21.9.09

Colloque sur la bioéthique à Paris

Présentation du colloque qui aura lieu le 10 octobre à la faculté de médecine de Paris, grand amphithéâtre, rue de l'école de médecine, M° Odéon, en présence du professeur Axel Kahn, président de l'Université.

29.8.09

Congrès national des 24/26 août 2009 : RÉSOLUTION LAÏQUE


Le Congrès de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, réuni du 24 au 26 août à Peisey-Nancroix (Savoie) constate que la laïcité institutionnelle est aujourd’hui très gravement bafouée. L’offensive des Eglises pour reconquérir l’État et tenir un rôle de premier plan dans la vie politique et sociale de la République se fait chaque jour de plus en plus vive.

Force est de constater également que le gouvernement de M. Sarkozy, leur ouvre grand les portes, avec un empressement affiché. Après la “laïcité ouverte“ ou “plurielle“ sous les gouvernements antérieurs, la “laïcité positive“ ou "intelligente"constitue une nouvelle étape dans la remise en cause du principe de laïcité. L’offensive cléricale s’intensifie et s’accélère.

Jamais n’ont été appliquées avec autant de zèle et de clarté les consignes de l’Union européenne. Dans la continuité du Traité d'Amsterdam et du projet de Constitution européenne, le Traité de Lisbonne signé en décembre 2007 par les 27 chefs d’État, en cours de ratification, stipule en son article 16-C: «reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Églises». Cet article est en totale contradiction avec la loi de 1905 et en particulier avec son article 2.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée dénonce aussi la Charte européenne des droits fondamentaux intégrée aux traités qui ne garantit que la liberté de religion , celle de changer de religion, mais en aucun cas celle de n'en avoir aucune, alors que près de 40% des européens n'a aucune appartenance ni pratique religieuse.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée constate encore que si la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme en son article 9 est censée garantir “la liberté de conscience, de pensée et de religion”, la jurisprudence constante de la Cour européenne de justice considère que ces notions n'impliquent nullement la laïcité des institutions nationales ni la séparation des Eglises et des Etats. Pour la Cour européenne, ni les religions d'Etat, ni le délit moyenâgeux de blasphème ni les impôts d'Eglise ne sont contraires à l'article 9.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée considère que si toutes les religions cherchent à imposer leurs dogmes et méritent d’être combattues, force est encore de constater qu’aujourd’hui, en France et dans l’Union européenne, le fer de lance de l’offensive cléricale est l’Eglise catholique et qu’elle est celle qui rencontre le plus d’écho auprès des gouvernants.

Cela peut notamment s’expliquer par le fait que, de toutes les religions, l’Eglise catholique est la principale à avoir élaboré, théorisé et diffusé une doctrine sociale, reprise à leur compte par les dirigeants politiques, surtout à la faveur de la crise du capitalisme, au cœur des institutions de l’UE et de ses traités, tous articulés autour du principe théologique de subsidiarité. Ainsi, M.Sarkozy a explicitement salué les bienfaits de la doctrine sociale de l’Eglise catholique, à l’occasion de son discours de bienvenue au pape Benoît XVI en septembre 2008.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée rappelle également que dès son origine, avec la Communauté européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) en 1951, l'Union européenne a été voulue, mise en place, et structurée par des hommes politiques qui manifestaient ouvertement leurs liens avec le christianisme en général et le catholicisme romain en particulier : Robert Schuman, Jean Monnet sont les plus connus d'entre eux. De nombreux hauts fonctionnaires qui œuvrent aujourd’hui à Bruxelles ou à Strasbourg, affichent tout autant leurs croyances, dans l'exercice de leurs fonctions.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée rappelle encore que des relations diplomatiques ont été ouvertes en 1970 entre le Vatican et l’Union européenne et que la COMECE (Commission des Épiscopats de l’Union Européenne) créée en 1980 occupe une place prépondérante parmi les représentations officielles dont disposent les Églises à Bruxelles.

En France, lors de sa visite en septembre 2008, Benoît XVI a appelé à trouver «une voie nouvelle pour une saine collaboration entre l’Eglise et l’Etat».
Quatre mois plus tard cette «saine collaboration» accouchait, le 18 décembre 2008, de l'accord Kouchner-Mamberti. Cet accord diplomatique entre le quai d’Orsay et le Vatican, établit que l’État français reconnaît désormais les diplômes de l’enseignement supérieur catholique. Il a débouché sur le décret 2009-427 du 16 avril 2009, contre lequel la Fédération Nationale de la Libre Pensée a déposé un recours dès le 4 mai, visant à obtenir son annulation.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée condamne cette remise en cause du monopole public de la collation des grades, découlant des directives de l’Union Européenne, via le processus de Bologne.

Le Congrès se félicite que la Fédération Nationale de la Libre Pensée ait été parmi les premiers à alerter l’opinion publique, à avoir déposé un recours au Conseil d’État contre ce décret et à avoir mobilisé contre cette nouvelle atteinte à la laïcité.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée condamne également le projet de loi «Carle» qui renforce la fuite des fonds publics vers l’enseignement privé à 95% catholique -dans le droit fil de l’article 89 de la loi d’août 2004- et impose des dépenses exorbitantes aux communes pour financer la scolarité des élèves des établissements privés sous contrat du 1er degré situés hors de leurs limites territoriales.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée dénonce l’entreprise de destruction de l’École de la République actuellement en cours. Alors que l’on assiste à un véritable racket financier au profit de l’école privée, des milliers de postes d’enseignants sont supprimés, les fermetures de classes et d’établissements se multiplient dans l’école publique.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée alerte les laïques sur l'expérimentation en cours des "jardins d'éveil". Alors que l'école maternelle est publique, laïque et gratuite, il s'agit de transférer à terme la responsabilité de l'accueil des enfants de 2 à 6 ans aux collectivités locales et de favoriser la mise en place de structures d'accueil concurrentielles privées et payantes.
La Fédération Nationale de la Libre Pensée constate que les responsables de l'enseignement confessionnel ont immédiatement marqué leur intérêt pour les jardins d'éveil.
Elle appelle tous les laïques et en particulier les élus républicains à refuser cette expérimentation.

Dans ce contexte, le congrès tient à réaffirmer haut et fort et solennellement sa revendication : « Fonds publics à l’Ecole publique-Fonds privés à l’Ecole privée».

La Fédération Nationale de la Libre Pensée s’élève contre le fait qu'un grand nombre de lycées privés soient centres d’examen pour les diplômes d'Etat, phénomène qui s'est généralisé cette année.. Cette décision s'appuie notamment sur le titre VI article 30 de la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, dite loi Jospin qui stipule : 'Les dispositions de la présente loi qui sont relatives à l’enseignement sont applicables aux établissements d’enseignement privés sous contrat dans le respect des dispositions de la loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959 (loi Debré) sur les rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privés (...) et dont la Libre Pensée a toujours réclamé l'abrogation.

La Libre Pensée rappelle que les établissements privés confessionnels (catholiques pour l'essentiel) ne sont pas des services publics d'Etat.
La liberté de conscience des professeurs doit être respectée ainsi que leur statut de fonctionnaire d'Etat.
La Fédération Nationale de la Libre Pensée ne peut accepter que les élèves passent les épreuves des diplômes nationaux de l'Etat républicain, avec un crucifix au dessus de leur tête ou qu’un employé de l’évêché, du diocèse, soit le maître à bord lors des examens et donne des ordres aux enseignants fonctionnaires.

La Libre Pensée soutiendra tous les enseignants qui veulent assurer leur mission de fonctionnaire d'Etat dans les seuls établissements publics laïques et les élèves qui n'acceptent pas cette attaque contre leur liberté de conscience.
Elle propose que la Fédération nationale s'adresse dès la rentrée au ministère, aux organisations se réclamant de la laïcité, pour que ces entorses aux principes républicains et au monopole de la collation des grades cessent.

