27.11.03

Communiqué de la Libre pensée nationale

Rassemblement pour la laïcité en Europe

Sous l’égide de l’IHEU (Union Internationale Humaniste et Laïque) 28 organisations laïques de 13 pays appellent au rassemblement européen contre l’article 51 du projet de Constitution européenne
- La Fédération nationale de la Libre Pensée (France)
- La National Secular Society (Angleterre)
- La société Prometheus de Slovaquie.
- Le Centre anticonformiste d’Allemagne (le Bund Gegen Anpassung)
- La Fédération nationale des organisations de libre arbitre, de libre pensée, d’humanistes laïques d’Allemagne, présidée par le Docteur Muller.
- L’Atheist society d’Islande.
- L’Association pour la pensée libre d’Augsburg en Allemagne.
- L’Association Humaniste d’Islande.
- La Fédération de la Libre Pensée d’Autriche.
- L’Association polonaise des Libres Penseurs
- Le Parti Anticlérical du Progrès (Raison) de Pologne
- L’Union radicale-humaniste (Luxembourg)
- L’Union des Athées et des Agnostiques Rationalistes (Italie)
- L’ Union rationaliste (France)
- L’Associazone nazionale del Libero pensiero « Giordano Bruno » (Italie)
- Le Mouvement Europe et Laïcité – CAEDEL (France)
- Atheist Association (Finlande)
- L’Association pour la Liberté de conscience (Luxembourg)
- Les Athées de Catalogne (Espagne)
- Le Comité-Laïcité-République (France)
- Le Bund für Geitesfreiheit de Bayern (Allemagne)
- L’Union des Athées et des Libres Penseurs (Espagne)
- Europa Laica (Espagne)
- British Humanist Association (Angleterre)
- L’Union des Athées (France)
- La Libre Pensée (Tchéquie)
- Club Laïcité (France)
- L’Association Athée (Danemark)

Contre l’Europe vaticane, cléricale et religieuse !
Contre la préservation des privilèges des religions !
Contre l’officialisation de leurs existences dans les institutions !
Pour l’absolue liberté de conscience !
Pour la laïcité en Europe !
Pour la séparation des Eglises et des Etats !

Samedi 6 décembre 2003 à 14 H
Bourse du Travail – Annexe Eugène Varlin – Salle Hénaff
29 boulevard du Temple – 75003 Paris
Métro : République ou Filles-du-Calvaire

13.11.03

Discours prononcé par la Fédération nationale de la Libre Pensée lors du rassemblement pacifiste de Gentioux dans la Creuse devant un public de 550 personnes et avec de nombreuses associations.

Le propre du militaire est le sale du civil (Boris Vian)

Amis,
Citoyens,
Compagnons,
Camarades,

Je vous apporte ici le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée et de la Fédération nationale laïque des associations des amis des monuments pacifistes.

Cela fait 16 ans que nous nous réunissons le 11 novembre pour maudire toutes les guerres et affirmer notre volonté de voir s’instaurer un monde sans exploitation, sans oppression et sans massacre et destruction.

Et pourtant, sur une planète que l’on disait sécurisée pour éviter les horreurs causées pendant les deux guerres mondiales, il n’y a pas une seule fois où nous nous sommes réunis sans que le bruit des canons et le fracas des bombes ne se fassent entendre dans plusieurs pays.

Depuis des décennies, pas un continent n’a été épargné par la folie meurtrière. Partout, les mêmes assassins galonnés obéissant aux ordres des mêmes exploiteurs veulent mettre le monde et les peuples en coupe réglée, une fois pour le pétrole, une autre pour le gaz, une autre fois encore pour des minerais rares ou, par exemple, pour les diamants au Congo-Kinshasa.

Et à chaque fois, on nous dénonce un dictateur qui menace la paix mondiale. Et à chaque fois, on s’aperçoit que le tyran avait été mis en place auparavant par les services secrets des puissances impérialistes. Et à chaque fois, les médias aux ordres emboîtent le pas au Pentagone et aux ministères de la guerre des différents pays pour enrégimenter les opinions publiques. Et à chaque fois, les journalistes aux ordres nous disent, après, qu’ils ont été manipulés et qu’ils ne recommenceront plus.

Et à chaque fois, ils recommencent, car la guerre fait vendre de l’information. Et la conscience s’arrête où commence le profit. Courteline disait « qu’être pris pour un imbécile par un sot est un plaisir de gourmet ». Mais aujourd’hui, avec eux, cela frise l’indigestion. Ces gens-là feraient passer Goebbels pour un amateur provincial attardé !

En Palestine, on tue et on massacre un peuple à qui on a volé sa terre. En Tchétchénie, on organise le génocide d’un peuple pour assurer la gestion tranquille et profitable du gaz. En Irak, parce que l’exploitation du pétrole est dix fois moins chère qu’ailleurs dans le Golfe persique, on a bombardé sans relâche et sans répit.

Ce n’est pas Saddam Hussein qui menaçait d’envahir les USA, c’est Georges.W Bush qui est la véritable menace pour la paix dans le monde. Ce sont les uniformes kaki des Marines qui envahissent les pays, les uns après les autres.

Nous sommes au pays du grand mensonge. On a assisté à une bien triste palinodie à l’ONU ces derniers mois. Des fiers à bras comme Poutine, Chirac et Schr?der, présentés par certains comme les messagers de la paix, se sont finalement couchés devant les Etats-Unis et ont légitimé la guerre et l’occupation.

Il n’est pas étonnant que Chirac et Raffarin aient refusé notre demande de réhabilitation des mutins de la Première guerre mondiale, demande pourtant appuyée par des milliers de pétitions. On ne peut pas réhabiliter les centaines de fusillés pour l’exemple qui, de 1914 à 1918, ont couvert de leur sang les murs d’exécution devant les champs de bataille parce qu’ils refusaient la barbarie meurtrière, et dans le même temps donnait sa bénédiction à l’opération militaire américaine en Irak. Mais nous continuerons à exiger l’œuvre de justice de la réhabilitation des mutins. Nous sommes de plus en plus nombreux à agir dans ce sens.

On nous dit que la guerre est finie et que c’est la paix en Irak. Mais curieuse paix en vérité qui fait plus de morts que la guerre. Le cycle de la violence n’est pas prêt de s’arrêter. Et les morts vont continuer de succéder aux morts. Boris Vian avait bien raison de dire : « Le propre du militaire est le sale du civil ».

Cette politique de guerres et de massacres fait ressortir les délires et fantasmes des communautarismes qui s’affrontent à nouveau à travers le monde. Et ce n’est pas une spécialité orientale. Comment ne pas condamner les gesticulations régionalistes et séparatistes dans notre pays qui veulent contribuer avec l’Union européenne au démembrement de la République une, indivisible et laïque ?

Quand on commence à s’en prendre à la République, on finit toujours par attaquer la démocratie. Les spadassins autonomistes de Bruxelles ont même voulu interdire le droit des partisans de l’unité de la République de manifester le 20 septembre. Mais l’esprit de 1789 n’a pas fini, fort heureusement, de souffler dans notre pays et leurs prétentions ont été réduites à néant.

A l’heure où de toutes parts et en haut lieu, on dénonce les emblèmes religieux à l’Ecole publique avec parfois un curieux strabisme qui voit des foulards islamiques partout mais des croix et des kippas nulle part ; on nous parle, et ce sont souvent les mêmes, d’enseigner le fait religieux à l’Ecole laïque. On comprend pourquoi, ils refusent d’abroger la loi antilaïque de Jospin de 1989 qui est la source pourtant de la présence des signes religieux à l’Ecole publique. Pour faire respecter la laïcité à nouveau, il suffit d’abroger son article 10, il n’y a pas besoin d’une nouvelle loi.

Comment va-t-on interdire les emblèmes religieux et favoriser l’enseignement du christianisme, du judaïsme et de l’Islam ? Là aussi, Courteline n’est pas loin. Car, c'est à qui, à l'Elysée et à Matignon, fera le plus de courbettes au goupillon, à la kippa et au croissant. Sous les lambris dorés des gouvernants, on ne cesse de parler de " respect des communautés".

Et l'on entend ce discours d'un autre âge : pour éviter les guerres tribales, reconnaissons les tribus, donnons-leur des droits particuliers ! Finie la notion de citoyens, finie la laïcité de l'Etat. L'Etat est au service des communautés religieuses. C'est le concordat qui revient. Et Sarkozy, se prenant pour Bonaparte, entend organiser le culte musulman alors que la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 l’interdit expressément. Gageons qu’en ce domaine, il aura autant de succès qu’avec le referendum en Corse. N’est pas Napoléon qui veut !

A l'heure où l'on voudrait faire une Europe des régions, des clochers et des minarets, où l'on ne parle de cultures qu'au pluriel pour mieux enfermer dans un terroir sclérosant et passéiste, alors que la culture, c'est toujours l'ouverture vers l'autre; on nous présente un projet de constitution européenne.

Ce bâtard bruxellois antidémocratique et antilaïque est le fruit de la copulation hystérique entre le capitalisme et le Vatican. Au nom du principe papal de subsidiarité, ils veulent démanteler les Etats-nations et privatiser les services publics. Ils veulent faire du profit spéculatif l’horizon indépassable des citoyens.

Au nom des religions, des croix, des foulards et des kippas, ils veulent par l’article 51 maintenir dans toute l’Europe les concordats, les religions d’Etat, les impôts d’Eglise et les délits de blasphème. Ils veulent interdire au peuple allemand d’abroger le concordat hitlérien, au peuple espagnol de remettre en cause celui conclu avec Franco et au peuple italien d’en finir avec les accords de Latran signés entre le Vatican et Mussolini. Ils veulent faire des Eglises les « partenaires institutionnels » de l’Union européenne, selon les propres termes du projet de constitution européenne.

Nous ne l’acceptons pas. La roue de l’Histoire ne tournera pas à l’envers. Les conquêtes sociales, démocratiques et laïques doivent être préservées. C’est pourquoi, la Libre Pensée anglaise et la Libre Pensée française ont décidé de prendre l’initiative d’un rassemblement laïque européen, le 6 décembre à Paris, pour la laïcité en Europe et contre l’article 51 de la constitution européenne. A ce jour, ce sont 25 organisations de 11 pays différents qui seront présents et qui s’associent à notre action contre l’Europe cléricale.

Le monde que le sabre, le goupillon et le coffre-fort nous préparent, nous le refusons. Libres penseurs, pacifistes et internationalistes, nous ne cesserons de lutter pour la paix, pour la concorde universelle et pour la laïcité partout dans le monde.

Et le meilleur moyen d'avoir la paix, c'est d'œuvrer à un monde débarrassé des exploiteurs, des agioteurs et des religions. Pour éviter la guerre, débarrassons-nous des fauteurs de guerre. De tous ceux qui se complaisent et qui justifient leur existence par la haine des autres.

Alors, oui maudite soit la guerre, toutes les guerres ! Et maudits soient ceux qui les organisent !
Et parce que le monde que nous voulons, c'est l'homme libre dans la société libre :

Ni dieu, ni maître !
A bas la Calotte !
Et vive la Sociale !

Je vous remercie.

Christian Eyschen
Secrétaire Général de la Libre Pensée

6.10.03

La Libre Pensée a été reçue par la Commission Stasi sur la laïcité

Le vendredi 3 octobre 2003, la commission chargée par le Président de la République de faire des propositions concernant la laïcité dans la République a auditionné la Fédération nationale de la Libre Pensée. Voici l’intervention que la Libre Pensée a fait à cette occasion.

