon après plusieurs plaintes contre de hauts responsables de l’Eglise catholique incluant le cardinal archevêque de Lyon Philippe Barbarin pour non-dénonciation des prêtres ayant commis des agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans, passible, dans le droit français de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

Le juge en charge de l’affaire étudie actuellement le dossier après les déclarations des victimes présumées du prêtre Bernard Preynat affirmant que les responsables du Diocèse de Lyon, dont le Cardinal Barbarin, ont négligé de dénoncer ce prêtre à la police, comme la loi française l’exige. Ce dernier aurait été alerté sur ces crimes depuis 1991. Le prêtre avait reconnu avoir abusé sexuellement de jeunes scouts entre 1986 et 1991, au sein du groupe qu’il avait animé pendant 20 ans.

Selon l’AFP, le Vatican avait auparavant apporté son soutien à l’archevêque de Lyon, affirmant qu’il avait toute sa confiance et qu’il traiterait le problème avec « une grande responsabilité ». Une source proche du cardinal affirmait même que « cette remarque ne vise en aucune manière le cardinal Barbarin qui presqu’immédiatement après avoir rencontré une première victime avait suspendu le Père Preynat et pris conseil à Rome, et cela bien avant qu’une première plainte ne soit déposée.»

Le directeur exécutif de la National Secular Society du Royaume-Uni, Keith Porteous Wood, également porte-parole de l’Association Internationale de Libre Pensée, qui a travaillé depuis de nombreuses années sur ce dossier des abus sexuels commis par des prêtres et a fourni de multiples preuves aux Nations-Unies quant au silence coupable de l’Eglise catholique, a déclaré à propos de cette affaire :  “ J’en appelle au juge d’instruction afin de faire un exemple dans ce diocèse et de poursuivre en justice à la fois l’agresseur présumé et ceux qui pensent qu’ils peuvent bafouer la loi en toute impunité »

La Commission Pontificale pour la protection des mineurs a réaffirmé mi-février que les évêques avaient obligation de signaler les cas d’abus sexuels auprès des autorités civiles, mais chaque déclaration du pape à ce sujet est plus modérée que la précédente. L’an dernier il avait annoncé la constitution d’un « Tribunal de l’Eglise » (plutôt qu’un renforcement de la loi) pour traiter ce genre de cas, mais ce tribunal ne s’est jamais réuni. Au retour de sa visite au Mexique, le pape a déclaré, toujours de manière plus « modérée », que de tels évêques devraient démissionner – sans même dire qu’il les obligerait à le faire. Le soutien implicite à Barbarin signifie que l’idée même que les évêques pourraient respecter la loi a été abandonnée.

Les ecclésiastiques français semblent mener la résistance face à l’obligation de rapporter les abus sexuels auprès autorités civiles, permettant ainsi aux coupables d’échapper à la prison et aux abus de continuer en toute impunité. Cette réaffirmation de la Commission pontificale rapportée ci-dessus, fait suite à une session de formation des nouveaux évêques tenue au Vatican au cours de laquelle le cardinal français Tony Attrella (prêtre du diocèse de Paris, psychothérapeute et enseignant au collège des Bernardins) a expliqué aux évêques qu’ils n’étaient pas obligés de rapporter les cas d’abus sexuels auprès des autorités civiles. En 2014 les Nations-Unies avaient fustigé le Vatican après qu’un cardinal eut félicité un évêque français pour avoir défié la loi et refusé de rapporter un de ces cas après de la justice.

Dans la plupart des pays, cette mesure n’est pas obligatoire, malgré le fait que les Nations-Unies aient recommandé qu’elle le soit, comme par exemple en Irlande.

7.2.16

La LP12 demande aux parlementaires de ne pas voter la révision constitutionnelle



La Libre pensée de l'Aveyron a écrit le 1er février aux cinq parlementaires de l'Aveyron pour leur demander de ne pas voter la révision constitutionnelle  dont l'examen du projet de loi a commencé le 5 février devant l'Assemblée nationale.

Les sénateurs Jean-Claude Luche et Alain Marc, les députés Arnaud Viala, Marilou Marcel et Yves Censi ont reçu le courrier suivant :

Monsieur le sénateur/député 
La Libre Pensée s’adresse aujourd'hui à tous les députés et sénateurs pour leur demander de ne pas voter la réforme constitutionnelle sur l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité.
La Fédération nationale de la Libre Pensée, aux côtés de la Ligue des Droits de l’Homme, de la Ligue de l’Enseignement et de l’Union rationaliste, ainsi que de nombreuses autres associations a appelé le 30 janvier dernier à des manifestations partout en France qui ont, vous le savez, rencontré un grand succès.
Nous refusons que l’état d’urgence soit constitutionnalisé, ce qui en ferait une donnée permanente. Nous passerions ainsi insidieusement de l’Etat de Droit à l’Etat d’exception permanente.
Nous refusons que le grand acquis du droit du sol, issu des conquêtes de la Révolution française, soit bafoué et que soit mise en place une « nationalité » à deux vitesses.
Comme l'a dit Benjamin Franklin dans un texte que nous vous transmettons, « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. »
Chaque député, chaque sénateur est désormais face à sa conscience et au mandat confié par le peuple. Nous vous demandons de ne pas voter la modification constitutionnelle qui démembre la République, disloque la démocratie, atteint l’unité de la Nation. 
Veuillez agréer, Monsieur le sénateur/député , nos salutations laïques et républicaines,

29.1.16

La Libre Pensée appelle les Députés et Sénateurs à ne pas voter la réforme constitutionnelle

La Libre Pensée appelle les Députés et Sénateurs à ne pas voter la réforme constitutionnelle. Ne votez pas la réforme constitutionnelle. Sur l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité !

La Démocratie ne peut être sacrifiée !

La Fédération nationale de la Libre Pensée, aux côtés de la Ligue des Droits de l’Homme, de la Ligue de l’Enseignement et de l’Union rationaliste, appelle aux manifestations du 30 janvier 2016, partout en France. Nous refusons que l’état d’urgence soit constitutionnalisé, ce qui en ferait une donnée permanente. Nous passerions ainsi insidieusement de l’Etat de Droit à l’Etat d’exception permanente. Nous refusons que le grand acquis du droit du sol, issu des conquêtes de la Révolution française, soit bafoué et que soit mise en place une « nationalité » à deux vitesses.

 Chaque Député, chaque Sénateur est désormais face à sa conscience et au mandat confié par le peuple. Ne votez pas la modification constitutionnelle qui démembre la République, disloque la Démocratie, atteint l’unité de la Nation !

Non au coup d’Etat permanent !

Défendons la République, la Démocratie, la Laïcité !

Rassemblement contre l'état d'urgence le 30 janvier à Rodez



Se ralliant à l’appel national, le collectif des associations et syndicats appelle les citoyennes et les citoyens de l’Aveyron à manifester leur opposition à l’état d’urgence, à sa prolongation et au projet de réforme constitutionnelle visant à modifier la nationalité française.

Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels que sont la paix et la liberté.


RASSEMBLEMENT
Samedi 30 janvier à 10 heures – Place de la Préfecture - RODEZ


A l’appel de Ligue des Droits de l’Homme / Fédération aveyronnaise de la Libre Pensée/ALERTES/ FSU 12/ SOLIDAIRES/ Planning Familial/ CGT Aveyron/ SE-UNSA 12/ Maison Universelle de la Laïcité 12, Ud-CGT, FSU, SUD Santé, ATTAC,  Planning Familial,