Pour que la laïcité soit restaurée dans toute la République, le congrès exige le respect absolu de la loi de 1905, qui suppose :
-l’abrogation de toutes les lois anti-laïques (Debré, Guermeur, Le Pors-Deferre, Rocard, Chevènement, Jospin, Lang-Cloupet, Censi)
-l’abrogation de la loi Pétain du 25 décembre 1942 qui prévoit que « ne sont pas considérées comme subventions les sommes allouées aux édifices affectés au culte public, qu’ils soient ou non classés monuments historiques.»
- l’abrogation du décret 2009-427 sur la reconnaissance des diplômes catholiques.
- l'abrogation de l'article 89 de la loi du13 août 2004
- le retrait du projet de loi Carle
-l’abrogation du statut concordataire d’Alsace Moselle
-l’abrogation des concordats d’Outre-mer et des décrets Mandel..
-l’abrogation de la loi LRU-Pécresse (Loi no 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités) qui organise la privatisation de l’enseignement supérieur.
-le retrait des décrets Darcos sur la formation des enseignants, plus spécifiquement toutes les dispositions visant à détruire le statut de la Fonction publique.
-le retrait du projet de décret transformant les écoles primaires en Établissements Publics d’Enseignement primaire (EPEP) placés sous la tutelle pédagogique, administrative et financière des collectivités locales, ce qui équivaut à dénationaliser et délaïciser l’enseignement du premier degré.

Toute intrusion dans l’École publique de groupes de pression, qu’ils soient financiers, économiques, religieux, caritatifs, pour quelque motif que ce soit, y compris sous couvert de projets pédagogiques, doit cesser !

La Fédération Nationale de la Libre Pensée réitère sa condamnation de l'accord Hernu-Savary (armée-école).

Elle s'élève également contre l’éducation religieuse à l’école publique au travers de «l’enseignement du fait religieux », désormais introduit dans les programmes scolaires.
Elle dénonce la présence de la hiérarchie catholique dans la commission nationale des programmes.

Par delà l’école, les atteintes à la laïcité se multiplient dans tous les domaines de la vie publique.

La suppression des services hospitaliers, des hôpitaux dits de proximité, a pour conséquence la privatisation de la santé, et de ce fait un recul du service de santé public et laïque.

Les associations caritatives prennent la place des services publics conformément aux directives de l’Union européenne, ouvrant ainsi la voie au communautarisme et au prosélytisme, remettant en cause l'égalité en droit de tous sur tout le territoire, un des fondements de la République.

La Libre Pensée rappelle que, chaque année, ce sont 10 milliards d’euros de fonds publics qui sont détournés de leurs missions républicaines pour financer l’Eglise catholique et ses œuvres, soit l'équivalent de 20% de l’impôt sur le revenu.

La Libre Pensée réaffirme son opposition à la création de carrés confessionnels dans les cimetières, qui avec ses nouvelles dispositions sur les cendres reconstitue de fait les cimetières religieux.
Elle conforte la décision du congrès de 2007 de développer la campagne pour obtenir partout la mise à disposition de salles municipales neutres pour les familles qui souhaitent organiser des cérémonies ou rassemblements lors d'obsèques civiles.
Elle demande l’abrogation de la loi du 19 décembre 2008 sur les obsèques, qui fait des lieux de culte des dépositaires légaux des urnes cinéraires.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée condamne la récupération honteuse de catastrophes par les
autorités et les Églises, comme lors du crash d’un A330 d'Air France et de celui d'Air Yémen. L’hommage de la Nation aux victimes doit être laïque. C’est le seul moyen de respecter tous les défunts croyants et non croyants et de maintenir les religions dans la sphère privée, dans le respect de la liberté de conscience.

Après de telles dérives, après les visites de Benoît XVI et du Dalaï Lama, le Congrès tient à réaffirmer solennellement son exigence que tous les élus et représentants de la République respectent une totale neutralité à l’égard des cultes dans l’exercice de leur mandat, neutralité à laquelle ils sont tenus en vertu de l’article 2 de la loi de 1905 qui stipule que la République ne reconnaît aucun culte.

L’offensive cléricale appelle une contre-offensive. Ceux qui nous rejoignent sont inquiets des menaces qui pèsent sur la laïcité et cherchent comment y faire obstacle. La Fédération Nationale de la Libre Pensée appelle les fédérations et groupes à tout mettre en œuvre pour poursuivre et développer cette mobilisation, notamment en multipliant leurs interventions publiques et recours en justice contre les violations de la loi de 1905.

Adoptée à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - Résolution de la commission Adhésion Formation Jeunesse

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - Résolution de la commission Adhésion Formation Jeunesse


Lors des Congrès précédents, la commission Adhésion Formation Jeunesse avait décidé de mettre en place un lien régulier entre les fédérations et un coordinateur national de la commission. Nous poursuivons cet objectif.

Nous considérons la jeunesse comme un passage de la vie et non comme une catégorie à part. Les jeunes ont toute leur place parmi les libres penseurs. Il n'est pas question de créer des groupes spécifiques pour les jeunes mais au contraire de faciliter leur intégration dans la Libre Pensée. Pour se développer, la Libre Pensée doit apparaître publiquement auprès de l'ensemble de la population. Néanmoins une propagande libre-penseuse auprès de la jeunesse est nécessaire. Lors des manifestations étudiantes, devant les facultés et les lycées, entre autres, nous pouvons faire connaître nos activités et nos idées.

La Libre Pensée n'a pas vocation à diriger les luttes de la jeunesse, mais elle peut lui apporter des outils de réflexion dont elle pourra se servir dans ses combats. Héritière des Lumières et de la Révolution, la Libre Pensée est une organisation du mouvement ouvrier et républicain : elle est anticléricale, antireligieuse, antimilitariste et anticapitaliste. Un jeune qui fait connaissance avec la Libre Pensée peut y trouver un écho à ses préoccupations et s'organiser.

La jeunesse est la cible d'un matraquage clérical, de surcroît dans un contexte de crise. Pour sauver l'ordre social établi, les Eglises de tous poils lui vendent la charité et la résignation. La Libre Pensée propose une autre voie à la jeunesse rebelle : la solidarité et la contestation.


La commission propose :
- L'échange des ressources des fédérations et groupes telles que tracts, fanzines, textes de conférences, affiches, autocollants, idées, activités, etc. Un effort particulier de propagande par l'image est préconisé. Pour cela un coordinateur est désigné : Fabien Olivier (lutopien@gmail.com), auquel les fédérations pourront s'adresser. Cette coordination pourra se faire à travers un site internet.
- La publication d'un article régulier dans La Raison sur des sujets qui concernent plus particulièrement la jeunesse.
- L'organisation pour le 11 novembre 2009 d'une projection du film « Blanche Maupas » accompagnée d'une conférence-débat, en région parisienne.
- L'organisation le 11 novembre 2010 du festival de cinéma antimilitariste initialement prévu un an plus tôt.

Soucieuse des difficultés financières de certains adhérents et pour permettre l'adhésion de nouveaux camarades, la commission rappelle qu'il existe une cotisation « jeunes » fixée à 16 euros à l'année.



Adoptée à l'unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N° 11 : À propos des vêtements religieux dans la vie privée

À l’occasion de son congrès national réuni en Savoie du 24 au 26 août 2009, la Fédération nationale de la Libre Pensée tient à rappeler ses positions de principe quant à la laïcité institutionnelle, et au respect des libertés démocratiques fondamentales qui garantissent le respect de la vie privée des citoyennes et citoyens de ce pays.

Une campagne médiatique d’importance a débuté à la fin du mois de juin, à partir de l’initiative d’un député du PCF, rejoint par une majorité de députés de droite, pour stigmatiser le port de la burqa et du niqab en dehors de l’École publique, de l’Administration et des autres services publics. Cette démarche a été entendue et amplifiée par le Président de la République dans son discours devant le Congrès à Versailles.

Rappelons que Nicolas Sarkozy ne nous avait pas habitués à se parer des vertus de la défense de la laïcité. Bien au contraire, puisqu’il insiste depuis des années sur la « nécessaire place » des religions dans la société et la vie publique. Une mission d’information parlementaire devrait remettre un rapport sur cette question.

Qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité n’est pas une philosophie ni un art de vivre, c’est un mode d’organisation politique des institutions. Elle vise, par la séparation des Églises et de l’État (loi de 1905), à distinguer institutionnellement le domaine de l’Administration et des services publics du domaine privé de la vie des citoyens.

La laïcité, comme principe politique d’organisation, s’applique aux institutions et non aux individus. C’est cette claire distinction, mise en œuvre par la loi sur la liberté d’association du 1er juillet 1901, et par la Loi du 9 décembre 1905 qui garantit la non-ingérence des conceptions métaphysiques dans le domaine public pour mieux garantir la liberté d’opinion et de comportement dans le domaine privé.

Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieux à l’École publique et pour les agents du service public. C’est ce qu’ont fait la loi Goblet de 1886, la Loi de 1905 et les circulaires Jean Zay de 1936 et 1937. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui.

On ne combat pas un totalitarisme en le remplaçant par un autre

Il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l'oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ?
Rappelons que ce sont toujours les dictatures qui ont voulu imposer un mode de vie et des modes vestimentaires. En 1872, le tsar Alexandre II a interdit, en Pologne, alors sous occupation russe, le port des papillotes et des longs manteaux (costume traditionnel) pour les juifs. Le Code civil de Napoléon Ier interdisait le port du pantalon pour les femmes. De 1967 à 1974, la Grèce des colonels a interdit les cheveux longs et la minijupe. L’Histoire regorge de ces tentatives totalitaires de vouloir régenter la vie des gens.

« Lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause ignoble, on peut le regretter, on doit le combattre, mais on peut le comprendre – intellectuellement –, car on est dans un système cohérent où les causes et les effets, les objectifs et les moyens, correspondent comme dans un puzzle parfaitement ajusté. Mais lorsque le fanatisme est mis au service d’une cause, la plus noble soit-elle, il dégrade et disqualifie ipso facto cette cause dont il prétend servir la promotion. Pourquoi ? Parce que l’être humain est un être complexe, capable de massacrer ses contemporains au nom de l’amour, de les enchaîner au nom de la liberté, de les rendre fous au nom de la raison et, en somme, de faire régner la terreur au nom de la vertu » (Alain Graesel, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France).

La burqa, la soutane, le caftan, sont des tenues imposées pour uniformiser la vie de ceux qui les portent, et « tout uniforme est une livrée » (Ferdinand Buisson). Pourquoi, dès lors, distinguer entre les oppressions vestimentaires ? Pourquoi interdire l’une et autoriser les autres ?

Défendre les libertés démocratiques

« La liberté, c’est toujours défendre la liberté de celui qui pense autrement » (Rosa Luxembourg). On va commencer par interdire tel vêtement, et demain où cela s’arrêtera-t-il ? Il fut une époque où il était interdit de s’embrasser dans la rue. Va-t-on nous faire tous marcher au pas de l’oie ?

Nous sommes dans une société qui ferait apparaître le régime de Big Brother dans « 1984 » d’Orwell pour un jardin d’enfants. Nous sommes fichés, surveillés, contrôlés, inspectés, fouillés en permanence. Par les systèmes informatiques, les possesseurs de la puissance électronique et du pouvoir politique peuvent tout savoir sur nous. Il y avait, sans doute, moins de risque, pour la confidentialité de ses opinions, à écouter Radio-Londres en 1942 qu’à surfer aujourd’hui sur Internet.

Et l’on va nous dire ce qui est autorisé ou pas comme vêtements ? Insidieusement, par cette campagne médiatique, certains forgent un ordre moral qui n’ose pas dire son nom. On entre de plain-pied dans le politiquement correct et la pensée unique. On cherche à formater la société.

Après le délit de sale gueule, va-t-on avoir le délit de sale vêtement ?

C’est une conception néo-totalitaire. Rappelons qu’en 1905 ce type de débat a déjà eu lieu : fallait-il une Loi de Séparation des Églises et de l’État, ou une loi de destruction des religions ? Le débat politique était clairement posé : État laïque ou État athée ? La Libre Pensée s’est retrouvée très majoritairement, avec Jean Jaurès, dans la proposition d’Aristide Briand pour une séparation : « Une loi n’a jamais pu, heureusement, réussir à réduire, ni les individus, ni les groupements d’individus, encore moins leur pensée, à l’impuissance. Une telle loi qui se proposerait un tel but ne pourrait être qu’une loi de persécution et de tyrannie. »

Fidèle à cette tradition démocratique, la Fédération nationale de la Libre Pensée examinera les conclusions de la mission parlementaire d’information et, à partir des principes ci-dessus énoncés, formulera alors ses conclusions publiquement.


Adopté à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N°10 : Pour l’égalité des droits

Fidèle à sa tradition la Fédération Nationale de la Libre Pensée se prononce résolument pour la pleine égalité des droits des femmes et des hommes. Elle refuse toutes les oppressions religieuses, sociales, économiques, politiques et culturelles.

La Libre Pensée considère toutes les discriminations, quelque dénomination qu’elles portent, comme profondément contraires à la démocratie, à la République et à la laïcité. La discrimination est, par essence, contraire à l’égalité et par suite à l’émancipation humaine.

Au nom de la défense des principes des Droits de l'Homme et du Citoyen (qui sont ceux de tous les hommes, quelles que soient leur sexe, leur couleur de peau ou leurs origines ethniques), elle condamne toute forme d'oppression par les dogmes, les traditions religieuses et les superstitions, d’asservissement politique, de discrimination sociale ou de conditionnement vestimentaire.

Elle insiste, de nouveau, sur l'indispensable effort d'éducation que la République doit mettre en œuvre, à l'Ecole publique en particulier, pour une société républicaine, fraternelle et laïque, débarrassée de préjugés, base même de l'harmonie entre des citoyens égaux.

Seule, la pleine, complète et véritable égalité des droits entre tous, peut conduire à une réelle émancipation humaine.




Adoptée à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès National – 24/26 août 2009 - N° 9 - Développement de la Libre Pensée

Même quand l’oiseau marche, on voit qu’il a des ailes.

Pour toutes ces dernières années, le constat peut être fait – et souligné par les congressistes – que l’audience et l’influence de la Libre Pensée française, à travers l’activité de ses groupes, de ses fédérations départementales, de la Fédération Nationale, ont largement progressé. Elle apparaît clairement aujourd’hui, pour tous les observateurs de bonne foi, comme l’élément moteur de la défense de la Loi de 1905 et, en France comme à l’international, de la promotion de la laïcité et de la séparation des Églises et de l’État. Son action pour la réhabilitation des « Fusillés pour l’exemple » de la Grande Guerre, même si son aboutissement n’est pas encore survenu, suscite un très large écho, y compris auprès des pouvoirs publics. Sur le plan international, son objectif – son ambition – de recréer, dans le cadre de l’IHEU, une véritable Internationale des Libres Penseurs, est en bonne voie : la création et la vitalité du CILALP en sont un signe indiscutable, et il n’est plus du tout utopique d’imaginer que cette renaissance se produira à l’occasion du prochain congrès de l’IHEU, en 2011.

L’année dernière aussi, en toute logique, la Fédération Nationale a vu croître ses effectifs. Si toutes les fédérations n’ont pas un développement égal, le total, lui, augmente régulièrement, ce qui s’explique évidemment non seulement par l’action de la Fédération Nationale, mais aussi par le bon relais qui en est fait localement, et bien sûr par le développement des actions propres aux groupes et aux fédérations départementales.

Le Congrès estime cependant qu’il ne peut pas se satisfaire pleinement de ce résultat positif. La croissance de nos effectifs reste un objectif majeur : il s’agit de l’image de la Libre Pensée, et de sa capacité d’entraîner le plus grand nombre des citoyens républicains à soutenir nos objectifs. S’il y a certainement beaucoup de libres penseurs qui n’adhèrent pas à notre association, il faut bien reconnaître que la plupart ne connaissent pas notre association, même pas de nom. L'adhésion à la Libre Pensée, l'approbation de ses principes et l'accord avec les actions qui en découlent conduisent naturellement chaque adhérent à œuvrer pour faire partager autour de lui ses convictions réfléchies. Toute augmentation de leur nombre emportera ipso facto une reconnaissance et une audience accrue.

