5.4.05

Communiqué de la Libre pensée nationale - 4 avril 2005

Pour la liberté absolue de conscience
Ni dieu, ni maître !


Le chef d’une Eglise est mort ! Ce monarque, investi d’un pouvoir discrétionnaire, proclamé
infaillible et considéré comme tel, suscite l’adoration idolâtre de ses ouailles, provoque des démonstrations irrationnelles de masse qui, loin de nous déstabiliser, nous incitent au contraire à développer notre action de démystification des dogmes religieux, notre combat pour la promotion de l’instruction publique, du libre examen, du rationalisme expérimental contre toutes les formes d’obscurantismes, contre les charlatanismes et leurs gourous.
Ni plus ni moins réactionnaire et conservateur que ses prédécesseurs ou que son successeur,
adaptant la forme, selon que les circonstances le commandent, mais sans rien changer sur le fond de l’intransigeance dogmatique qui caractérise sa religion (et les autres), rappelant en permanence la doctrine sociale de l’Eglise (et la faisant appliquer), garante de la pérennité des systèmes d’exploitation de l’homme par l’homme, ce chef d’une des puissances les plus totalitaires que l’humanité connaît, a dirigé la politique internationale du catholicisme, en faveur de la mondialisation, de la gouvernance mondiale, contribuant ainsi directement à l’instauration de programmes économiques et sociaux aggravant considérablement la situation des classes ouvrières, des paysans, des peuples. Dans un prochain numéro de «La Raison», nous reviendrons sur cette démarche du Vatican, sur sa signification réelle et ses conséquences.
Les chefs d’Etat décrètent des journées de deuil national, participent es qualités aux cérémonies
catholiques, le gouvernement ordonne la mise en berne du drapeau de la République sur les édifices publics. Quelques responsables politiques élèvent des protestations, justifiées mais mesurées, pour rappeler que la laÏcité implique d’observer une stricte neutralité de l’Etat en matière religieuse.
Certains d’entre eux, ayant voté des lois antilaïques sur les signes et faits religieux à l’Ecole, se
dédouanent ainsi facilement. Le président de la République rappelle les efforts du Vatican pour
«construire l’unité de l’Europe». Perdues dans une déferlante d’hommages, quelques rares et timides voix regrettent le sectarisme papal en matière de morale sexuelle et familiale, laissent entendre que tout le reste est bel et bon. Face à ce constat, à cette overdose rarement égalée, nous n’en sommes que plus fondés à maintenir haut et largement déployé le drapeau de la Libre Pensée, insurgée permanent contre toutes les oppressions matérielles et morales.
C’est pourquoi, d’ici au 29 mai 2005 (et même après !), nous savons ce que nous avons à faire,
pour participer, aux côtés de beaucoup d’autres, au coup d’arrêt, à la défaite de l’Europe vaticane de Karol Wojtila et de ses prédécesseurs.