31.12.02

Communiqué de la fédération nationale

Justice de proximité et réforme Sarkosy

Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur le 27 décembre 2002 - Photo Reuters - Philippe WojazerLes partisans du " détricotage " de la République veulent restaurer une justice d'un autre temps. Celle des baillages et des sénéchaussées où les hommes d'un " sheriff " remplaceraient la police républicaine.
La décentralisation/régionalisation inscrit comme concept constitutionnel le principe de subsidiarité dont on sait l'origine catholique et son adoption par les traités de l'Union européenne. Les pouvoirs répressifs, fonctions dites " régaliennes ", sont renforcés au détriment des missions d'intérêt général des services publics.

Privatisation de la justice
Le Garde des Sceaux, reprenant la manière de régler les problèmes de Mme Guigou, a présenté un projet de réforme incluant, en autre, une "justice de proximité ". Le projet devait être poussé à marche forcée, mais se heurte à une farouche résistance des magistrats. A ce jour, il est dans la navette parlementaire.
En France, l'indépendance des magistrats est garantie par leur statut d'agents de l'Etat. Or , sous prétexte de restaurer les juges de paix établis par la Révolution française, il s'agit en réalité d'une privatisation de la justice qui, de plus , s'articule avec le projet Sarkozy qui prévoit une privatisation de la police.
Cette entreprise de falsification qui nommerait des "juges provisoires", choisis en particulier parmi les "jeunes retraités" est, de l'avis même de ses promoteurs "une manière d'appliquer à l'organisation judiciaire le principe de subsidiarité". Payés à la vacation, ces " juges " de substitution aux magistrats professionnels formeront une couche de notables dont on peut imaginer les intérêts qu'ils représenteront et les garanties " d'impartialité " qu'ils apporteront. D'ailleurs, le Conseil d'Etat a déjà mis un holà
Cette justice " régionalisée " confierait aux notables des " pays " le soin de proposer ceux des leurs chargés de mettre la " populace " à la raison et de constituer la "police de proximité" pour faire respecter leurs décisions.

Privatisation de la police
Le projet Sarkozy, également en cours de discussion devant le Parlement, a de l'aveu même de son auteur davantage pour objectif de lutter contre le sentiment d'insécurité que contre l'insécurité elle-même. C'est donc au profit d'une manipulation politique qu'on s'en prendrait à des libertés essentielles.
- En réformant le code de procédure pénale pour permettre à la police de faire des actes d'instruction concernant les personnes (spécimen d'écriture, empreintes vocales?)
- En autorisant des fichiers informatisés dont le contenu pourra ultérieurement être utilisé "dans le cadre de mission de police administrative et de sécurité", c'est-à-dire en dehors de toute instruction pénale.
- En confiant aux préfets des missions de police judiciaire et en incluant dans ce dispositif jusqu'aux directions départementales du travail.
- En permettant aux policiers municipaux, aux ordres des maires, d'avoir accès aux fichiers d'informations nominatives.
- En accordant des prérogatives de maintien de l'ordre à des " milices privées " (entreprises de surveillance).
Alors que le projet de réforme constitutionnelle s'en prend à l'unité et à l'indivisibilité de la République, les ministres de la Justice et de l'Intérieur s'en prennent aux garanties données par les déclarations des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 et 1793 : liberté d'aller et venir, liberté de réunion, sûreté individuelle, etc...

Il y a une logique dans cet ensemble qui associe privatisations, replis communautaires et préparation d'un climat de guerre civile.
La Fédération Nationale de la Libre Pensée considère que les réformes de la justice et de la police sont des atteintes flagrantes au caractère républicain de l'Etat et qu'elles constituent des privatisations inacceptables de mission de service public.
La Libre Pensée appelle donc tous les citoyens à manifester leur opposition à ces projets antidémocratiques et attentatoires aux libertés démocratiques les plus fondamentales.

9.12.02

Communiqué de la Libre Pensée nationale

La Libre Pensée reçue au Ministère de l'Education nationale

Le ministère de l'Education nationale, rue de Grennelle à ParisLa Fédération Nationale de la Libre Pensée a été reçue à sa demande par un représentant du Ministre de l'Education nationale le mercredi 27 novembre 2002. Nous avons abordé trois dossiers importants.

Proposition de loi Goulard :
Le 1er août 2002, le député François Goulard a déposé un texte visant à étendre les dispositions financières de la loi Falloux de 185O en matière de subventionnement des budgets d'équipement à toutes les écoles privées dans les communes n'ayant pas d'école primaire publique. La Libre Pensée a rappelé sa demande d'abrogation totale et définitive de cette loi antilaïque. Elle a rappelé que la loi Goblet du 30 octobre 1886 a abrogé le titre premier de cette loi scélérate, partie qui concernait l'enseignement primaire. La Libre Pensée a donc demandé au représentant du Ministère quelle était la position du gouvernement sur cette proposition de loi Goulard.
Le Ministère nous a clairement répondu que cette proposition n'avait pas été inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée et qu'il n'était pas dans les projets du Ministère de modifier les lois Falloux et Goblet. La Libre Pensée rappelle qu'une tentative de modifier l'article 69 de la loi Falloux avait fait descendre dans la rue un million de laïques le 16 janvier 1994.