La Libre Pensée ne manque pas d’adversaires, en France et dans le monde. En France, chacun connaît la situation, notamment les propos tenus publiquement par le Président de la République, et la pénétration croissante des religions dans la sphère publique, avec souvent l’appui ou la complicité d’élus de tous bords. Dans l’Union européenne, la quasi-totalité des États n’est pas laïque et ne pratique pas la séparation des Églises et de l’État ; l’exécutif de l’Union est soumis – avec son consentement ? – à un lobbying forcené des représentants des religions, notamment du Vatican, et cela peut conduire demain, si le « mini » traité de Lisbonne entrait en vigueur, à ce que nous nous heurtions à des « partenaires religieux » de nos gouvernants, devenus alors incontournables.

Le caractère public de nos effectifs est un argument de poids pour appuyer la nécessité d’une croissance soutenue. Il ne peut échapper à personne qu’une stagnation, ou pire, une régression, feraient beaucoup d’heureux... et susciteraient de nombreuses actions de grâce.

En outre, mais cela n’échappe pas au Congrès, une progression des adhérents amène automatiquement une progression des recettes. Ce sont donc des moyens supplémentaires qui seraient donnés à notre organisation, à tous les niveaux, qui ne peuvent que produire une spirale positive de nos actions, de nos publications et, en fin de compte, de notre représentativité et de notre influence. De plus, les congrès de la Fédération Nationale de la Libre Pensée se tiennent chaque année, ce qui est un témoignage de notre démocratie interne, et un gage pour la soutenir. Cependant, c’est une charge considérable pour nos structures, et souvent pour certains congressistes. Plus de moyens financiers permettrait sans doute, par des aides à tous les échelons, de favoriser la présence aux congrès de participants plus nombreux.

C’est pourquoi le Congrès demande à chaque Fédération, mais aussi à chaque adhérent, de mettre le recrutement de nouveaux membres au cœur de ses préoccupations quotidiennes, et de réfléchir aux meilleurs moyens à mettre concrètement en œuvre.

En outre, le Congrès mandate la Fédération Nationale, la Commission Administrative Nationale et le Bureau Exécutif pour recenser les difficultés que rencontrent les fédérations départementales, afin de pouvoir éventuellement leur apporter aide et conseil en connaissance de cause. Persuadé que chacune et chacun auront à cœur de participer activement à ce travail constructif, le Congrès se déclare assuré d’en constater le résultat positif dès l’année prochaine, lors de sa prochaine session.
Adopté à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N° 8 : Centième anniversaire de l'assassinat de Francisco Ferrer

Le 13 octobre 1909, Francisco Ferrer y Guardia tombait sous les balles de ses assassins monarchistes et cléricaux au fort de Montjuich, sur les hauteurs de Barcelone.

En France, comme dans de nombreux pays d’Europe, des dizaines de milliers de manifestants ont déferlé dans les rues pour protester contre l’exécution, à l’issue d’un procès inique, d’un militant de l’éducation populaire, de la lutte contre le cléricalisme, du combat pour la République, pour l’émancipation sociale et pour la paix.

En France et en Belgique, Ferrer était aussi un porte-parole de l’internationalisme et de la Libre Pensée, à laquelle il avait adhéré en 1890.

Ces manifestations de 1909 à Paris (plusieurs cortèges, dont le plus important, le 17 octobre, réunit 60 000 personnes), Bruxelles, Anvers, New York, Lisbonne, Saint-Petersbourg, Rome, Turin, Genève... marquent les esprits. En Argentine (20 000 manifestants), quatre jours de grève générale s’ensuivent, et un arrêt de travail d’une journée est organisé à Montevideo (Uruguay). Les protestations appelées par les syndicats, les partis socialistes et républicains, les organisations anarchistes, et soutenues par les loges maçonniques, débordent en province, où de nombreuses municipalités donnent à une rue ou à une place de leur ville le nom de Francisco Ferrer.

En 1959, en France, les manifestations du cinquantième anniversaire, auxquelles la Libre Pensée prend une large part, mais aussi la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’Enseignement et, souvent, le Grand Orient de France, sont une occasion de réagir au coup d’État permanent de la Constitution de 1958 et à la guerre d’Algérie.

Dès son congrès de Clermont-Ferrand, en 2007, la Fédération Nationale de la Libre Pensée a, dans une résolution, posé les jalons pour permettre de construire les initiatives qui permettent de donner force et vigueur au centième anniversaire. En particulier en demandant aux municipalités d’honorer Ferrer dans leur toponymie (rue, place, école). De nombreuses municipalités ont prévu des initiatives, ainsi la Ville de Paris a prévu de faire sceller une plaque commémorative.

Les fédérations de la Libre Pensée ne sont pas en reste et cherchent à regrouper les mêmes partenaires qu’en 1909 et 1959. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu ou sont programmées (Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Vendée, Gironde...).

Internationaliste, la FNLP participera aux manifestations prévues à Barcelone, Bruxelles et Genève par les organisations des pays concernés.

À Paris, le 28 novembre, elle organisera une journée Francisco Ferrer à laquelle participeront la Ligue de l’Enseignement, le Comité d’Action Laïque de Belgique, l’organisation espagnole Europa Laïca et l’Union des Athées et Libres Penseurs d’Espagne.

La FNLP place donc sa participation aux initiatives sous l’égide de l’IHEU (International Humanist and Ethical Union), dans le cadre du combat qui fut celui de Ferrer :

- pour la défense du droit à l’instruction qui émancipe, contre la destruction de l’École et de l’Université, contre la reconnaissance du Vatican comme puissance « universitaire » ;
- pour la défense de la République, contre l’inégalité des droits et le retour aux provinces (rapport Balladur, loi hospitalière, privatisation de la Poste, loi Pécresse) ;
- pour la lutte contre le cléricalisme en France et la lutte pour la séparation des Églises et de l’État dans tous les pays et la protection de la liberté absolue de conscience ;
- pour la lutte pour l’émancipation sociale dont l’Église catholique, complice de la monarchie espagnole, est toujours l’adversaire acharnée (encyclique Caritas in Veritate).


Adopté à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N°7 : Pour la réhabilitation complète et totale des Fusillés pour l’exemple

Le congrès national de la Libre Pensée 2009, réuni à Peisey-Nancroix du 24 au 26 août 2009, enregistre les progrès incontestables qu’a connus depuis une dizaine d’années la cause de la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914-18. Depuis au moins deux décennies que la Libre Pensée s’est mobilisée au service de cette juste cause, des pas en avant considérables ont été opérés, essentiellement dans trois directions.

Tout d’abord il faut saluer l’unité de vues qui s’est réalisée entre diverses organisations. Au premier rang de celles-ci on citera l’ARAC et la LDH qui ont été, historiquement, les premières à avoir assumé, en pleine première guerre mondiale finissante, la redoutable tâche qui consistait à constituer, à la demande des familles, les dossiers pour obtenir la réhabilitation de tel ou tel fusillé pour l’exemple.

Les résultats n’ont pas été négligeables, puisque des jugements en ce sens ont été prononcés et qu’une Cour spéciale de justice militaire a même fini par être créée (six ans, de 1928 à 1934, entre le dépôt de la première proposition de loi et les décrets d’application), pour traiter des dossiers en réhabilitation. Malheureusement, la durée de vie de cette Cour spéciale fut courte (elle siégea de 1934 à 1935) et, quand elle cessa de fonctionner, les causes de réhabilitation, en suspens non traitées ou rejetées par elle, pouvaient être considérées comme définitivement perdues.

Or, l’écrasante majorité des réhabilitations n’avaient pas été effectuées.