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Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

La Fédération nationale de la Libre Pensée tient vous remercier de solliciter son point de vue sur cette importance question de la laïcité dans la République française.

Afin de bien poser la problématique qui est la notre, il convient au préalable de situer notre association, la Libre Pensée. Nous sommes la plus ancienne association laïque de ce pays. Les cercles de la Libre Pensée existent dans ce pays depuis 1848. Notre fédération nationale fut fondée à la veille de la Commune de Paris de 1871. Nous fûmes l’expression d’une volonté républicaine, l’instrument d’une revendication politique : la séparation des Eglises et de l’Ecole publique. Et puis après son avènement, l’exigence d’une liberté démocratique fondamentale : la séparation des Eglises et de l’Etat.

Nous ne sommes pas des inconnus pour la République. Nos aînés figurent sur les frontispices de la lutte démocratique pour le triomphe de l’absolue liberté de conscience. Ils ont pour noms, entre autre : François Raspail, Giuseppe Garibaldi, Emile Littré, Victor Hugo, Anatole France, Jules Ferry, René Goblet, Ferdinand Buisson, Aristide Briand, Edouard Herriot, Jean Rostand.

C’est dans cette tradition que nous inscrirons notre propos. Ce sont les nôtres qui ont pensé, élaboré, écrit et fait adopter les grandes lois laïques. Nous savons de quoi nous parlons. Et c’est à ce titre que nous sommes ici aujourd’hui.

Nous voudrions tout d’abord commencer par un constat, puis faire des propositions à votre commission.

1°)- La Libre Pensée constate :

A)- La laïcité républicaine est aujourd’hui menacée par le projet de constitution européenne, non seulement par la revendication catholique de reconnaissance du christianisme comme valeur commune des peuples en Europe, mais surtout par son projet d’article 51 qui entérinerait les concordats, les religions d’Etat, les délits de blasphème et les impôts d’Eglise et qui ferait des religions les interlocuteurs institutionnels de l’Union européenne.

Cet article 51 du projet de constitution reprend en l’aggravant la déclaration n° 11 d’Amsterdam de 1997. Il prévoit en effet les dispositions suivantes :
o « l’Union européenne respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient en vertu du droit national les Eglises et les associations ou communautés religieuses dans les Etats membres… »
o « en reconnaissance de leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier, avec ces Eglises et organisations. »

Ce projet de nature totalement cléricale maintient les privilèges des religions et des Eglises, notamment en matière de financement. C’est l’officialisation des religions dans les institutions comme partenaires dans l’Union européenne.

La Constitution européenne a pour fonction d’être, par définition, supérieure aux législations nationales. En introduisant ses principes constitutionnels européens contraires à la séparation des Eglises et des Etats, elle remet en cause la loi du 9 décembre 1905. C'est-à-dire le principe de laïcité inscrit dans le « bloc constitutionnel » de la République française.

Par ailleurs, la jurisprudence constante de la Cour européenne de justice ne considère pas contraire à l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme, les concordats, les délits de blasphème et les impôts d’Eglise ; principes avalisés par le projet de Constitution européenne.

B)- La réforme constitutionnelle, votée le 17 mars 2003 par le Parlement français, ouvre les voies les plus dangereuses à toutes les aventures antilaïques. Elle officialise le principe de subsidiarité, issu de la doctrine sociale catholique, qui est la négation des principes de la Révolution française. En voulant confier les missions de services publics uniquement à des organismes de « rang inférieur », c’est-à-dire privés, cette notion réintroduit institutionnellement les structures religieuses dans les domaines de la santé, de la solidarité et de l’instruction notamment.

Par l’introduction du « droit d’expérimentation », elle va permettre aux collectivités territoriales de s’émanciper du principe d’égalité des citoyens devant la loi pour multiplier les extravagances antilaïques du statut clérical d’exception d’Alsace Moselle. Bien que l’enseignement religieux soit en chute libre et qui serait « obligatoire » ( ce qui est plus que discutable juridiquement) au sein de l’Ecole publique dans les trois départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Moselle; bien que l’effondrement du nombre de religieux qui l’enseignent soit incontournable (2 000 en 1990, moins de 1 000 en 2000) ; certains persistent à nous présenter cette atteinte à la liberté de conscience comme une exigence sociale, culturelle, religieuse et politique incontournable.

Le risque est désormais grand que, selon des présupposés d’appartenance et de notions « historiques » discutables, la liberté de conscience puisse être désormais à géométrie variable.

Par ce « droit d’expérimentation », l’introduction de l’enseignement du « fait religieux », pourra tourner au prosélytisme pur et simple. Nos craintes sont fondées sur le fait que, malgré nos délégations au ministère de l’Education nationale, personne n’est en mesure de nous indiquer en quoi cet enseignement consistera. C’est à peine si l’on nous dit, éventuellement, en quoi il ne consiste pas. Les « formations » déjà réalisées sur ces objectifs, comme dans l’académie de Clermont-Ferrand, sont illustratives des dérives déjà initiées.

C)- Nous sommes d’autant plus inquiets par l’ouverture de la boite de Pandore de la décentralisation qu’existent aujourd’hui, sur le territoire de la République, en dehors de la loi de 1905 et du statut clérical d’exception d’Alsace Moselle, sept autres statuts de type concordataire dans les TOM, la plupart produits des décrets Mendel de 1939. Ces décrets font des religions des services publics du culte et des religieux des « fonctionnaires » rétribués sur les fonds publics.

La décentralisation programmée ne renforcera pas le principe de laïcité et d’égalité des citoyens devant la loi, elle ne pourra au contraire qu’accentuer leur différenciation. Or, la laïcité, c’est la volonté, l’art et la possibilité de vivre ensemble au-delà de ses affinités présupposées et non l’exacerbation des différences.

Par le « droit d’expérimentation », pour la première fois depuis notre histoire moderne, c’est la possibilité offerte aux collectivités territoriales de constituer des « communautés organiques » dans la République. La création du Conseil Français du Culte musulman en tant qu’organe officiel de dialogue en est une préfiguration fâcheuse et dangereuse. La République, ne « reconnaissant aucune religion », n’a pas à interférer dans l’organisation des cultes.

D)- Les lois antilaïques, notamment à la suite de la loi Debré de décembre 1959, ont ouvert, à grande échelle, le financement public des écoles privées à 90% confessionnelles. Celles-ci sont en concurrence directe avec l’Enseignement public. La somme inscrite au budget de l’Etat en 2003 est équivalente à 200 000 postes de l’Education nationale, charges sociales comprises. Et nous ne parlerons pas ici du financement public des collectivités territoriales dans les budgets de fonctionnement et d’investissement de cet enseignement confessionnel. L’opacité des sommes versées n’a d’égale que leur importance démesurée.

De quel droit, une République et ses structures qui se proclament laïques peuvent-elles financer ainsi, à une telle hauteur, un enseignement privé dont l’affirmation du « caractère propre religieux » bafoue publiquement le principe de liberté de conscience des élèves qu’il scolarise ?

La liberté de l’enseignement autorise sous certaines conditions (respect des règles concernant l’Instruction publique, la Santé publique, etc …) la création des écoles privées. Mais, en aucune manière, cette liberté de l’enseignement ne comporte ni ne prévoit le financement public des écoles privées. C’est pourquoi, nous avons toujours défendu le principe « A Ecole publique, fonds publics ; à écoles privées, fonds privés ».

E)- Nous tenons aussi à indiquer clairement que nous sommes profondément attachés à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905, qui fut élaborée au congrès international de la Libre Pensée à Rome en 1904. Or, depuis l’adoption de cette grande loi de liberté, nombreuses furent les remises en cause, notamment par le Régime honni du Maréchal Pétain pendant les heures noires de la Collaboration. A cette époque, les principales dispositions de séparation furent abrogées. Et depuis la Libération, aucun gouvernement n’a restauré les dispositions républicaines supprimées par Vichy.

F)- Votre commission a aussi pour objet de se pencher sur la question de la présence des emblèmes religieux au sein de l’espace public et, en premier lieu, dans l’Ecole publique. Nous voudrions rappeler ici quelques faits incontournables, car les faits sont les faits.

Le socle des lois laïques de 1881, 1882, 1886 et 1905 a établi un certain nombre de principes législatifs et réglementaires. Les locaux scolaires, les programmes et les enseignants doivent se conformer au principe de neutralité en matière métaphysique, religieuse et politique. L’Ecole publique et, ensuite, par la loi de 1905, tous les services publics doivent échapper au prosélytisme de quelque nature qu’il soit..

Bon gré, mal gré, ce dispositif a permis que des millions d’élèves, au cours de ce siècle écoulé, se consacrent à l’essentiel : l’acquisition des connaissances et l’obtention de diplômes ouvrant droit à des qualifications reconnues dans le monde du travail.

La présence d’emblèmes religieux dans l’Ecole publique ne s’est posée que depuis la loi d’orientation de juillet 1989, dite loi Jospin. Dès octobre 1989, et pas avant, des symboles religieux sont apparus au sein de l’Ecole publique. Uniquement parce que l’article 10 de cette loi traite en effet du « droit d’expression des élèves » ce qui a été le moteur de l’offensive sur les emblèmes religieux. Cet article stipule : « Dans les collèges et les lycées, les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité, de la liberté d’information et de la liberté d’expression. »

L’avis du Conseil d’Etat du 27 novembre 1989 précise que cette liberté d’expression des élèves comporte le droit d’exprimer leur appartenance à une religion. Dans l’affaire du port du foulard islamique, la question n’est pas celle de la prétendue liberté personnelle et religieuse de l’élève, mais bien plus de son statut et de la liberté pédagogique de l’enseignant. Dans ce cas, il ne s’agit plus d’un statut juridique d’élève mais celui d’un adepte ou d’un disciple. De plus la loi de 1989 oblige les établissements publics à élaborer « un projet propre », ce qui leur confère le statut d’établissements scolaires privés. Or un enseignant ne s’adresse pas aux adeptes d’une religion, mais à des élèves pour leur transmettre exclusivement des connaissances.

C’est donc bien la loi Jospin qui a été le facteur déclenchant de la question des emblèmes religieux au sein de l’Ecole publique.

La Fédération nationale de la Libre Pensée tient à indiquer clairement qu’elle ne s’inscrira nullement dans un débat frauduleux sur le caractère ostentatoire des signes religieux. Pour nous, en effet, tout signe d’affirmation et d’appartenance religieuse est ostentatoire par nature. Ce n’est, ni une question de volume, ni de surface.

Discutera-t-on de la taille d’une croix gammée portée par des élèves pour faire une exégèse jésuitique sur le fait qu’elle est la marque discrète d’une opinion, certes contestable, ou bien qu’il s’agit de propagande nazie prohibée par la loi ? Chacun conviendra aisément que la taille de l’objet n’a que peu d’importance en la matière.

2°)- La Libre Pensée propose :

Eu égard à cette analyse nullement exhaustive, nous voudrions faire les propositions suivantes à votre commission afin qu’elles trouvent un débouché législatif et réglementaire.

A)- Nous demandons au gouvernement français et à la représentation parlementaire française dans les institutions de l’Union européenne d’intervenir au sein de la prochaine Conférence Intergouvernementale (CIG) pour s’opposer à l’adoption de toute référence religieuse dans le préambule de la future Constitution européenne. Nous demandons aussi que soit refusé en bloc l’article 51 qui est la négation absolue de la laïcité et du principe de séparation des Eglises et des Etats.