Enseignement des religions à l'Ecole :
Nous avons demandé ce que le gouvernement pensait du rapport Debray. La Libre Pensée a dénoncé la formation conjointe en matière de religion organisée par l'institut catholique et l'IUFM de Clermont-Ferrand. Nous nous sommes inquiétés de la proposition de Régis Debray d'instituer des CAPES de religion sur tout le territoire.
La Libre Pensée a demandé si les représentants des religions participeraient à l'élaboration des programmes et à la formation des maîtres en IUFM. Elle a aussi attiré l'attention du Ministère sur le contenu ouvertement prosélyte d'un grand nombre de manuels scolaires qui n'ont aucun recul sur la religion chrétienne et dont les affirmations péremptoires sur l'existence de Jésus et de ses « miracles » confinent à l'endoctrinement pur et simple.
Le Ministère nous a indiqué qu'il n'avait pas été mis au courant préalablement de ce qui s'était passé à Clermont-Ferrand. Ce n'est pas comme cela que le ministère entend travailler sur ce dossier. Il a ajouté que cela ne se reproduira pas. Il nous a affirmé qu'il n'était pas question d'étendre les CAPES de religion, qui existent en Alsace Moselle depuis que Claude Allégre les a créés, au reste du territoire.
Le Ministère nous a répondu qu'il reprenait globalement à son compte le rapport de Régis Debray et qu'il en partageait les analyses et propositions. Il nous a répondu que l'élaboration des programmes et la formation des maîtres ne seront pas modifiés pour l'enseignement du fait religieux qui ne sera pas une discipline à part. Le Ministère se penchera sur la question du contenu des manuels scolaires.

Relations entre l'Etat et l'Eglise catholique :
La Libre Pensée a fortement critiqué l'entrevue entre Lionel Jospin, Premier Ministre à l'époque, et une délégation catholique conduite par l'ambassadeur du Vatican, le 12 février 2002. Cette réunion a débouché sur l'engagement de relations institutionnelles entre l'Etat et l'Eglise catholique. Le nouveau Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin, a déclaré maintenir cet engagement. La Libre Pensée exige le respect scrupuleux de la loi de séparation de 1905 et qu'il soit mis fin à cette violation flagrante de la laïcité républicaine. Elle s'est aussi inquiétée de la mise en place d'un groupe de travail entre l'enseignement catholique et le Ministère de l'Education nationale.
Le Ministère nous a indiqué que les relations entre l'Etat et l'Eglise n'étaient pas de sa compétence. Quant au groupe de travail, il ne s'agit que d'un groupe technique pour avoir des relations dans le cadre des lois existantes (Debré, Haby, Guermeur, Lang/Cloupet, etc.), notamment à propos du statut des maîtres. « Il n'y a pas de négociation entre l'Eglise catholique et le Ministère » a-t-il ajouté.

La Libre Pensée appelle tous les laïques et les organisations se réclamant de la laïcité à agir de concert pour faire respecter la laïcité et empêcher que le rapport clérical et antilaïque de Régis Debray soit mis en oeuvre.

4.12.02

Communiqué de la Libre Pensée nationale

Manifestation contre la guerre en Irak

SAMEDI 14 DECEMBRE 14.30 PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARIS

COLLECTIF FRANÇAIS " PAS EN NOTRE NOM"