C’est dire que l’ARAC et la LDH avaient un contentieux historique avec la justice sur ce sujet et se sont positionnées, pour ainsi dire naturellement, dès que la question de l’action commune fut posée, aux côtés de la Libre Pensée. D’entrée de jeu, l’Union pacifiste a également fait partie de cette convergence.

Et c’est ainsi que quatre organisations ont réalisé en commun des démarches au plus haut niveau pour obtenir satisfaction sur un but qui désormais les rassemblait toutes : obtenir du président de la République – puisque c’est lui qui en a le pouvoir – la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple, globalement et sans discrimination d’aucune sorte.

Les quatre organisations réunies ont été reçues à ce sujet par le chef d’état-major de l’Elysée et, au sortir de l’entrevue, la réhabilitation collective, par le chef de l’État, des fusillés pour l’exemple, semblait du domaine d’un possible proche.

Le 17 Mai 2008, à Craonne, sur la pente du plateau de Californie, qui fut fatale à des dizaines de milliers de poilus – dans les conditions atroces désormais connues du grand public grâce au travail d’historiens soucieux de vérité – un puissant rassemblement avait lieu, scellant de façon visible et populaire le pacte des « réhabilitationnistes » du vingt et unième siècle, fidèles à la mémoire de leurs aînés, victimes, il y a presque un siècle, du plus terrible des arbitraires, l’un des plus inoubliables.

Forts de ces premiers succès, les libres penseurs réunis en congrès à Roanne-Chervé, en juillet 2008, décidaient de faire du rassemblement de Gentioux, le 11 novembre suivant, un autre moment fort de cette mobilisation, à laquelle avait aussi décidé de participer le Mouvement de la Paix, ce qui portait à cinq le nombre d’organisations engagées dans cette action nationale.

À l’issue du rassemblement historique de Gentioux le 11 novembre 2008, la Libre Pensée prenait l’initiative de faire signer, sur l’exigence de réhabilitation, une lettre ouverte au Président de la République, Nicolas Sarkozy. De très nombreuses citoyennes, de très nombreux citoyens, des élu(e)s à tous les niveaux, ont contresigné cette lettre au chef de l’État, manifestant ainsi l’attachement de la population et de ses représentants à ce que justice soit rendue.

Il est d’ailleurs notoire que la seconde direction dans laquelle des progrès sont sensibles a été celle des Conseils généraux. C’est ainsi, à notre connaissance, que quatre Conseils généraux ont, en l’espace d’un an, pris position en faveur d’une mesure centrale concernant la mémoire des fusillés pour l’exemple : c’est le cas de l’Aisne, de l’Allier de la Corrèze et de l'Oise. Il est désormais indiscutable qu’une mesure de réhabilitation des fusillés pour l’exemple de 14-18, non seulement rencontre l’assentiment des assemblées départementales élues, mais correspond aussi à l’un de leurs vœux les plus chers.

Quant à la troisième direction dans laquelle des pas en avant ont été faits, c’est, même s’il reste du chemin à faire, du côté des autorités qu’on peut la situer. Par deux fois, et dans le cadre d’une indiscutable gradation, le chef de l’État, une première fois en 2007 au Mont Valérien et une seconde fois à Douaumont en 2008, après avoir prononcé des paroles d’hommage à tous les poilus, quels qu’ils soient, a laissé entendre que la réhabilitation était imminente.

Les cinq organisations étaient en droit d’attendre la parole définitive, qui conclurait logiquement cet engagement et proclamerait enfin la réhabilitation des fusillés pour l’exemple. Cette parole n’a pas encore été prononcée. Quoi qu’il en soit, pour sa part, la Libre Pensée n’aura de cesse d’obtenir que la réhabilitation soit terminée.

Avec les quatre autres organisations qui combattent avec elle sur cet objectif, elle continuera à demander que le mot RÉHABILITATION soit enfin prononcé de façon franche et sans ambiguïté, et qu’ainsi tous les fusillés pour l’exemple de 14-18 réintègrent sans réserve la mémoire collective, à égalité avec les autres victimes de la terrifiante boucherie humaine qui ensanglanta le monde au début du vingtième siècle.

A cet égard, ce qui a été fait au Royaume-Uni pour la réhabilitation des 306 Fusillés britanniques pour l’exemple doit être accompli en France.

C’est pourquoi, le congrès de la Libre Pensée appelle ses fédérations, TOUTES ses fédérations sans exception, à œuvrer dans l’unité avec l’ARAC, la LDH, l’UP, le MDP, à la réalisation de rassemblements significatifs, à l’occasion du 11 novembre 2009, autour d’un monument aux morts pacifiste quand il en existe un ou, à tout le moins, autour d’un monument ou dans un lieu symbolique, comme il y en a dans chaque département.

Le congrès national invite les fédérations à intensifier la signature de la lettre au Président de la République.

La Libre Pensée demande qu’à cette occasion, un cri unanime monte solennellement vers les autorités de ce pays, exigeant que la réhabilitation promise devienne réalité.

LA RÉHABILITATION DES FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE DOIT ÊTRE TERMINÉE !


Adopté à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N° 6 : Pour une légalisation de l’aide active à mourir

La Libre Pensée revendique une légalisation de l’aide active à mourir (euthanasie active volontaire). La Libre Pensée considère que la revendication de la dépénalisation de l’euthanasie ne va pas assez loin (dépénaliser n’est pas légaliser), car une liberté ne peut exister qu’encadrée par un droit – afin qu’elle s’applique – et non par une déréglementation qui est la porte ouverte aux dérives.

Redéfinissons tout d’abord les cas précis pour lesquels la Libre Pensée revendique la légalisation de l’aide active à mourir. Ils sont au nombre de trois : - maladies incurables au stade terminal; - vieillesse et sa déchéance; - handicapés profonds qui ne supportent plus leur handicape.

En 2000, le Comité Consultatif d’éthique avait donné son accord pour une exception d’euthanasie qui incluait trois situations précises, stade terminal d’une maladie incurable, vieillesse et son cortège de déchéance (mais aussi toute forme de déchéance même liée à une sénescence précoce), handicapé profond pour qui ne supporte plus son handicap, auxquelles il rajoutait l’enfant poly- mal formé à la naissance. Il faut étudier cette dernière situation avec beaucoup d’intérêt et beaucoup de prudence ; elle mérite discussion, mais elle ne peut en aucun cas intervenir dans ce débat sur la revendication d’une euthanasie active volontaire (ou bonne mort) puisqu’il ne s’agit plus d’euthanasie mais d’eugénisme (ou bonne naissance), qui ne contient pas du tout les mêmes sous-entendus historiques.

La loi Léonetti, si elle est une avancée pour certains, est la manifestation même de toute l’ambiguïté et de toute l’hypocrisie qui consiste à ne pas vouloir ouvrir le vrai débat sur l’euthanasie. D’autre part, si elle est une solution dans un certain nombre de cas de fin de vie, elle peut être dans d’autres une loi qui autorise une violence et une barbarie qui ne sont pas acceptables dans une société dite civilisée. Laisser mourir, débrancher un malade qui, s’il est jeune, mettra des jours ou des semaines à mourir, n’est pas tolérable. Il faut que le médecin qui débranche un patient puisse, si cela est nécessaire, aider son patient de manière active, comme l’a fait le docteur CHAUSSOY dans le cas de Vincent HIMBERT.

Par cette revendication pour une aide active à mourir dans les conditions précitées, la Libre Pensée affirme simplement, comme elle l’avait fait dans d’autres débats, et principalement dans celui de l’IVG, le droit à exprimer deux valeurs qui lui sont chères : le respect de la liberté de conscience et l’affirmation du droit pour tout individu à disposer de son corps. Elle s’oppose par là à la vision religieuse, selon laquelle l’homme ne s’appartient pas et ne peut donc pas revendiquer une aide active à mourir.