Nous demandons également que la représentation française, à tous les niveaux, demande la suppression de la décision du Parlement européen qui oblige les Etats membres à subsidier l’enseignement privé comme « condition du principe de la liberté d’enseignement ».

B)- Au nom du principe de l’égalité des droits des citoyens devant la loi, nous souhaitons que votre Commission demande au gouvernement et au Parlement de revenir sur le droit à l’expérimentation prévue par la réforme constitutionnelle du 17 mars 2003. La République devant être « une et indivisible », il ne saurait y avoir une laïcité à géométrie variable. Aucune exception à la séparation des Eglises et de l’Etat ne doit être encouragée ni tolérée. Nous aimerions que vous vous prononciez contre toute généralisation ou extension de statut clérical particulier comme celui d’Alsace Moselle, même à titre d’expérimentation.

C)- Nous demandons la fin du statut clérical d’exception d’Alsace Moselle, que nous ne saurions confondre avec les lois sociales progressistes acquises dans cette région. Si le gouvernement et le Parlement entendaient maintenir cette violation scandaleuse et permanente de la laïcité, la Libre Pensée demande que l’enseignement religieux soit facultatif et que l’absence d’endoctrinement religieux soit la règle absolue. Dans ce cas, l’option d’un enseignement humaniste athée et libre penseur doit être présentée à égalité avec l’enseignement des religions officielles, au nom du principe d’égalité.

D)- Nous demandons l’abrogation de toutes les lois antilaïques, notamment dans le domaine scolaire et que toutes les ressources financières de la République et de ses collectivités soient utilisées pour le seul profit de l’Ecole publique, consacrant ainsi l’effort de la Nation pour assurer l’avenir de ses enfants. L’Ecole publique a besoin de moyens, ils sont tout trouvés. Que l’on restitue les fonds détournés de leur mission d’origine !

E)- Affirmer son attachement à la loi de 1905, nécessite de la part de la République son intention affirmée publiquement de restaurer l’intégralité de cette loi qui garantit la liberté de conscience. Doivent donc être abrogées toutes les décisions du Régime de Vichy en la matière. Il ne s’agit donc pas seulement de ne pas remettre en cause la loi de 1905, mais aussi, et surtout, de la rétablir dans son intégrité. Il est totalement inadmissible que L’Eglise catholique soit redevenue une puissance foncière par l’obtention des biens mis sous séquestre en 1905 par la loi 5 février 1941 et que les associations cultuelles aient recouvré la capacité civile et testamentaire par la loi du 25 décembre 1942. Ceci est constitutif d’un détournement de fonds publics au profit de la puissance financière de l’Eglise catholique.

En ce sens, la Libre Pensée demande aussi que la loi sur le mécénat soit revue afin de retirer « le Denier du culte catholique » comme association bénéficiant d’avantages fiscaux dérogatoires. Ce qui est actuellement un financement public détourné du culte.

Considérant l’article 28 de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 qui stipule l’interdiction d’ériger désormais tout emblème religieux dans l’espace public et notamment dans les cimetières, la Libre Pensée se prononce résolument contre toute création de « carré religieux » dans les cimetières. Ceux-ci sont d’a bord constitutifs de démarcation et d’affirmation religieuses collectives, alors que seules les décorations individuelles sont acceptables pour respecter la volonté du défunt. D’autre part, cela revient, d’une manière ou d’une autre, à ériger d’une autre façon, des emblèmes religieux. Si la laïcité est la volonté de vivre ensemble, comment accepter que la mort délivre du contrat social commun ?

La Libre Pensée revendique le strict respect de la loi de 1905 par l’ensemble des fonctionnaires et des élus de la République qui ne doivent en aucun cas participer es qualité à des cérémonies religieuses. De la même manière, nous contestons la mise en place systématique de « chapelle ardente » en cas d’accident et de catastrophe, au mépris souvent des convictions des victimes.

Nous proposons aussi la modification du cahier des charges pour les médias publics télévisuels. Ou bien sont supprimées les émissions religieuses ou bien les autres courants philosophiques comme le notre doivent avoir un égal accès au service public de la télévision.

La loi de 1905 ne prévoit la présence d’aumôneries dans les services publics que dans les prisons, les armées, les hôpitaux de long séjour et dans les établissements scolaires avec internat. Une circulaire de 1987 (dite Monory) a supprimé cette notion d’internat pour la généraliser à tous les établissements scolaires publics. La Libre Pensée demande le retour à la disposition d’origine qui garantissait la laïcité et l’exercice de la liberté de conscience.

F)- On l’aura compris aisément, pour la Libre Pensée, la source du problème des emblèmes religieux au sein de l’Ecole publique, que nous refusons de résumer à la seule question du foulard islamique mais que nous resituons sur la présence de tous les emblèmes religieux (croix, kippas, foulards, totems et autres gris-gris), réside uniquement dans l’article 10 de la loi d’orientation de juillet 1989. Si la loi Jospin fait partie du problème, elle ne saurait faire partie de la solution laïque.

C’est pourquoi, la Libre Pensée demande l’abrogation de la loi Jospin, de son article 10 en tout cas. Si c’est par le biais d’une nouvelle loi d’orientation, pourquoi pas, si elle favorable à l’enseignement public et à la laïcité.

Pour notre part, la publication du rapport de Régis Debray nous laisse un peu perplexes. Commandité par un ministre de gauche, mis en œuvre par un gouvernement de droite au moment où celui-ci met en place une commission pour faire des propositions sur la laïcité ; ceci nous interroge quelque peu. On veut dans le même temps enseigner le religieux dans l’Ecole publique et interdire les signes religieux ? On voit mal comment on va discuter du religieux et, bien sur, dire tout le bien que certains en pensent et interdire les croix, kippas et foulards

Pour terminer, par ce que tout le monde attend, nous sommes contre une nouvelle loi sur la laïcité. Ce ne sont pas les lois qui manquent en ce sens, c’est plutôt la volonté politique de les appliquer. Et aussi celle de tourner la page antilaïque de la loi Jospin.

Tel est le sens de notre audition ici.

Nous vous remercions de nous avoir écoutés.

Joachim Salemero Christian Eyschen
Président de la Libre Pensée Secrétaire général de la Libre Pensée

17.9.03

Communiqué de la Libre pensée nationale

SAMEDI 20 SEPTEMBRE 2003 A 14 H 30 MANIFESTATION NATIONALE A PARIS
de Nation à République

La République doit rester une et indivisible,
Non à l’éclatement de la Nation,
Non à la régionalisation

A trois jours de la manifestation nationale du 20 septembre, les initiateurs de l’appel pour l’unité et l’indivisibilité de la République estiment devoir porter à la connaissance de tous un communiqué de Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre Pensée.

“Travailleurs, militants, jeunes, citoyens
Depuis des mois et des mois, nous préparons dans tout le pays une manifestation pour la défense de l’unité de la République, pour la défense de tous les droits, de la laïcité, de la démocratie.
Au moment où, venus de tout le pays, des milliers se préparent à se retrouver le samedi 20 septembre place de la Nation, que se passe-t-il ?
Des groupes de fascistes annoncent qu’ils veulent contre-manifester contre l’unité de la République, pour la dislocation du pays, contre les droits, contre la démocratie.
Face à ces menaces rappelant les heures les plus sombres de notre histoire, des militants de toutes tendances politiques, philosophiques, religieuses, des responsables d’associations, des élus par dizaines, des syndicalistes ont déclaré : nous serons présents samedi place de la Nation pour la défense de l’unité du pays, pour la défense de la démocratie, pour le respect du droit de manifestation.
A vous tous nous disons :
Vous serez présents.
Nous serons présents, nous manifesterons.
Nous démontrerons aux fascistes que ce pays, qui est le nôtre, ne laissera pas la démocratie être remise en cause.
Nous démontrerons à tous ces pétainistes, parce qu’ils sont des pétainistes, que le peuple, la classe ouvrière — comme l’ont fait des millions et des millions pendant la guerre et à la Libération — sont capables de défendre la démocratie, de défaire la réaction.
Nous vous le disons à toutes et à tous : les préparatifs de contre-manifestation sont plus que des rumeurs. L’un des initiateurs de l’appel pour l’unité de la République, Daniel Gluckstein, en a informé toutes les organisations politiques et syndicales. Parmi les nombreuses réponses de militants de toutes tendances que nous avons reçues, citons celle de Marie-George Buffet qui, au nom du PCF (tout en rappelant qu’elle ne partage pas les objectifs de la manifestation) : “ considère que manifester pour ses idées est un droit essentiel. ”
Elle a raison : c’est la démocratie, c’est le droit pour chacun d’exprimer librement ses idées qui sont en jeu.
Travailleurs, citoyens, sachez que ces groupes qui prônent l’éclatement de la République et appellent à lutter contre le jacobinisme, voudraient passer aux actes. Vous les en empêcherez.
Alors, pour tous les démocrates, quelles que soient leurs opinions, il est clair qu’il n’y a pas de milieu possible. Quand il s’agit de la démocratie et du respect du droit de manifestation, on est pour, ou on est contre. Il faut choisir.
L’unité de la République ou sa dislocation, il faut choisir.
Pour sortir le pays de l’ornière, il n’existe pas d’autre voie que la démocratie, le respect des droits égaux pour tous, la défense de l’unité de la République.
Nous serons tous, samedi 20 septembre à 14 h 30, Place de la Nation.”

Christian Eyschen,
Secrétaire général de la Libre Pensée,

A LA FIN DE LA MANIFESTATION
GRAND MEETING PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

prendront la parole :
Joachim Salaméro, syndicaliste, libre penseur ; Jean-Charles Marquiset, syndicaliste ;
Une jeune étudiante ; Véronique Pepers, syndicaliste ;
Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs ;
Gérard Schivardi, maire de mailhac, conseiller général ; un militant syndicaliste suédois.

Pour toute correspondance : F. Livart, 13, rue M. Borreau 93500 PANTIN
e-mail : republique.indivisible@fr.oleane.com - Soutien financier : chèque à l’ordre de “République une et indivisible”

7.9.03

Communiqué de presse de la Libre pensée Aveyron

Sectes : à quoi joue-t-on ?

Personne n’est sans connaître le phénomène sectaire dont les médias ont largement donné à lire, voir ou entendre les dérives mortifères. Chacun garde en mémoire les attentats, suicides, assassinats qui ont ému, en leur temps, l’opinion publique. L’aliénation et le naufrage des personnes, au quotidien, émergent et s’ils sont moins spectaculaires, ils n’en restent pas moins inquiétants et alarmants.

Au point qu’une commission d’enquête sur les sectes a été créée ; laquelle a produit trois rapports soumis à l’Assemblée Nationale : le premier en 1985, le deuxième en 1995 et le dernier en 1999.

Minutieusement analysé, l’essor du phénomène est patent. Il est, de plus, crédité de fortes potentialités de développement du fait des puissants moyens financiers dont disposent les sectes par leur capacité à vendre leur ingénierie sensée répondre aux besoins diffus générés par un monde en crise (voir le rapport sur la situation financière). La vigilance s’impose et les rapports font des propositions visant à endiguer les pratiques pour protéger les personnes. Ils sont adoptés à l’unanimité .
Chacun peut en prendre connaissance sur le site internet de l’Assemblée Nationale

Or, dans la liste impressionnante des sectes, on peut relever : « La Fraternité Notre-Dame » (du Fréchou) qualifiée de « pseudo-catholique » dans le rapport parlementaire de 1999 ; celle-là même dont le fondateur, Roger Paul Kozic vient d’être honoré très officiellement, en Mongolie, par l’ambassadeur de France, Jacques Manent. Le 24 juin dernier (« La Dépêche du Midi » du 20 août 2003), M. Kozic a reçu les insignes de chevalier dans l’ordre national du Mérite, au nom du président de la République et sur le contingent du ministère des Affaires étrangères.
Cette distinction a, d’évidence, été décernée en fonction de la vitrine internationale de la Faternité Notre-Dame qui bénéficie à l’étranger d’un statut d’Organisation non gouvernementale (ONG) pour son action humanitaire menée sur les cinq continents. Mais cette vitrine séduisante est trompeuse et ne saurait occulter le caractère sectaire avéré de cette communauté, largement discréditée en France.