De jour en jour les préparatifs d'une intervention militaire en Irak se précisent:
"L'armée US installe son PC au Quatar où le Général Tommy Franks arrivera la semaine prochaine accompagné de 750 hommes et des chefs de l'armée de terre, de la marine et de l'aviation pour des manoeuvres de répétition de l'attaque contre l'Irak.(Le Monde 3 décembre)"
"Le Ministre des affaires etrangères du Quatar a déclaré lors d'une visite officielle en Egypte " Hélas, le retour des inspecteurs de l'ONU n'empêchera pas la guerre (AFP 1er décembre)"
Un nouveau navire de guerre Britannique venait de franchir le canal de Suez (Observer 1er décembre).
"Les inspecteurs ne trouveront rien en Irak. Cependant les Etats Unis ont prévu d'offrir de l'argent et le séjour à des savants Irakiens témoignant que l'Irak a dissimulé des stocks d'armes . Ceci permettra d'avoir l'aval de la communauté internationale ( Miami Herald 1er décembre)."
Devant les parlementaires britanniques, le conseiller de Georges Bush chargé de la sécurité - Richard Perls - a déclaré : " Même si les inspecteurs des Nations Unis ne trouvent pas d'armes, les USA attaqueront l'Irak" ( Daily Mirror 27 novembre)
" Selon des estimations informelles de plusieurs équipes du Congrès et d'instituts de Washington, le coût d'une invasion et d'une occupation de l'Irak s'établirait entre 100 et 200 milliards de dollars" (Washington Post 2 décembre )
Le gouvernement Britannique vient de débloquer une budget de guerre de 1 milliard de livres sterling (BBC).
Ainsi, quotidiennement, se prépare une opération de grande envergure engageant 250 000 hommes pour un coût total de 200 milliards de dollars.
Le Collectif français " Pas en notre nom " reprend à son compte l'appel contresigné par des milliers d'intellectuels, d'artistes, de citoyens Américains.
Avec eux nous disons: " nous prenons très au sérieux, les dirigeants des USA lorsqu'ils parlent d'une guerre qui durera toute une génération, et quand ils parlent d'un nouvel ordre intérieur".
" Nous refusons d'être associés à ces guerres et nous rejetons toute supposition qu'elles sont menées en notre nom ou pour notre bien. Nous tendons la main à ceux qui, à travers le monde, souffrent à cause de cette politique : nous montrerons notre solidarité par les mots et les actes ".
Le Collectif français " Pas en notre nom " considère qu'il n'y a rien de plus urgent que de réaliser l'unité la plus large contre cette guerre en préparation. Rien ne saurait s'opposer au rassemblement le plus large et sans conditions pour la cause sacrée que constitue la paix entre les peuples.
Le Collectif français " Pas en notre nom " a manifesté le 20 novembre dernier à l'appel de la campagne Américaine " Not in Our Name" . A l'issue de cette manifestation, les milliers de participants ont, à la suite de leurs correspondants américains , prêté le serment de poursuivre leur action pour empêcher cette guerre et de répondre à tout appel à manifester contre l'intervention militaire en Irak .
Le Collectif français " Pas en notre nom "appelle tous les hommes et les femmes épris de justice, de paix et de liberté à manifester leur opposition à l'intervention militaire qui se prépare contre l'Irak en participant à toutes les manifestations qui auront lieu le samedi 14 décembre en France et à se regrouper à Paris derrière la banderolle " Pas en notre nom".
Le Collectif français " Pas en notre nom " appelle toutes et tous a diffuser très largement l'appel " Pas en notre nom " qui, à ce jour, a recueilli plus de 1700 signatures d'intellectuels, d'artistes, de citoyens français et ainsi construire progressivement le vaste mouvement d'opinion qui seul peut faire obstacle à la guerre.

NON A LA GUERRE EN IRAK !
PAS DE SANG POUR LE PETROLE !

Pour toute correspondance :
Jean-Pierre Barrois, 56, av. Diderot 94100 St Maur
Email : barrois@univ-paris12.fr - Fax : 01 48 89 18 37
François Dominique, 74, rue de Velars, 21370 Plombières-Lès-Dijon
Email : aseroe@wanadoo.fr - Fax : 03 80 45 23 93
Subhi Toma E mail tomasubi@cybercable.fr fax 01 45 86 69 51
Pour l'édition de tracts , pour inviter en France nos amis américains, pour l'achat d'encarts publicitaires dans la presse, envoyez vos contributions financières à Dominique Gros/PNN
74, rue de Velars, 21370 Plombières lès Dijon
Communiqué de la Libre Pensée

Non au retour à l'ordre moral et au délit de blasphème

L'affiche du festival de Vienne À l'UMP, les discours républicains durent ce que durent les élections. Vient ensuite le temps des retrouvailles. Ainsi, au conseil régional Rhône-Alpes, la droite, toutes tendances confondues, des Chiraquiens à Maigret en passant par Million a rétabli le délit de blasphème.

Le prétexte, une affiche créée à l'occasion du festival de jazz de Vienne représentant un petit diablotin tétant un sein généreux dépassant d'une étoffe. Reprenant à son compte les élucubrations du clergé local, le MNR y a vu « une vierge noire » et donc une « affiche hideuse et diabolique » qui « dénature la maternité » et « porte atteinte aux convictions des chrétiens ».

Jugeant l'oeuvre « blasphématoire », le MNR a demandé que le vote de la subvention attribuée à ce festival soit lié à la mise au pilon de cette affiche. Il a été écouté. À quelques exceptions près, la droite a voté pour cette proposition, la gauche s'y opposant.

Comme elle le fait à chaque fois que la liberté de création est menacée, la Fédération Nationale de la Libre Pensée condamne avec vigueur cet acte de censure et assure de sa solidarité les organisateurs du festival de Vienne. Par ailleurs, elle relève qu'il ne s'agit là ni d'un acte isolé, ni le fruit d'une collusion de circonstance. Au contraire, il s'inscrit dans le cadre d'une campagne orchestrée : après le fantasme sécuritaire et la sarkosysation des esprits, voici le retour à l'ordre moral.