L’euthanasie pour soi, ce n’est pas choisir entre la mort et la vie, c’est choisir entre la mort et « sa » mort

Cette conception épicurienne ne confond pas vie sociale et vie biologique, elle est capable de respecter un individu qui considère que sa vie symbolique est différente de sa vie biologique et que sa mort commence quand sa vie symbolique ou existentielle s’arrête, c’est à dire, quand il perd une vie sociale dont il est le seul à pouvoir déterminer quand elle cesse. C’est à partir de cette reconnaissance de la conception personnelle d’un individu de sa mort symbolique, en opposition avec sa mort biologique, que l’on pourra ouvrir le débat sur l’aide active à mourir pour un sujet déterminé. Les lois existantes dans d'autres pays sont, à ce titre, suffisamment précises pour être l’exemple sur lequel la France pourrait se fonder pour créer une loi qui respecterait la liberté de conscience et le droit à disposer de son corps.

En revanche, rappelons que si la Libre Pensée demande une loi en faveur de l’aide à mourir, pour les patients qui le demandent, c’est pour préciser qu’elle exclut bien entendu toute autre forme d’euthanasie, à commencer par l’euthanasie économique. La Libre Pensée est avant tout sociale et son rôle est de dénoncer les restrictions budgétaires en matière de santé publique, source d’une discrimination dans les soins et source par là même d’un risque de mortalité accrue chez les personnes âgées ou fragiles. L’engorgement dramatique des hôpitaux, des urgences, peut faire craindre que nous aboutissions à un tri de malades, inacceptable et en contradiction avec la Constitution française sur le droit aux soins pour tous. D’autre part, les soins palliatifs ne doivent pas devenir un prétexte commode pour ne plus développer les soins curatifs.

En un mot, la Libre Pensée demande le respect absolu de la liberté de conscience, et celui du droit de tout individu à disposer de son corps. Il s’agit d’une démarche strictement personnelle et si la Libre Pensée se bat pour faire reconnaître ce droit par une loi adaptée, elle s’opposera à toute forme de contrainte et défendra par tous les moyens dont elle dispose celui qui revendique ce droit à l’euthanasie, mais aussi celui, qui, pour des raisons philosophiques, religieuses ou autres, souhaite aller jusqu’au bout d’une vie certes diminuée, mais dans laquelle il se retrouve. Personne ne doit être contraint, ni pour des raisons politiques, économiques ou autres, mais personne ne doit être empêché pour les mêmes raisons. On se retrouve ici dans le même débat qu’au moment des discussions sur les lois pour l’IVG.

La loi sur l’IVG est un droit pour les femmes, elle n’est pas une obligation. La loi sur l’euthanasie doit être un droit, elle n’oblige personne à utiliser ce droit.


Adopté à l’unanimité moins une abstention

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N° 5 : Colloque-Débat Public : La Recherche sur l’embryon humain

La loi bioéthique du 6 août 2004 devrait être révisée en 2010. L’Assemblée nationale a déjà procédé à de nombreuses auditions. Le Conseil d’État a rendu public un rapport tendant à modifier ce texte seulement à la marge et, en tout état de cause, à interdire la gestation pour autrui. Enfin, organisés par un comité de pilotage présidé par M. Jean LEONETTI, député, les états généraux de la bioéthique ont pris fin le 23 juin dernier. Particulièrement verrouillés, ils se sont achevés sur deux propositions mineures, dont l’une paraît d’ailleurs contestable. D’une part, l’âge limite de remboursement de l’assistance médicale à la procréation (AMP) serait repoussé pour tenir compte du recul de l’âge moyen du premier accouchement. D’autre part, l’anonymat des donneurs de sperme et d’ovocytes serait levé en certaines circonstances, ce qui ouvrirait ainsi une brèche dans le principe de l’anonymat et de la gratuité du don d’éléments du corps humain inscrit dans le droit français.

Pourtant, en dépit des aspects positifs qu’elle présente en matière de don d’organe (largement inspirée d’ailleurs sur ce point par la loi CAILLAVET de 1976), ou de respect du corps humain, la loi du 6 août 2004 est, pour l’essentiel, le fruit des noces barbares entre la morale religieuse, le droit et la science. Or, les progrès des sciences de la vie et des techniques d’intervention sur le vivant, notamment sur le génome, s’accordent mal avec des préceptes religieux ou métaphysiques qui présupposent l’intervention d’une force transcendante dans le destin des hommes. En particulier, l’humanité est parvenue à concevoir sa perpétuation en dehors de la sexualité, une révolution sans précédent dans l’histoire de l’homo sapiens, qui ouvre une réflexion importante. Seule la raison doit explorer ce continent inconnu.

Trois questions majeures préoccupent donc la Libre Pensée

En premier lieu, le comité national d’éthique rend des avis tendant à subordonner la science aux catégories d’une morale qui, par nature, n’est pas universelle. Une fois de plus que la recherche scientifique et la gestion des nations relèvent de démarches et d’objectifs différents. Les scientifiques doivent pouvoir faire avancer les connaissances, et proposer à la société des possibilités nouvelles, sans que ces recherches soient freinées ou empêchées. Les élus de la Nation doivent assumer leurs responsabilités dans un cadre républicain et démocratique, sans interventions intempestives des religions ou idéologies. Les citoyens et les associations, y compris les religions, ont la possibilité de s’exprimer et de défendre publiquement leurs opinions. Pour autant, ils n’ont pas en soi à interférer directement dans la discussion scientifique ou dans les décisions de gestion publique.

En second lieu, en ce qui concerne l’AMP, il paraît désormais évident qu’il faut prendre acte, dans toutes ses dimensions, du progrès fantastique résultant de la séparation radicale entre sexualité et reproduction, avancée que seule l’espèce humaine a réussi à atteindre. D’un côté, la contraception permet aux femmes de choisir le moment de la maternité, voire de refuser toute maternité, sans pour autant renoncer au plaisir. De l’autre, l’AMP offre toutes sortes de possibilités pour surmonter l’infertilité. Il n’y a aucune raison objective de priver qui que ce soit de ces possibilités. La sauvegarde du modèle familial traditionnel, pourtant si contesté si l’on en juge par le nombre des divorces, des familles monoparentales ou les multiples formes de recomposition familiale, a conduit jusqu’à présent le législateur à écarter du bénéfice de l’AMP des catégories d’individus susceptibles d’en bénéficier. Compte tenu de l’évolution de la société, cette attitude conservatrice paraît devoir être dépassée.

Enfin, le législateur de 2004 a édicté une série d’interdictions qui limitent gravement la liberté des hommes de science. En particulier, « La recherche sur l’embryon humain est interdite. », même si peuvent être autorisées des études sur les embryons surnuméraires d’un couple infertile ayant engagé une fécondation in vitro, sous réserve de son consentement et dès lors qu’elles n’y portent pas atteinte. Le champ des expérimentations s’en trouve singulièrement limité. Cette vision restrictive procède de préjugés moraux inspirés par les catégories de la religion qui ne sont pas celles de la raison. Au plan scientifique et même philosophique, la distinction entre les cellules souches embryonnaires et non embryonnaires a-t-elle un sens ? Assurément non puisque les unes comme les autres ont le pouvoir de se renouveler et de donner naissance à des cellules plus spécialisées. De même, en quoi un embryon conçu in vitro en vue uniquement de travaux de recherche serait-il radicalement différent de l’embryon surnuméraire conçu in vitro pour un couple infertile acceptant de le céder à des fins d’études ? Le projet parental, à notre connaissance, n’a pas d’incidence sur la nature même de cet objet vivant. D’ailleurs, l’Agence de biomédecine se prononce « en faveur de la levée de l’interdiction de ces recherches, sous réserve de l’encadrement rigoureux dont elles sont l’objet ». Elle fait ainsi écho en France à la décision très importante du président des États-Unis qui vient d’autoriser le financement des programmes de recherche sur l’embryon par des fonds fédéraux, ce que son prédécesseur avait interdit depuis 2001, à la demande de la Christian coalition.