Les Libre-Penseurs s’interrogent :
- Peut-on successivement dénoncer les agissements des sectes , mettre en garde l’opinion ET décorer ses gourous, leur donnant ainsi la respectabilité et implicitement l’aval pour l’ensemble de leurs activités ?
- A quoi joue-t-on ?

Voir également dans la Revue de presse

20.6.03

Proposition de loi déposée à l'Assemblée nationale

Journée de la laïcité à l'école

No 918
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 13 juin 2003

Proposition de loi instituant une journée de la laïcité
dans les établissements publics d'enseignement.

(Renvoyée à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles30 et 31 du Règlement.)

présentée par M. Jean-Pierre ABELIN (député UDF de la Vienne)

Député.

Enseignement.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Le principe de la laïcité de la République française a été consacré dès 1905 par le vote de la loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l'Etat. Ce principe a valeur constitutionnelle, l'article 2 de la Constitution de 1958 disposant que la France est « une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ».

Le respect du principe d'égalité de tous sans distinction d'origine, de race ou de religion est également affirmé par la Constitution.

L'école de la République a été édifiée sur ces principes de laïcité et d'égalité ; il importe de la préserver contre toute pression politique, religieuse ou philosophique.

Or, depuis un certain nombre d'années, ces principes sont mis à mal par des affaires de port de signes religieux distinctifs et ostentatoires. L'école doit faire face à la montée des particularismes et des manifestations de repli identitaire qui portent atteinte à la neutralité du service public.

La réponse à ces dérives ne sera pas seulement juridique. Il faut apprendre aux élèves l'importance de la laïcité pour la cohésion de notre société et pour l'intégration de tous. Il est donc proposé d'instaurer dans les établissements d'enseignement public une journée annuelle de la laïcité qui permettrait à tous de prendre conscience de la portée de ce principe et des enjeux de société liés à sa sauvegarde. Les collectivités territoriales compétentes pourraient apporter une contribution adaptée localement à l'organisation de cette journée.

C'est pourquoi nous vous demandons, Mesdames,
Messieurs, de bien vouloir adopter la présente proposition de loi.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

Après l'article L. 141-6 du code de l'éducation, il est inséré un article L. 141-7 ainsi rédigé :

« Art. L. 141-7. - Une journée de la laïcité est instituée dans tous les établissement publics d'enseignement. Elle est organisée annuellement au sein de ces établissements, en liaison avec les collectivités territoriales compétentes. La date de cette journée est fixée par décret. »

918 - Proposition de loi instituant une journée de la laïcité dans les établissements publics d'enseignement (Jean-Pierre Abelin)

9.6.03

France-Culture, le 8 juin 2003

Pour la laïcité en Europe

Chers auditeurs, bonjour.
Au micro, , Christian Eyschen, Secrétaire général de la Libre Pensée française. Le sujet que nous allons aborder aujourd’hui est la question de la laïcité en Europe.

L’Europe pourra-t-elle être un jour laïque, républicaine, démocratique et sociale ? Cette question nous est souvent posée. Si par Europe, on entend une notion de continent, alors la réponse est indubitablement oui. L’Europe sera ce qu’en feront les peuples, les nations et les Etats libres. En tout cas, si l’on s’inscrit dans la grande tradition de liberté qui veut que cela soit le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui décide de l’avenir des nations.

Par contre, si l’on entend par Europe, les institutions supranationales de Bruxelles et de Strasbourg, alors la réponse est non. Cette Europe-là est cléricale, réactionnaire, antisociale et aux antipodes de la démocratie.

Dans l’Union européenne actuelle, il y a autant de républiques que de monarchies. Quel système choisira Bruxelles ? La différence n’est pas mince entre ces deux régimes politiques. Il a fallu plus d’une révolution pour bâtir puis consolider la République dans notre pays pour construire la démocratie et réaliser l’égalité des citoyens. Notre République est encore aujourd’hui menacée gravement par l’Europe des régions, politique impulsée par les eurocrates qui remet en cause l’unité et l’indivisibilité de la République.

Cherchez la différence

Dans 14 pays sur 15, hormis formellement la France, tous ces pays connaissent soit des religions d’Etat en Europe du Nord de tradition protestante, soit des Eglises d’Etat comme en Angleterre et en Grèce, soit des concordats avec le Vatican dans les pays de tradition catholique. Même le Portugal, pourtant censé être laïque depuis la Révolution des œillets de 1974, a maintenu le concordat corporatiste et fasciste de Salazar conclu en 1929.

Un concordat est un accord diplomatique conclu entre un Etat et le Vatican et qui favorise outrageusement la religion catholique. Dans la plupart des cas, les prêtres, prélats, bedeaux et sacristains sont payés grassement sur les fonds publics, et leurs écoles discriminatoires et ségrégatives sont, elles aussi, payées par l’argent de tous les citoyens au mépris des convictions personnelles qu’ils peuvent avoir.

Il y a des concordats en France dans la région d’Alsace Moselle, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Espagne, au Portugal. Et dans les pays qui frappent à la porte de l‘Union européenne, le Vatican s’empresse de conclure les mêmes accords diplomatiques comme en Pologne et en Slovaquie. Les concordats se répandent comme une lèpre à travers toute l’Europe.

Dans 14 pays sur 15, hormis la France, les prêtres catholiques, orthodoxes ou anglicans, les rabbins israélites, les pasteurs protestants, les imams musulmans peuvent être enseignants dans l’Ecole publique. Dans la plupart des pays, les religions sont enseignées à l’Ecole publique et sont considérées comme matière à examen.

Dans un grand nombre de pays, règne encore le délit moyenâgeux de blasphème. En Allemagne, en Autriche, en Grèce, au Danemark, en Angleterre, en Espagne, notamment ; il est interdit de critiquer les religions sous peine d’être traduit devant les tribunaux pénaux. Dans plusieurs de ces pays, les libres penseurs ont été condamnés pour avoir critiqué les Eglises.

Dans 15 pays sur 15, les fonds publics sont détournés pour financer les écoles privées dont l’écrasante majorité sont d‘origine religieuse. Le Parlement européen a décidé, il y a quelques années, de rendre obligatoire le financement public des écoles privées.

Le rôle des traités européens

Le traité de Maastricht de 1992 a introduit dans les champs de compétence de l‘Union européenne les domaines de l‘Education et de la Culture. Un enseignant de l’Ecole publique de n’importe quel pays, sous réserve de la validation de ses compétences, diplômes et qualifications, pourra venir enseigner dans n’importe quel autre pays de l’Union européenne. Hors, hormis la France, les religieux de toute nature peuvent être enseignants dans les Ecoles publiques.

Que se passera-t-il quand un prêtre catholique italien, enseignant du public, demandera à enseigner en France ? On lui refusera parce que les lois laïques scolaires et la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 l’interdit expressément. Mais il fera alors appel à la Cour européenne de Justice pour discrimination et non application du principe européen de réciprocité. Et comme le droit communautaire européen est supérieur au droit national de notre pays, la France sera condamnée et le prêtre pourra enseigner dans notre Ecole publique.

Les traités européens ont pour fonction de créer des dynamiques de rapprochement sur la base de ce qui est le plus largement répandu en Europe. Dans ce cas précis, comme dans bien d’autres, la référence n’est pas la laïcité, mais au contraire le cléricalisme.

En matière de libertés démocratiques fondamentales, on est aussi en droit de s’interroger. Notre loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 indique dans son premier article « La République assure la liberté de conscience » et pour l’assurer effectivement, elle indique dans son article 2 « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ».

On nous objecte souvent que l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme proclame « la liberté de conscience, de pensée et de religion », mais la jurisprudence constante de la Cour européenne de justice considère que ces notions n’impliquent nullement la laïcité des institutions nationales et la séparation des Eglises et des Etats. Pour la Cour européenne, ni les religions d’Etat, ni les délits moyenâgeux de blasphème et les impôts d’Eglise ne sont contraires à cet article 9. En France, il est interdit par la loi de 1905 de financer une religion. La législation européenne le permet au contraire.

Le délit de blasphème

L’actualité a vu, au cours de ces dernières décennies, des campagnes cléricales se mener contre des affiches de film jugées blasphématoires par les religieux. Je pense, par exemple, A la dernière tentation du Christ, à Ave Maria, à Larry Flint, à Amen. Des procès ont eu lieu pour interdire ces affiches. En France, les cléricaux les ont tous perdu. Par contre, dans d’autres pays, il n’en a pas été de même. Lorsque des citoyens de ces pays ont porté l’affaire devant la Cour européenne de Justice en indiquant que l’interdiction d’affichage était contraire à l’exercice de leur liberté de conscience garantie par l’article 9, la Cour européenne les a débouté au nom du fait qu’elle ne pouvait ignorer que la majorité des citoyens du pays concerné était catholique !

Par ailleurs, la Charte européenne des droits fondamentaux garantit la liberté de religion et de changer de religion mais en aucun cas celle de n’en avoir aucune, alors que près de 40% des européens n’a aucune appartenance et pratique religieuse.

C’est dans ce contexte juridique et institutionnel que se poursuit la discussion de la future constitution de l’Union européenne. Certaines forces exigent une référence explicite à la notion d’un « dieu révélé » dans le préambule de cette constitution. Le Vatican et la Pologne sont aux avant-postes de cette exigence cléricale. Helmut Kohl, alors chancelier de l’Allemagne l’avait aussi réclamé avant d ‘être limogé par les électeurs.

En juin 1997, la Conférence Intergouvernementale d’Amsterdam, devait réviser le Traité de Maastricht. Quelques mois plus tôt, l’Etat du Vatican proposait d’inclure dans le chapitre F du Traité qui aborde la question des libertés fondamentales cette phrase : « Le christianisme est l’héritage culturel des peuples en Europe ». Or, le Vatican n’est pas membre de l’Union européenne et ne le sera jamais.

Pour adhérer à celle-ci, il faut remplir un certain nombre de conditions minimales en matière de libertés démocratiques, on le voit bien actuellement pour la Turquie. Hors, au Vatican, il est interdit d’être non catholique, d’être syndiqué, de faire grève et c’est le seul Etat au monde, où il n’y a jamais eu la moindre élection démocratique. Par ailleurs, c’est l’un des derniers Etats staliniens au monde, pire que la Corée du Nord. Il y a plus de fonctionnaires à la Curie romaine que de citoyens du Vatican. Tout appartient à l’Etat, les entreprises, les commerces, le sol, le sous-sol et les immeubles.

Jean-Paul II se promène dans le monde entier pour prêcher les droits de l’Homme et la fameuse et fumeuse troisième voie en matière économique, celle dite « entre le capitalisme et le collectivisme ». On est donc en droit de lui demander pourquoi il n’applique pas ses théories dans son Etat. Il serait alors un peu plus crédible.

