25.1.04

Communiqué de la Libre pensée nationale

Le Docteur Shaikh est libre !

L'Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU) a annoncé aujourd'hui que le Dr Younus Shaikh, emprisonné au Pakistan depuis octobre 2000 sous le coup d'une condamnation à mort pour délit de blasphème, a été acquitté et remis en liberté après un procès en appel et un nouveau jugement.

Dans le cadre d'une campagne internationale conduite par l'IHEU, le Dr Shaikh a été déclaré "prisonnier de conscience" par Amnesty International, et plusieurs milliers de personnes à travers le monde se sont adressées en son nom aux hommes politiques et au gouvernement du Pakistan.

Le procès du Dr Shaikh, qui s'est tenu pendant tout l'été 2001, s'est déroulé dans une salle de tribunal hostile, remplie d'intégristes musulmans. Les deux dernières séances se sont tenues à huis clos avec des Talibans pakistanais paradant en armes aux portes du tribunal. En octobre 2003, la Cour d'Appel a ordonné un nouveau procès au cours duquel le Dr Shaikh a courageusement assuré lui-même sa propre défense, à la suite de menaces perpétrées par des intégristes à l'encontre de ses avocats et de leurs familles.

Prenant la parole à Londres aujourd'hui, le Dr Shaikh a expliqué :

“Le juge a accepté mon argumentation juridique et il a déclaré que les charges qui pesaient contre moi étaient sans fondement. Mes accusateurs, deux Mollahs et quelques étudiants islamistes, avaient menti.” Il a décrit sa mésaventure comme : “le terrorisme islamique au travers de l'usage abusif de la loi et de l'appareil d’Etat.”

L'IHEU condamne l'abus de pouvoir, l'emprisonnement sans fondement et les mauvais traitements infligés à cet homme courageux et innocent contraint de passer plus de trois ans en prison, dont deux années en réclusion criminelle dans le couloir de la mort..

Les lois infâmes sur le blasphème au Pakistan sont largement utilisées pour porter des accusations mensongères aussi bien à l'encontre de musulmans ou de ceux qui font partie des minorités religieuses, comme les chrétiens ou les ahmadis, que contre d'innocents commerçants concurrents ou contre des opposants politiques. Tous ceux qui tombent sous le coup des lois contre le blasphème sont immédiatement emprisonnés sans pouvoir effectivement demander à être libérés sous caution. S'ils sont reconnus coupables, ils encourent obligatoirement la peine de mort. On estime qu'il y a plus de 100 personnes victimes des lois moyenâgeuses du Pakistan, actuellement en prison, soit en attente de jugement, soit déjà condamnées à mort.

A l'échelle internationale, les Humanistes lancent un appel au Président Parvez Musharraf et au parlement Pakistanais pour l'abolition immédiate des ces lois profondément injustes qui entachent gravement la réputation de la nation et du peuple Pakistan.

Pour plus d'informations, vous pouvez appeler :
Roy Brown, Président de l'IHEU, au +41 (0) 79 212 5603
Le Bureau de l'IHEU +44 (0) 207 631 3170
Le Directeur Exécutif de l'IHEU, Babu Gogineni, au +44 (0) 7801 570 150