Pour les Libres Penseurs, la révision de la loi bioéthique du 6 août 2004 doit être l’occasion de redonner tous ses droits à la raison. Sous réserve de les soustraire au marché, toutes les modalités de l’AMP doivent être accessibles à tous les individus sans restriction. Dans le domaine de la recherche, aucune limitation ne peut être admise. La connaissance vaut par elle-même, les techniques susceptibles d’en découler méritant naturellement d’être encadrées pour éviter des utilisations contraires aux droits de l’homme. À cet égard, il faut à tout prix éviter l’énonciation d’un statut juridique de l’embryon qui, conçu in vitro, doit être un objet d’étude et d’expérimentation comme les autres. Il n’est investi d’aucune humanité particulière à ce stade du développement cellulaire. Son existence n’ouvre aucune espèce de droit.

Pour traiter ces questions de manière approfondie, la Fédération nationale de la Libre Pensée organisera un colloque le 10 octobre prochain à la faculté de médecine Paris V. Les travaux seront ouverts par Marc BLONDEL Interviendront notamment les professeurs Axel KAHN, président de Paris V, Israël NISAND et Pierre JOUANNET, ainsi que le philosophe Philippe DESCAMPS du CNRS.


Adopté à unanimité moins 1 contre et 3 abstentions
Publication en communiqué de presse

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N° 4 : Motion sur la débaptisation

La Fédération Nationale de la Libre Pensée a relancé récemment l' « opération crayon rouge » pour la radiation des registres des baptêmes. Une procédure de radiation a été publiée sur le site de la FNLP, elle sera complétée par une argumentation juridique.

Jusqu'à présent, jamais aucun candidat à la radiation n'a obtenu satisfaction, c'est à dire l'effacement des données à caractère personnel tel que cela est prévu dans la loi sur l'informatique, les fichiers et les libertés. Le fait de rayer l'acte de baptême ou de porter une inscription en marge est illégal et dangereux. Ces formes de « débaptisation » ont déjà mené à la constitution d'un fichier des apostats. Il est gravé que des non-catholiques soient fichés par l'Eglise catholique et encore plus qu'ils le soient en tant qu'opposants.

C'est pourquoi la FNLP s'engage à soutenir un candidat à la radiation dans un procès pour obtenir une jurisprudence favorable à l'effacement des données à caractère personnel.


Adoptée à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N° 3 : Lettre ouverte à Monsieur Jean-Yves Le Drian, président du Conseil Régional de Bretagne

La Saint-Yves est une fête religieuse et non laïque


Monsieur Jean-Yves Le Drian, vous êtes président de la Région Bretagne et vous entendez faire de la Saint-Yves une fête officielle de « la reconnaissance mutuelle des Bretons entre eux ».

Nul n'ignore pourtant que Saint-Yves est une fête religieuse célébrée notamment à Tréguier par un office dans la cathédrale de la ville. Certains en ont même fait le « saint patron » des avocats.

Nous ne pouvons comprendre que, contre cette réalité, le président de région déclare que « la Saint-Yves est une fête laïque » (Ouest France du 13 janvier 2009). Vous rajoutez même que « la Région accompagnera » cette célébration, ce qui signifie qu'elle financera tout ou partie de l'opération.

En conséquence, selon le décompte publié par le Conseil Régional de Bretagne, 617000 euros ont été affectés pour un programme 2009 qui a compris messes, pardons, cantiques, etc … Ceci est tout simplement illégal.

La Saint-Yves est une fête religieuse et non laïque.

En application de la loi du 9 décembre 1905 garantissant la liberté de conscience de tous les citoyens quelle que soit leur absence ou choix de croyance, et la séparation des églises et de l'Etat qui en est la conséquence, le Congrès de la Libre Pensée vous demande, comme président de Région, de renoncer à cette opération. Nous vous demandons de bien vouloir recevoir une délégation mandatée par notre Congrès et nos Fédérations pour examiner cette situation.

Dans le cas où la Région persisterait à financer cette opération religieuse sur ses fonds publics, nos Fédérations de la Région Bretagne seraient amenées à saisir les tribunaux compétents.



Adoptée à l’unanimité moins une abstention

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2008 - N° 2 : Contre la réhabilitation de Bernard FAY

La Libre Pensée rappelle les rôles respectifs de Julien CAIN et de Bernard FAŸ, administrateurs généraux de la Bibliothèque Nationale, la Mémoire de la Nation. Julien CAIN fut démis de ses fonctions dès juillet 1940, puis déporté, enfin rétabli dans ses fonctions à la Libération. FAŸ, antisémite notoire, proche de Pétain, fut le responsable d'une épuration systématique des cadres des bibliothèques publiques qui, sous couvert du « service des sociétés secrètes » organisa le séquestre des sièges des obédiences maçonniques, le pillage des archives, le fichage, la délation et les persécutions, sur fond d'une lecture révisionniste de l'histoire des révolutions américaine et française.

Dans ces conditions :
- il est stupéfiant qu’un universitaire enseignant au Collège de France puisse faire acte de révisionnisme
- la Libre Pensée s’opposera par tous les moyens à la réhabilitation du traître Bernard FAŸ auteur d’actes contraires à la liberté de penser.


Adoptée à l’unanimité

Libre Pensée – Congrès national – 24/26 août 2009 - N° 1 : Liberté de la recherche scientifique

La Fédération nationale de la Libre Pensée, réunie en congrès les 24-25-26 août 2009, tient à rappeler solennellement son attachement indéfectible à la liberté de la recherche scientifique en général et de la recherche fondamentale en particulier.

Nous affirmons qu'elle ne peut être justiciable.

L'obligation de réserve, n'existant pas dans les lois-statuts relatifs à la Fonction Publique, ne peut être opposée envers les chercheurs fonctionnaires ou non.

Par définition, la recherche scientifique se caractérise par sa démarche : elle s'appuie sur des faits établis ou qu'elle établit, jusqu'à preuve du contraire. Elle ne peut donc être considérée comme une philosophie, comme une opinion et critiquée à cet éclairage.

Vigilante, la Libre Pensée demande à ses groupements affiliés de l'aviser de toute remise en cause de la liberté de la recherche scientifique fondamentale.


Adoptée à l’unanimité moins 15 abstentions

Congrès national des 24/26 août 2009 : Résolution de la question à l'étude « Obsèques civiles et testament libre penseur »

Le Congrès de la Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP), réuni à Peisey-Nancroix, les 24, 25 et 26 août 2009 rappelle avec force que le combat historique de la Libre Pensée pour les obsèques civiles et le testament libre penseur (ou « philosophique ») est tout aussi essentiel aujourd’hui qu’hier.

Il y a en effet un lien indissoluble entre l’action « externe » pour garantir dans et par la loi toutes les dispositions nécessaires pour assurer à tous les citoyens la dignité et la liberté de conscience dans toutes les opérations liées à la mort, d’une part, et l’action « interne » pour garantir la sincérité de l’engagement de chaque libre penseur au travers de la formalité statutaire de la rédaction d’un testament holographe.

Liberté des obsèques, liberté du testament, les principes ont été posés à partir de 1789. Mais l’œuvre législative très inachevée de la Révolution Française sur cette question - comme sur bien d’autres- a été presque aussitôt remise en cause par la réaction et les Eglises, et bien sûr au premier chef par l’Eglise catholique.

Rétablir l’emprise obscurantiste sur toutes les questions liées à la vie et à la mort, rétablir toutes les discriminations de rang, de classe, de dignité jusque dans les plus infimes détails des obsèques, maintenir par exemple l’interdit posé par la papauté sur la crémation, tout cela s’ordonnait autour de la volonté affirmée de l’Eglise catholique de rétablir son emprise sur l’Etat et sur toute la vie sociale.

Les républicains ont dû batailler pendant des décennies, souvent au prix de durs et pénibles combats, pour imposer de fait le respect du droit posé en 1789-1795, de la laïcité de l’Etat dans la question des obsèques, c’est-à-dire le droit aux obsèques civiles pour tous ceux qui refusaient la confiscation de leur mort par un culte, pour le respect des dispositions testamentaires lorsqu’elle stipulaient le rejet du prêtre à la veille de la mort ou lors de l’inhumation.