Amsterdam 1997

L’Union européenne a donc refusé de discuter de la proposition du Vatican car il n’avait pas le droit de débattre des traités européens. Quelques semaines avant l’ouverture de la Conférence d’Amsterdam, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche et le Portugal déposaient la même demande que le Vatican.

L’Union européenne a alors adopté une déclaration portant le numéro 11 qui sera intégrée à l’Acte unique quand tous les pays auront ratifié les traités européens ; les pays qui adhérent actuellement et aussi ceux qui veulent y adhérer. Cette déclaration stipule ceci : « L’Union respectera et ne préjuge pas le statut dont bénéficient, en vertu du doit national, les Eglises et les associations ou communautés religieuses dans les Etats membres ».

Cela veut dire, qu’au vu de la diversité des situations dans chaque pays : religion d’Etat, Eglise d’Etat, concordat et séparation des Eglises et de l’Etat, l’Union européenne ne peut imposer un modèle unique. Elle reconnaît donc tous les modèles de relation entre les religions et les Etats (elle ne préjuge pas) et elle les protégera en interdisant qu’on les change à l’avenir quand la ratification sera définitive (d’où le terme : elle respectera). L’Union européenne intégrera tous les types de relation dans le droit communautaire européen qui est supérieur à toutes les législations nationales.

Cette déclaration N°11 ne vise qu’à garantir et à réactiver les privilèges antidémocratiques des Eglises et des religions dans les différents pays de l‘Union européenne. Quand elle sera devenue définitive, aucun peuple, aucune nation, aucun Etat en Europe ne pourraient jamais remettre en cause les religions d’Etat, les concordats, les délits de blasphème et les impôts d’Eglise tels qu’ils existent dans un grand nombre de pays sur le continent européen. En France, nous ne pourrons alors abroger le statut clérical d’exception d’Alsace Moselle et les décrets concordataires de 1939 qui régissent les Territoires d’Outre-Mer. Cette décision européenne est un véritable déni de démocratie.

Notons aussi la triste comédie du Traité de Nice où l’on a vu messieurs Chirac et Jospin refusaient fièrement que l’on mentionne « l’héritage humaniste et religieux de l’Europe ». Ils ont fait supprimer l’héritage humaniste qui n’est, quand même pas, n’importe quoi, dans l’Europe des Lumières. Ils ont changé le terme religieux par celui de « spirituel », mais uniquement dans la version française. Le texte allemand du traité dit « spirituel-religieux ». Quelle honte !

L’Europe et le Vatican

Actuellement se discute donc la future constitution européenne. Les lobbys cléricaux exigent que la déclaration N°11 d’Amsterdam soit intégrée dans l’article I-51. Et même qu’elle soit aggravée. L’article I-51 reprend donc le texte de la déclaration d’Amsterdam et rajoute : « En reconnaissance de leur identité et leur contribution spécifique , l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier, avec ces Eglises et organisations ».

C’est, non seulement, le maintien des privilèges antilaïques et antidémocratiques des Eglises, mais c’est aussi l’officialisation des religions dans les institutions. C’est la négation de la liberté absolue de conscience des citoyens des différents pays.

Il y a fort à a parier, au vu de la diversité en Europe, qu’au grand dam du Vatican, ne figurera pas une référence à Dieu et au christianisme comme héritage culturel des peuples en Europe dans la constitution européenne que nous concocte Valery Giscard d’Estaing. Pour autant, cela ne fera pas de l’Union européenne une institution laïque. D’abord du fait de l’article clérical numéro I-51 qui maintient les privilèges des religions. Ensuite pour une deuxième raison qui a pour nom : le principe de subsidiarité.

Ce principe de subsidiarité est le moteur des institutions européennes et il a été intégré récemment dans la constitution française par la décentralisation-régionalisation contre le principe d’unité de la République et d’égalité des citoyens. La première fois que ce terme de subsidiarité est apparu, c’est dans l’encyclique Quadragesimo Anno de Pie XI en 1931. Il définit ce principe de la manière suivante : “ Que l'autorité publique abandonne donc aux groupements de rang inférieur le soin des affaires de moindre importance où se disperserait à l'excès son effort ; elle pourra, dès lors, assurer plus librement, plus puissamment, plus efficacement les fonctions qui n'appartiennent qu’à elle parce qu'elle seule peut les remplir : diriger, surveiller, stimuler, contenir, selon que le comportement, les circonstances ou la nécessité l'exige”.

Le modèle d’organisation sociale et économique vanté par le pape est alors le fascisme italien et les syndicats verticaux corporatistes. Cette idée de subsidiarité a été répandue ensuite dans la construction de l’Union européenne par cette formule : » Ne jamais confier à un organisme de rang supérieur ce qui peut être fait par un organisme de rang inférieur ». Cela semble est le bon sens même. Mais à y regarder de plus près, on s’aperçoit aisément que c’est un principe réactionnaire.

La subsidiarité contre la République

Quelle est la société où ce principe a été appliqué pleinement ? Et bien, c’est dans la France d’Ancien Régime. L’organisme de rang supérieur qu’était la monarchie ne s’occupait que des pouvoirs régaliens : la police, l’armée, la justice et la diplomatie. En clair, la guerre et la répression. Tout le reste, qui fait l’apanage d’une société moderne, était confié à des organismes de rang inférieur. L’éducation, l’enseignement, la bienfaisance, les hôpitaux à l’Eglise catholique. Les impôts étaient collectés par les Fermiers généraux qui se servaient allégrement au passage. C’était un véritable désastre social.

Quand les révolutionnaires de 1789 veulent réaliser la démocratie et l’égalité des citoyens, ils proclament la République et ils inventent le service public. Ils font l’inverse de l’Ancien Régime, ils confient les missions d’intérêt général toujours à des organismes de rang supérieur : les services publics et l‘administration républicaine nationale, départementale et municipale. C’est ce qui permet l’égalité effective.

Tout au contraire, la subsidiarité appliquée par l’Union européenne et la décentralisation votée le 17 mars 2003 à Versailles, c’est la privatisation des services publics. Ce sont la restauration scolaire, les Pompes funèbres, le service des eaux, la collecte des ordures, les crèches, la santé confiés à des entreprises capitalistes qui sont de rang inférieur par rapport à l’Etat. Quand le gouvernement demande le prélèvement à la source des impôts sur la feuille de paie, c’est vouloir faire des patrons les nouveaux Fermiers généraux.

La subsidiarité, c’est la destruction des acquis républicains et sociaux. C’est la fin de la République, mais pas la fin de l’Etat qui voit ses pouvoirs régaliens renforcés pour « diriger, surveiller, stimuler, contenir » comme le disait Pie XI. Bref, pour réprimer toujours davantage.

Cette future constitution européenne sera donc cléricale, nul ne peut en douter aujourd’hui. Est-ce à dire que les dirigeants politiques européens, de droite comme de gauche, sont tous des croyants ? Absolument pas ! Mais s’ils utilisent les religions, les Eglises et la doctrine sociale de l’Eglise catholique contenue dans les encycliques papales ; c’est que les confessions monothéistes ont toujours été pour le maintien de l’ordre et de l’oppression sociale. C’est ce qui a fait que ces religions se sont maintenues au fil des siècles.

Monothéisme et oppression sociale

Saint Paul l’a dit dans son Epitre aux Romains, la puissance impérialiste de l’époque : « Il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu ou qui soit librement consenti par lui. En conséquence, l’esclave doit obéir à son maître, comme la femme doit obéir à son mari ». Dès lors, se révolter contre l’oppression sociale, c’est désobéir à la volonté divine.

C’était hier et c’est aujourd’hui. Au troisième symposium des policiers chrétiens qui s’est tenu du 4 au 8 mai 1998, sous le titre « Police et Humanisme » ; voilà ce que déclarait Jean-Pierre Dintilhac, Procureur de la République au Tribunal de Grande Instance de Paris, présenté comme homme de gauche et socialiste : « Monseigneur Daloz nous interrogeait tous sur la question de savoir si l’on pouvait être à la fois policier et chrétien. C’est à cette question que je souhaite tout d’abord répondre pour affirmer que, de mon point de vue, non seulement l’on peut être tout à la fois chrétien et policier mais que tout chrétien doit être, d’une certaine manière, policier ». Il avait bien compris la doctrine sociale de l’Eglise.

De la même manière, quand Bonaparte conclut le concordat en 1801, il ne croit pas en Dieu, mais il explique alors : « Comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? La société ne peut exister dans un Etat sans religion. La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à côté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas là une autorité qui lui dise « Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde ; mais ensuite et pendant l’éternité le partage sera fait autrement » ».

Le publiciste catholique Louis Veuillot rajoutera à la fin du XIXème siècle « Quand on ne croit pas en Dieu, il faut être propriétaire pour respecter la propriété ».

Agissons pour la laïcité en Europe !
Nous refusons ce vieux monde qui sent le coffre-fort et l’eau bénite. Nous refusons la future constitution européenne et le principe de subsidiarité. C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée française et l’une des plus importante organisations laïques d’Angleterre, la National Secular Society viennent de lancer un appel commun pour la tenue d’un rassemblement laïque européen, à Paris le samedi 6 décembre 2003 :
- Contre l’Europe vaticane, cléricale et religieuse !
- Contre la préservation des privilèges des religions !
- Contre l’officialisation de leurs existences dans les institutions !
- Pour l’absolue liberté de conscience !
- Pour la laïcité en Europe !
- Pour la séparation des Eglises et des Etats !
La Libre Pensé française et la National Secular Society appellent toutes les organisations rationalistes, sceptiques, libres penseuses, humanistes et laïques et les citoyens des différents pays en Europe à y participer.

3.6.03

Déclaration commune de la National Secular Society (United Kingdom) et de la Fédération Nationale de la Libre Pensée (France)

Pour la totale liberté de conscience par la séparation des Eglises et des Etats et pour la laïcité en Europe : abrogation de la déclaration n°11 d’Amsterdam

La Fédération française de la Libre Pensée et la National Secular Society d’Angleterre ont décidé de s’adresser en commun à l’ensemble des citoyens et des associations qui luttent en Europe pour la laïcité, quelles soient rationalistes, sceptiques, libres penseuses, humanistes et laïques.

Actuellement s’élabore la future constitution de l’Union européenne. Les plus grandes menaces pèsent sur le principe de respect de la liberté absolue de conscience qui inclut la liberté de croire comme de ne pas croire.

La Charte européenne des droits fondamentaux garantit la liberté de religion et de changer de religion mais en aucun cas la liberté de ceux qui n’en ont aucune et qui veulent rester libres de toute influence religieuse. Ceci malgré le fait que près de 40% des européens n’ont aucune appartenance et pratique religieuse.

La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme en son article 9 est censée garantir « la liberté de conscience, de pensée et de religion » mais la jurisprudence constante de la Cour européenne de justice considère que ces notions n’impliquent nullement la laïcité des institutions nationales et la séparation des Eglises et des Etats. Pour la Cour européenne, ni les religions d’Etat, ni les délits moyenâgeux de blasphème et les impôts d’Eglise ne sont contraires à cet article 9.

C’est dans ce contexte juridique et institutionnel que se poursuit la discussion de la future constitution de l’Union européenne. Certaines forces exigent une référence explicite à la notion d’un « dieu révélé » dans le préambule de cette constitution et la mention du « christianisme comme héritage culturel commun des peuples en Europe ».

Les lobbys cléricaux de toute nature, relayés par divers gouvernements, exigent que la déclaration N°11 d’Amsterdam soit intégrée sous la forme de l’article I-51 de la future constitution européenne. Rappelons que celle-ci ne vise qu’à garantir et à réactiver les privilèges antidémocratiques des Eglises et des religions dans les différents pays de l‘Union européenne, la plupart des pays garantissant déjà des privilèges immenses aux institutions religieuses, soit par un concordat ou par une religion d’Etat.

Si une telle disposition était adoptée, aucun peuple, aucune nation, aucun Etat en Europe ne pourraient jamais remettre en cause les religions d’Etat, les concordats, les délits de blasphème et les impôts d’Eglise tels qu’ils existent dans un grand nombre de pays sur le continent européen.

En effet, cet article I-51 prévoit des dispositions entièrement cléricales telles que :
« - L’Union européenne respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les Eglises et les associations ou communautés religieuses dans les Etats membres…

- En reconnaissance de leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier, avec ces Eglises et organisations.»

C’est, non seulement, le maintien des privilèges antilaïques et antidémocratiques des Eglises, mais c’est aussi l’institutionnalisation des religions dans les institutions. C’est la négation de la liberté absolue de conscience des citoyens des différents pays, également une nouvelle violation du principe de l’égalité en droits des citoyens.

La National Secular Society et la Libre Pensée française appellent à une vaste action des partisans de la laïcité en Europe pour faire échec à cette offensive cléricale.

La Libre Pensé française et la National Secular Society appellent toutes les organisations rationalistes, sceptiques, libres penseuses, humanistes et laïques et les citoyens des différents pays en Europe


A participer au rassemblement laïque européen,
à Paris le dimanche 7 décembre 2003 :
- Contre l’Europe vaticane, cléricale et religieuse !
- Contre la préservation des privilèges des religions !
- Contre l’officialisation de leurs existences dans les institutions !
- Pour l’absolue liberté de conscience !
- Pour la laïcité en Europe !
- Pour la séparation des Eglises et des Etats !

2.6.03

Communiqué de Europe & Laïcité

Réflexions sur un blocage socio-politique

Nous ne cessons de le répéter depuis des années : le combat laïque, c'est aussi la lutte contre tous les dogmatismes, y compris sur le plan économique . La prétention de certains dirigeants, d'aujourd'hui et d'hier, de présenter comme irréversible le système capitaliste (rebaptisé libéralisme économique pour paraître plus présentable), est parfaitement insupportable et inadapté aux nécessités du monde moderne.
Ce système est source de conflits insolubles : on le voit bien actuellement en France. Les détenteurs tout puissants du pouvoir politique y sont les zélés serviteurs de l'économie de marché et de profit privé et n'ont d'autre but que de démolir l'ensemble des services publics . Les dangereux accords semi-clandestins conclus dans le cadre de l'AGCS et des directives de l'OMC, ont pour effets prévisibles de voir les classes dominantes s'en prendre en France au système des retraites, à l'homogénéité républicaine, à l'unité nationale, et avant tout à cette Éducation Nationale qu'elles ont besoin de casser et de soumettre à leurs volontés.
L'intérêt général importe peu à ceux qui en France, détiennent aujourd'hui tous les pouvoirs. Leur aveuglement provoque les troubles de rues actuels et d'autres à venir.
Les laïques sont engagés aux côtés de ceux qui, dans les luttes sociales en cours et dans les mouvements populaires , militent pour un autre système mondial de coopération économique. Avec eux, les laïques revendiquent pour le progrès social, l'indépendance et la défense des services publics.
En France, la défense de l'Éducation Nationale est exemplaire de ces luttes légitimes, et ceux qui y participent lucidement sont les acteurs courageux d'un combat plus global où l'éthique laïque de solidarité, de justice et de progrès doit et peut inspirer les solutions nécessaires aux graves problèmes que le gouvernement est incapable de résoudre par ignorance et mépris du bien public.
Seul le recours aux solutions proposées par les organisations progressistes pourra permettre les avancées qu'il est peut-être encore temps de promouvoir par la négociation.

Le Bureau du Mouvement EUROPE et LAÏCITÉ
Le Président
Etienne PION

31.5.03

Commentaire

Public Privé
Un Ferry d’une rive à l’autre

Le mardi 13 mai, les ministres de l’Education Nationale sont venus porter la bonne parole dans l’Aveyron.
Ont-ils développé, au cours de la réunion de travail dont peu de choses a filtré, l’une ou l’autre des questions seulement posées, en page dix-huit de leur « Lettre à tous ceux qui aiment l’école » ?
« Comment mieux tirer parti de l’association de l’enseignement privé au service public d’éducation ? »
En résumé, le service public et le service catholique d’éducation devront-ils se fondre ? Où, mieux qu’en Aveyron, département idéal, peut-on poser ces questions ?

En effet, les élus locaux et départementaux ont depuis des années préparé les esprits à cette fusion ; expliquant qu’il n’y avait aucune différence entre ces deux systèmes . Ici, on parle de collèges cantonaux quand ils sont privés, là, on ventile dans le public, les productions payantes d’un lycée privé (voir affaire du Cdrom sur le site).

Faut-il pour autant confondre ?
Il n’est pas inutile de rappeler que
- le service public doit scolariser tous les élèves alors que le système catholique peut choisir les siens car il n’est pas soumis à l’obligation de scolarisation.
- l’un véhicule les valeurs républicaines et l’autre chrétiennes
- l’un est gratuit et l’autre payant .

La Troisième République , avec Jules Ferry, instaura l’école obligatoire, gratuite et laïque afin de bâtir la République, la démocratie et la Nation (ensemble d’hommes désirant vivre ensemble en s’organisant avec les mêmes lois).
L’école pour la Troisième République devait forger une Nation.

Les ministres communiquants de la Cinquième République essaient de nous vendre la marchandisation de la société, au nom du libre choix et de la diversité, thèmes ressassés, supplantant le principe d’égalité.
Le phénomène a déjà commencé et s’attaque aujourd’hui à l’école, puis aux retraites, ensuite à la santé...

Il ne faut pas imaginer que ces projets sont neufs . Ils sont tous issus des cogitations et des propositions de l’Organisation Mondiale du Commerce. Mais déjà , en France , dès les années 70, des personnalités, comme Olivier Giscard d’Estaing, prônaient la nécessité d’une « révolution libérale de l’enseignement » et le club de l’Horloge, appelait la droite à s’attaquer au monopole de l’Etat, en matière d’éducation .

Les six mille manifestants, défilant dans les rues de Rodez, ce mardi 13 mai, ont dit, haut et fort, tout autre chose...
Aveyron, département idéal ?

22.5.03

Communiqué de la Libre pensée nationale

SAMEDI 20 SEPTEMBRE 2003 à 14 heures
MANIFESTATION NATIONALE A PARIS,
de NATION à REPUBLIQUE


La République doit rester une et indivisible.
Non à l’éclatement de la Nation
Non au transfert des compétences


L’heure est grave. Des coups sévères viennent d’être portés à l’unité de la République. Nous en appelons à la mobilisation la plus large pour qu’ils ne lui soient pas fatals.
Le 17 mars 2003 le Congrès, constitué des députés et des sénateurs réuni à Versailles, a voté la révision de la Constitution. Qu’ont-ils fait ?

Ils ont modifié l’article 1 de la constitution. Désormais, “ l’organisation de la République est décentralisée ” C’est l’éclatement de la République. En effet, d’après cette modification de la Constitution, tout ce qui relevait de l’organisation de la République doit être transféré à différents niveaux : régions, communautés d’agglomérations, communautés de communes.
Tous les secteurs de la vie sociale sont concernés : santé, éducation, transports, équipements, emploi, protection sociale. Selon le Premier ministre seules “les questions de la justice, de la défense, des anciens combattants, de la dépenses publique, de la fiscalité, des douanes et de l’inspection du travail” et “toutes les questions relevant de la sécurité” , “la jeunesse et les sports – sport de haut niveau”, devaient demeurer du ressort de l’Etat et de la législation nationale. Quant au reste... Dès lors, chaque collectivité pourra édicter ses propres règles, l’inégalité serait érigée en loi..

A Versailles, le 17 Mars, a donc été voté, en moins de deux heures, le fait qu’il n’y aurait désormais plus de lois communes !

Depuis que cette brèche a été ouverte, le processus d’éclatement de la République va en s’accélérant. Les mesures succèdent aux mesures, le plus souvent dans le plus profond silence.
>> Fin mars sans même attendre le vote du projet de loi organisant le transfert des compétences aux régions le gouvernement a adressé à plus de 150 000 fonctionnaires d’Etat de l’Education nationale, personnels ouvriers, médecins, techniciens, assistantes sociales, COPs, une lettre leur signifiant que, dès l’an prochain, ils perdraient leur statut de fonctionnaire d’Etat. Il a également fait savoir, dans la presse, que des directions départementales de l’Equipement (DDE) devraient aussi purement et simplement disparaître !
>> Le 29 avril, l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi “ portant habilitation du gouvernement à prendre par ordonnance des mesures de simplification et de codification du droit ”, visant à généraliser les “partenariats public-privé”. Le ministre de la Fonction publique déclarant à ce propos que “les entreprises (disposent) d’avantages comparatifs indéniables dans le domaine de la maintenance et des services de proximité”. C’est la voie ouverte à la privatisation de tous les services publics.
Ce même texte autorise également le gouvernement à suspendre “ à titre expérimental ” le statut des personnels hospitaliers.
>> Le 30 avril, le gouvernement a présenté un projet de loi convoquant un référendum en Corse pour la suppression des deux départements et l’institution d’une “ collectivité unique déconcentrée ”. Selon le Premier ministre Raffarin, “ la Corse prend la tête de la nouvelle régionalisation française ”. Ce référendum est en effet rendu possible par la révision constitutionnelle du 17 mars. Il propose que la “ collectivité unique ” de Corse puisse définir seule le budget de l’île, lever l’impôt, être l’employeur de tous les fonctionnaires (sauf l’armée, la police et la justice) ; elle pourra recruter du personnel, elle pourra légiférer, déroger au Code du travail, aux conventions collectives, et d’une manière générale à la législation sociale nationale. Et cela devrait être “ la tête ” de la régionalisation ?
>> Le 14 Mai, le Conseil des ministres a présenté en catimini, au moment où des millions de salariés manifestaient pour défendre leur retraite, deux projets de lois organiques. L’un d’eux est “ relatif à l’expérimentation par les collectivités territoriales ”, et autorisera ces dernières “ à déroger aux dispositions législatives ou réglementaires relatives à l’exercice de leurs compétences ”. Il s’agit d’étendre à tout le territoire national les dispositions prévues initialement pour la Corse par la loi du 22 janvier 2002. C’est l’éclatement prévu de toute législation nationale ! Ces expérimentations pourraient durer cinq ans, avec possibilité de poursuivre trois années supplémentaires ! Que restera-t-il dans huit ans, du Code du travail, du Code de la Sécurité sociale, des statuts nationaux, accommodés en autant de sauces particulières qu’il y a de régions ou “ communautés ” ?
>> Le 26 mai, le Sénat a à son ordre du jour un projet de loi “ portant décentralisation du RMI ”. Il apparaît ainsi que le gouvernement qui avait initialement l’intention de traiter l’ensemble des transferts de compétence dans une loi unique, a finalement décidé de “ tronçonner ” ces transferts en plusieurs fois. Pour que cela soit moins visible ? Pour éviter que la mobilisation ne se concentre sur un projet de loi global de transfert des compétences ?
>> Dans cette logique d’ici à l’automne prochain, une série de projets de loi doivent être soumis à l’Assemblée nationale.

Savez-vous ce qu’ils prévoient ?
- le transfert aux régions de la totalité de la formation professionnelle
- le transfert de la gestion des routes, des ports, des canaux, et des aéroports
- le transfert de la politique du logement aux collectivités territoriales
- le transfert aux régions des personnels TOSS (ouvriers et techniciens de service de l’Education Nationale), des assistantes sociales, des conseillers d’orientation psychologues, jusqu’ici fonctionnaires d’Etat

De plus, ces projets prévoient explicitement “ l’achèvement ” de la remise en cause des 36 000 communes par l’imposition légale de l’intercommunalité forcée.
C’est un véritable bouleversement de société qu’ils voudraient organiser !
Il est encore temps de mobiliser les forces de la démocratie pour mettre en échec ces projets funestes.

Ces projets portent, à n’en pas douter, la marque de l’Union européenne et s’inscrivent dans la préparation de la “Constitution européenne ” annoncée pour fin 2003.
Le 20 juin, un Conseil européen extraordinaire discutera d’un projet de “ Constitution européenne ”. Le projet d’article 9 de cette prétendue “constitution”, qui définit les “lois”, “règlements” et “décisions” de l’Union européenne, édicte que ces actes juridiques, proposés nécessairement par la Commission de Bruxelles, seraient “obligatoires dans tous (leurs) éléments et directement applicables dans tout Etat membre” ! C’en serait fini de toute souveraineté ! Comment ne pas voir que cela se relie à la remise en cause des règles, lois et droits acquis pour tous les citoyens, sur l’ensemble du territoire de la République ?

Il nous faut de ce point de vue attirer l’attention de tous sur la gravité extrême de la disposition, prévue dans le cadre des transferts, qui permettrait le “ transfert aux régions de la gestion des fonds structurels européens ”. Ce qui signifie que des sommes considérables en provenance de Bruxelles et qui, auparavant, transitaient par l’Etat, seront directement versées aux régions sans aucun contrôle commun à l’échelle nationale, sur la base du lobbying, sur la base de la déréglementation et de l’instauration de droits différenciés.

Dans la situation difficile que vivent les peuples à l’échelle mondiale, alors que les guerres et leurs conséquences remettent en cause l’existence même des nations ; après l’explosion de l’ex-Yougoslavie ; avec l’éclatement de l’Irak en trois protectorats ; nous affirmons qu’il est plus que jamais de notre devoir de défendre l’unité et l’indivisibilité de la République, contre le démantèlement programmé par l’Union européenne.

Nous devons œuvrer pour défendre les fondements de la République, en particulier son indivisibilité et son unité qui se traduisent par des lois communes. Ces lois sont, par ailleurs, le fruit d’années de lutte du mouvement ouvrier et de la démocratie.

Certes, on pourra nous objecter que la Ve République elle-même dès son origine, s’est fondée sur une Constitution qui, à bien des égards, est contraire aux exigences de la démocratie : c’est exact. Le mouvement ouvrier et démocratique a d’ailleurs, en 1958, condamné cette Constitution qu’un défunt président avait qualifiée de “ coup d’Etat permanent ”, avant de se faire élire et de respecter ce cadre institutionnel. Il est exact également que nombre de réformes adoptées par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont déjà ouvert des brèches dans l’unité de la République depuis les lois de 1982 jusqu’à celles de 1999 en passant par le processus de Matignon sur la Corse, dont on voit aujourd’hui les conséquences ultimes.

Cependant, jusqu’à présent du moins, et en raison même de la résistance ouvrière et démocratique, toutes les tentatives de démanteler jusqu’au bout l’unité de la République avaient échoué, la plus célèbre étant le référendum de 1969.

De nouveau, les forces de la démocratie doivent se rassembler pour dire qu’il n’est pas possible d’accepter qu’il n'y ait plus d’égalité des citoyens devant les services publics ; qu’il n’y ait plus d’égalité devant l’instruction ; qu’il n’y ait plus d’égalité devant la santé ; de même il ne saurait être possible d’accepter le transfert des routes nationales, des ports, des aéroports, de l’énergie (EDF), aux régions ou aux intercommunalités ; ou encore l’éclatement de la fonction publique et du statut des fonctionnaires. Comment serait-il possible d’accepter que sur les débris de la République se bâtissent des pouvoirs locaux se disputant les fonds européens au mépris des droits de la population ?

LA REPUBLIQUE EST EN DANGER.

Divers dans nos responsabilités, nos engagements politiques, syndicaux, philosophiques, nous proposons à toutes et à tous de manifester
- Contre la révision constitutionnelle, pour son abrogation, pour défendre la République une et indivisible,
- Pour l’abrogation de toutes les lois et mesures organisant l’éclatement de la République,
- Pour l’égalité des droits des citoyens devant la loi,
- Pour la laïcité institutionnelle de l’Etat et de l’Ecole,
- Pour des services publics, des hôpitaux publics qui restent garantis à tous dans l’égalité républicaine,
- Contre les transferts des services publics et des agents aux régions et collectivités, pour le retrait des projets de loi qui les organisent,
- Un Code du travail, des lois sociales, des garanties égales pour tous quel que soit le point du territoire où chacun habite : des régimes de retraite à l’assurance maladie, de l’assurance chômage aux allocations familiales, de la Poste aux transports et à l’énergie,
- Le respect du principe qui constitue la langue française comme la langue de la République et de l’enseignement,
- Le maintien des 36 000 communes, de tous les services publics et de toutes les garanties qui traduisent au niveau de chaque commune l’égalité de tous dans la République.

Nous appelons à constituer dans tous les départements de larges comités rassemblant tous ceux qui se reconnaissent dans cet appel pour organiser la montée à Paris, multiplier les conférences de presse, et toutes les initiatives permettant de développer le courant pour la défense de l’unité et de l’indivisibilité de la République.

________________________
D’où vient notre initiative ?

- Janvier 2003 : 65 militants de toutes tendances lancent un appel pour la défense de l’unité de la République, contre la révision constitutionnelle
- Février 2003 : 20 000 citoyens de toutes tendances se regroupent autour de ce texte en le contresignant
- Mars 2003 : Les délégations se multiplient auprès des députés pour leur dire “ ne votez pas la révision de la Constitution ”
- Avril 2003 : Les initiateurs de l’appel se réunissent, et devant l’écho rencontré par cette campagne, devant les mesures qui s’accumulent contre l’unité et l’indivisibilité de la République, décident d’appeler à une montée nationale à Paris
- Juin 2003 : Les initiateurs de l’appel et les représentants des comités de préparation de la manifestation se réuniront à Paris pour organiser la marche du 20 septembre 2003

Parmi les initiateurs de cette appel : Yves Allain, maire de Saint Michel de Plélan (22) ; Xavier Amor, syndicaliste de la métallurgie, conseiller municipal d’Aubervilliers (93) ; Patrice Bargibant, militant associatif et politique (75) ; Roger Bauvert, syndicaliste (80) ; Gérard Bouisson, maire de Villeneuve les Maguelone et conseiller général (34) ; Robert Brun, syndicaliste bâtiment (35) ; Daniel Couty, syndicaliste (92) ; Mario Crocenzo, syndicaliste (54) ; Jean Delarue, conseiller municipal des Mureaux (78) ; Gérard Delépine, chirurgien (93) ; Nicole Delépine, médecin (93) ; Daniel Delrez, conseiller régional Initiative républicaine (57) ; Christian Demeautis, syndicaliste, libre penseur ; Olivier Doriane, bureau national du Parti des travailleurs(75) ; Jean-Claude Fiack, ancien maire de Kuntzig (57) ; Christian Fleury, maire de Bonnétable (72) ; Patrick Florimond, responsable associatif (54) ; Didier Fouché, maire de Soulitré (72) ; Maria Fretun-Gonzalez, conseillère municipale d’Aubervilliers (93) ; Jeanine Gani, ancienne élue municipale des Mureaux (78) ; Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs (75) ; Yves Gonzales, conseiller municipal de Caux (34) ; Bernard Goursaud, maire de Brie sous Matha, responsable départemental du MODEF (17) ; Gisèle Grange, responsable qualité AST Lyon (69) ; Charles Gras, syndicaliste métallurgie (59) ; Dominique Gros, maître de conférence à la faculté de Dijon (21) ; Jean-Louis Guérin, syndicaliste docker (35) ; Emile (89) ; Henri Van Damme, professeur ESPCI Guikov, chirurgien (94) ; Georges Hage, député (59) ; Marc Hébert, anarcho-syndicaliste (29) ; Georges Hoffman, ancien secrétaire fédéral du PS du Bas-Rhin, CSLR (67) ; Michel Jakubczyk, syndicaliste (57) ; Daniel Jeanin, maire de Montenois (25) ; Claude Jenet, syndicaliste (84) ; Jean-Jacques Karman, conseiller général communiste (93) ; Marie Karman, directrice commerciale, conseillère municipale d’Aubervilliers (93) ; Kalina Krzywolak, étudiante en archéologie (94) ; Pierre-Jean Lambert, syndicaliste (35) ; Patricia Latour-Combes, conseillère municipale d’Aubervilliers (93) ; François Le Pivert, instituteur, syndicaliste (22) ; Gilbert Lebescond, syndicaliste métallurgie (93) ; François Livart, syndicaliste (93) ; Jean-Claude Loew, syndicaliste chimie (91) ; Barbara Markowska, pédiatre (94) ; Jean-Charles Marquiset, syndicaliste, Rencontre communiste (91) ; Jean-Marie Matisson, enseignant (24) ; Georges Morin, Ingénieur du génie rural, libre penseur (75) ; Marie-Thérèse Mutin, conseillère régionale de Bourgogne ; Jean-Paul Neau, syndicaliste (49) ; Marc Perrier, conseiller municipal de Saint Malo (35) ; Yann Perrotte, syndicaliste (50) ; Henri Poumayrac, maire de La Caunette (34) ; Joachim Salaméro, syndicaliste, libre penseur (33) ; Gérard Schivardi, maire de Mailhac (11) ; Angelo Sciabbarrasi, syndicaliste PTT (34) ; Guy Seiler, conseiller municipal de Villeneuve les Maguelone (34) ; Pierre Soulat, ancien maire d’Achères (78) ;Rose-Marie Sterge, conseillère municipale de Chevily-Larue (94) ; Béatrice Sylvain, syndicaliste (75) ; Cyrille Venet, médecin (38) ; Rodolphe Verger, infirmier en psychiatrie, syndicaliste (35)...

18.5.03

Communiqué de la Libre pensée nationale

Ni croix, ni kippa, ni foulard à l’Ecole publique !

L’actualité remet, une nouvelle fois, sur la scène médiatique la question des signes religieux dans l’Ecole publique laïque et aussi plus généralement dans le service public.
Certains hommes politiques, de droite comme de gauche, tentent de se refaire une virginité républicaine à bon compte en réclamant une loi pour interdire le port de signes ostentatoires religieux dans l’espace public. Quelquefois, les mêmes récusent le port du foulard islamique sur les photos d’identité, ceci peut être pour mieux accepter le port de la cornette catholique.
Pour la Fédération Nationale de la Libre Pensée, tous les emblèmes religieux, quelles que soient leurs tailles, sont ostentatoires par nature. Ils doivent donc être tous prohibés dans le service public.
La loi d’orientation de juillet 1989, présentée par Lionel Jospin, a créé, de toutes pièce, le problème du foulard islamique et des signes religieux dans l’Ecole laïque. C’est le « droit d’expression des élèves » inscrit dans l’article 10 de cette loi qui a été le moteur de l’offensive antilaïque sur les emblèmes religieux. Alors que les lois républicaines de 1881, 1882 et 1886 ont organisé la laïcité des locaux, des programmes et du personnel dans l’enseignement public, la loi antilaïque de Jospin a permis l’existence du droit d’expression clérical et religieux des élèves au sein de l’Ecole publique.
Il s’agit d’une véritable machination antilaïque permettant aux élèves d’exprimer des opinions et des attitudes religieuses et qui interdit aux enseignants d’y répondre. Cette stratégie d’affrontements a été ainsi mise en œuvre au mépris du principe de séparation des Eglises et de l’Etat.
Pour la Fédération Nationale de la Libre Pensée, il faut en revenir aux principes de laïcité institutionnelle de l’Ecole et de l’Etat. Pour cela, nul besoin d’une nouvelle loi, il suffit d’abroger la loi Jospin de juillet 1989 et particulièrement son article 10. Le respect scrupuleux et intégral de la laïcité scolaire est incompatible avec le maintien de la loi Jospin. C’est pourquoi, la Fédération Nationale de la Libre Pensée, loin des discours fumeux des uns et des autres, exige son abrogation.
Pour la défense de la laïcité : Abrogation de la loi Jospin !

10.5.03

Communiqué de la Libre pensée nationale
issu de la réunion des initiateurs du 30/04/03


Aux 20 000 travailleurs, citoyens, jeunes signataires de l’appel « pour la République une et indivisible ».

Réunis comme convenu le mercredi 30 avril, nous avons décidé d’appeler à :

Une manifestation nationale à Paris « pour la défense de la République une et indivisible »
le samedi 20 septembre 2003.



La date du 21 juin ne pouvait être maintenue : ce jour là est aussi celui de la fête de la musique. La Préfecture a indiqué qu’il ne serait pas possible de défiler en passant par les grandes places parisiennes et d’entrer dans Paris avec des cars.

Mais surtout, la perspective d’une manifestation nationale remporte un écho considérable dans de nombreux départements. A partir des 20 000 signataires, des comités de préparation se sont mis en place. Nous avons été informés que plusieurs comités, en haute Savoie, dans le Puy de Dôme, dans le Morbihan, le Rhône… ont commencé à s’organiser pour préparer la montée à Paris. Il nous a donc semblé nécessaire de retenir la proposition que la manifestation soit nationale.

Nous avons été également saisis du fait que le calendrier du gouvernement a été une nouvelle fois modifié sur l’adoption de la loi

Le 30 avril : présentation d’un projet de loi convoquant pour le 6 juillet un référendum en Corse pour la suppression des deux départements, et « l’institution d’une collectivité unique déconcentrée », Raffarin a ajouté que ce qui se déroule en Corse « paraît vrai pour d’autres régions de France ».

Le 26 mai , le Sénat aura à son ordre du jour un projet de loi « portant décentralisation du revenu minimum d’insertion et créant un revenu minimum d’activité ». Ceci est un aspect de la loi de révision constitutionnelle .

En juin viendra à l’ordre du jour du Sénat le projet de loi organique « relative au référendum et aux expérimentations » ce qui revient à étendre le dispositif corse à l’ensemble du territoire national.

Ces éléments de calendrier indiquent que le gouvernement cherche à faire passer les dispositions de la loi, dans l’urgence, mais de façon plus « éclatée ».

Nous proposons en conséquence, le calendrier de préparation suivant :
12 mai : sortie d’un appel à la manifestation nationale, pour la défense de l’unité de la République, afin d’organiser une campagne de dizaines de milliers de signatures dans tout le pays, de solliciter du soutien financier, de mettre en place ou continuer à organiser les comités de préparation.
Nous proposons de poursuivre les délégations dans toute la France auprès des députés et des sénateurs pour faire valoir nos exigences de défense de la République, contre tous les transferts de compétence , contre la révision constitutionnelle.
21 juin : à Paris, réunion des initiateurs et des représentants des comités de préparation pour discuter ensemble de la campagne, de son élargissement, et des propositions qui pourront être faites pour l’organisation de la manifestation.
Juillet août : Organisation matérielle, poursuite de la collecte du soutien financier, réunions de préparation.
20 septembre : manifestation nationale à Paris.

Nous avons été informés du fait que le 20 juin est convoqué un conseil européen extraordinaire, où sera présenté un projet de « constitution européenne ». Il prévoit de supprimer, à terme, toute souveraineté aux Etats nationaux et à leurs parlements en matière législative. La ratification de cette constitution serait proposée dès fin 2003, début 2004. Nous constatons que se confirme chaque jour le fait que cet éclatement de la République porte la marque de l’Union Européenne.
Comment s’y opposer ? Comment organiser le dialogue avec des militants d’ autres pays européens qui s’opposent à la politique de l’Europe des régions ?
Qu’en pensez vous ?

11.4.03

Communiqué de la Libre pensée nationale

Manifestation du 12 avril

La Fédération Nationale de la Libre Pensée manifestera le 12 avril 2003 aux côtés du collectif français "Pas en notre nom".

Le Collectif " Pas En Notre Nom" appelle à participer à toutes les manifestations de rue prévues en France le 12 Avril . Le collectif appelle à défiler sous les mots d'ordre suivants :
Les peuples sont nos seuls alliés
Halte au massacre du peuple Irakien
Non à l'ingérence
Non à l'occupation de l'Irak, Troupes hors d'Irak

Des milliers de morts sous un déluge de bombes et de feu, c'est à un véritable massacre auquel se livre la coalition américano-britannique intervenant en Irak.
Les horreurs qui se déroulent en Irak en témoignent: cette guerre est une guerre de massacre contre le peuple Irakien, une guerre de destruction de la nation Irakienne qu'ils veulent dépecer pour mieux la spolier de ses richesses naturelles.
Plus 25 000 citoyens ont contresigné le manifeste " Pas En Notre Nom" que notre Collectif fait circuler en relation avec avec nos amis américains luttant contre cette guerre.
Nous sommes plus de 25 000, ici, à avoir dit non à l'ingérence en signant le manifeste "Pas En Notre Nom " qui affirme : " nous croyons que les peuples et les nations ont le droit de déterminer leur propre destin, à l'abri de la coercition militaire exercée par les grandes puissances ".
Nous sommes plus de 25 000 à avoir dit et à continuer à dire que jamais - que ce soit aux USA, en Irak ou dans tout autre pays du monde - nous n'avons assimilé les peuples aux régimes qui les gouvernent.
Toutes les coalitions anti-guerre des USA appellent à manifester le 12 Avril prochain.

Parceque nous avons signé un manifeste qui pose la question : " quel genre de monde sera-t-il créé si le gouvernement des Etats-Unis a carte blanche pour envoyer des commandos, des assassins et des bombes où il le veut ?"
Parceque nous avons signé un manifeste qui dit " nous avons choisi de faire cause commune avec les peuples du monde".
Parceque nous avons signé un manifeste qui dit : " que le monde entende notre promesse : nous résisterons à l'engrenage de la guerre et de la répression, et nous rassemblerons tous ceux qui veulent agir pour l'arrêter. "

31.3.03

Communiqué de la Libre pensée nationale

Pour la défense de l’unité de la République

La Commission Administrative Nationale de la Libre Pensée, réunie à Paris les 29 et 30 mars 2003, renouvelle sa totale opposition à la révision constitutionnelle adoptée par le congrès du Parlement le 17 mars 2003 ; qui porte atteinte fondamentalement à l’unité de la République, issue, de la Grande Révolution de 1789.
En régionalisant, en décentralisant, en ouvrant « le droit à l’expérimentation », en incluant le principe de subsidiarité dans la constitution ; cette révision officialise l’inégalité es droits des citoyens, faisant de nouvelles atteintes à la laïcité institutionnelle de l’Etat.
La CAN de la Fédération Nationale de la Libre Pensée confirme son soutien à l’appel « La République doit rester une et indivisible ». Elle invite tous les libres penseurs à participer aux actions et interventions qui continuent dans les communes et les départements et qui ne manqueront pas de se développer, y compris par des manifestations publiques, pour s’opposer aux votes des lois organiques qui mettront cette révision en application.
Elle invite également toutes les fédérations départementales à assurer le succès du colloque national, à Bordeaux le 24 mai 2003, pour la défense de la République en organisant des délégations les plus importantes possibles.

20.3.03

Communiqué de la Libre pensée nationale

Contre la guerre en Irak !
Pour la paix au Proche-Orient !

La Libre Pensée condamne la guerre que vient de déclencher le gouvernement des Etats-Unis dirigés par Georges.W Busch.
Une nouvelle fois les Etats-Unis entendent imposer leur diktat aux peuples du monde entier, par le fer, le feu, le sang et les bombes.
Il n'y a pas, il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de guerre "propre". La guerre, c'est toujours la barbarie.
La Libre Pensée appelle tous les citoyennes et les citoyens épris de liberté à manifester partout en France ce soir et dans les jours qui viennent. Elle les appellent à se rendre massivement à 18H à Paris, place de la Concorde.
La Libre Pensée manifestera aux côtés du collectif français "Pas en notre nom".

Le Secrétaire général de la Libre Pensée :
Christian Eyschen

3.3.03

Laïcité

Sarkozy assure que la loi de 1905 ne sera pas modifiée

Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur - Photo prise le 18 décembre 2002 REUTERS /Jacky Naegelen PARIS (Reuters) 25 février 2003 - Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il n'y aurait aucune modification de la loi de 1905 et que son immixtion dans l'organisation du culte musulman n'était pas contraire au principe de laïcité.
"La réponse du gouvernement est sans ambiguïté, il n'y aura pas de modification de la loi de 1905", a déclaré le ministre de l'Intérieur lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.
Pierre Bédier, secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la justice, et Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, avaient récemment évoqué une possible modification de la loi de 1905 pour permettre le financement de la construction de mosquées sur fonds publics.
Nicolas Sarkozy a vu dans cette loi, qui "garantit l'exercice du culte sans en privilégier aucun", la justification de ses efforts et de plusieurs de ses prédécesseurs pour tenter d'organiser le culte musulman en France.
"Sa traduction républicaine est donc simple: il n'y a pas de citoyens de seconde zone qui seraient les musulmans et qui n'auraient pas le droit de vivre leur foi comme les autres", a-t-il déclaré.
"Affirmer pour les cinq millions de musulmans français le droit de vivre sa foi de façon républicaine dans un Etat laïc, c'est affirmer le pari de l'intégration", a-t-il ajouté.
Réunis au ministère de l'Intérieur, les membres de la consultation sur l'islam ont trouvé dimanche dernier un accord définitif sur la future instance représentative du culte musulman en France voulue par Nicolas Sarkozy.
Ils ont notamment décidé d'organiser les élections au Conseil français du culte musulman (CFCM) les 6 et 13 avril prochains.
Certains élus se sont étonnés de l'énergie déployée à mettre sur pied une telle instance en se demandant si le gouvernement ne sortait pas de son rôle.
Le ministre de l'Intérieur leur a répondu qu'il s'agissait simplement de "remettre nos compatriotes musulmans à égalité avec nos compatriotes catholiques, protestants ou juifs".
Dans une interview à Libération, Nicolas Sarkozy avait expliqué la semaine dernière que la situation de l'islam en France n'était "pas bonne".
"Une partie de la communauté nationale craint les musulmans et l'islam. Elle s'interroge de façon parfois idéologique sur sa compatibilité avec la République. De l'autre côté, les musulmans se sentent stigmatisés en tant que musulmans par le regard des autres. Or la réalité, c'est que l'islam est là", expliquait-il.