Seul le retour de la République,la poursuite de l’action pour achever l’œuvre législative et morale de la révolution et en particulier pour réaliser la complète laïcisation de l’Etat, ont permis d’avancer à nouveau sur la question des obsèques civiles :
· 1880 : instructions données aux préfets pour cesser les discriminations
· 1887 : loi générale sur les obsèques et la liberté de tester
· 1901,1904 et 1905 : Séparation (et donc « Grande laïcité »)

La LP a joué un rôle déterminant dans cette action historique, tant avant le retour de la République qu’après.
L’Eglise catholique de son côté, forcée de s’adapter à ce nouveau contexte, a su mener une résistance acharnée, méthodique, individu par individu pour tenter d’abolir de fait ces conquêtes démocratiques (comme toutes les autres d’ailleurs). Mais elle n’a jamais renoncé à agir au plan de l’Etat, avec toutes les ressources de son appareil national et international, pour obtenir le recul sinon l’abolition de la loi elle-même.

Dans la période récente, utilisant sans vergogne toutes les opportunités, en particulier via la mise en place de l’Union Européenne (dont elle est maître d’œuvre), poussant au besoin d’autres cultes en avant pour semer la confusion, l’Eglise catholique ordonne en France une nouvelle contre-offensive pour le démantèlement des grands acquis républicains concernant la mort, les obsèques et le testament. La loi du 19 décembre 2008 n’en est qu’un exemple.

C’est donc à point nommé que la FNLP, depuis le congrès de Lamoura (2006 - motion laïque) et surtout depuis son congrès de Clermont-Ferrand (2007 – motion obsèques civiles) a à nouveau décidé de mener un effort de grande ampleur sur ces questions. Elle a notamment décidé de se saisir de la question des salles publiques pour cérémonies et rassemblements funéraires.

Il faut aujourd’hui se féliciter de l’ampleur de cet engagement au niveau des Fédérations Départementales (FD) et des groupements locaux et donner toute leur place aux résultats déjà obtenus :
· signalons en particulier toutes les prises de positions favorables obtenues ici et là
· signalons également les cas dans lesquels des municipalités ont déjà effectivement réalisé la mise à disposition gratuite de salles municipales.
· accordons enfin une place particulière à la « Note » technique et juridique rédigée par les services du Sénat au terme des démarches engagées par la FD de la Savoie auprès de tous les élus de son département : cette note donne un véritable mode d’emploi que toutes les FD ont intérêt à connaître et à utiliser.

Ces premiers succès montrent que nous pouvons gagner et infliger un recul à la réaction cléricale sur ces questions, tant au plan national (loi, réglementation) qu’au plan local.

Dans cette logique, il apparaît souhaitable d’engager sans tarder le débat parfois nécessaire, en interne cette fois pour rappeler l’importance du testament libre penseur et permettre ainsi à toutes les FD et groupements adhérents de se mettre en conformité avec l’article 5 des statuts nationaux.



Le congrès de Peisey-Nancroix décide donc au terme de ses travaux sur la question à l’étude 2009 :

1. d’inviter les fédérations et groupements locaux à relancer ou renforcer cette campagne en revendiquant partout la mise à disposition gratuite de salles publiques municipales - à décoration neutre – afin que les rassemblements et cérémonies organisées lors d’obsèques civiles puissent se tenir dans des conditions normales de confort et de dignité. Il rappelle que cette campagne peut parfois, selon les conditions locales, être menée de manière conjointe ou commune avec d’autres associations (sociétés crématistes, sections locales de l’ADMD, par exemple…)

2. de mettre en place une commission sous la responsabilité de la CAN qui serait chargée d’assurer le suivi de la campagne pour les salles publiques, et pour toutes les questions liées aux obsèques civiles et au testament libre penseur ; cette commission aura pour fonction notamment d’apporter aux FD et groupements locaux toute l’aide technique et juridique dont ils peuvent avoir besoin pour rencontrer les élus, engager des recours, etc…


3. de donner mandat à la CAN pour engager toutes les démarches utiles au plan national (gouvernement, parlement, autres organisations, question de l’Alsace-Moselle, des Collectivités d’Outre-Mer, etc.)

4. de mettre à disposition (site internet) de toutes les FD et des groupements locaux les documents préparatoires de la question à l’étude 2009.

5. de mettre à leur disposition la note technique du Sénat

6. de mettre à disposition de toutes les FD des modèles de testament pour leur permettre de se mettre en conformité avec l’article 5 des statuts nationaux


7. de publier un ou plusieurs articles dans les prochaines livraisons de La Raison sur ces questions et sur la campagne.

8. de proposer à l’Idée Libre de programmer un numéro consacré à ce sujet.

Votée à l’unanimité

DÉCLARATION GÉNÉRALE DU CONGRÈS DE LA LIBRE PENSÉE DE PEISEY-NANCROIX (24-26 août 2009)


Laïque, démocratique et sociale

Préambule
Le Congrès de la Libre Pensée réuni à Peisey-Nancroix en Savoie (73), du 24 au 26 août 2009, tient à rappeler que la reconnaissance et l’institutionnalisation des communautés est à l’opposé des valeurs de la République laïque, une et indivisible : la République reconnaît les seuls citoyens, garantie pour chacun d’acquérir une véritable liberté de conscience.
Dans une situation particulière marquée par une crise financière sans précédent sapant les bases mêmes du capitalisme et par la publication d’une nouvelle encyclique présentée comme le complément de la doctrine sociale de l’Eglise, le Congrès a estimé nécessaire de faire une déclaration générale.
Depuis la Révolution française, l’Eglise n’a pas cessé de lutter contre la République.
Aujourd’hui, il s’agit de tout autre chose. Il lui faut sauver le capitalisme et le régime.
Toutes les forces de l’obscurantisme accumulées depuis des années sont rassemblées.

Le parti clérical est de retour
Le Congrès estime que la multiplication et la médiatisation en toute occasion des rencontres officielles avec les représentants des religions, du pape au dalaï-lama, les rapports privilégiés entre le ministère de l’Intérieur et l’Église catholique, la mise en place du CFCM (Conseil français du culte musulman), sont tout à la fois la manifestation d’une ingérence de l’État dans les affaires religieuses et une institutionnalisation des communautés religieuses en France, c’est-à-dire une remise en cause fondamentale de la loi de 1905, dite de séparation des Églises et de l’État.
Les différents discours du Président de la République, tant au Latran qu’à Ryad (14/01/08) et en d’autres occasions, sont bien l’expression de cette orientation politique résolument anti-laïque.
Pour la première fois un Président de la République française explique devant le Conseil consultatif de Ryad, en Arabie Saoudite, pays démocratique s’il en est : « Une politique de civilisation, c’est une politique de la diversité, c’est une politique qui fait du respect de la diversité des opinions, des cultures, des croyances, des religions un principe universel.
C’est une valeur que j’ai voulu faire reconnaître en France en créant le Conseil du Culte Musulman. C’est la valeur qui m’inspire quand je veux faciliter la construction de mosquées en France pour que les musulmans français puissent prier dans des lieux de culte décents.
Quand Sa Majesté le Roi Abdallah rencontre le Pape, ce geste a plus d’importance pour la paix et pour l’avenir de la civilisation que bien des conférences internationales.
En faisant ce geste d’une portée immense, d’une portée symbolique, il signifie au monde, ce geste, qu’aux yeux du Roi le temps n’est plus pour les religions à se combattre entre elles, mais à combattre ensemble contre le recul des valeurs morales et spirituelles, contre le matérialisme, contre les excès de l’individualisme ».
Un mois plus tard, devant le Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF), il poursuit son propos : « Le drame du XXe siècle, de ces millions d’êtres projetés dans la guerre, la famine, la séparation, la déportation et la mort, n’est pas né d’un excès de l’idée de Dieu, mais de sa redoutable absence.
L’attachement à la laïcité (…) n’est que l’expression, dans la sphère religieuse, du respect et de la tolérance que l’on doit aux convictions d’autrui (…).
Je maintiens que mes enfants ont aussi le droit de rencontrer à un moment de leur formation intellectuelle et humaine, des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de Dieu. »
Du jamais vu !
Le Congrès constate que le rétablissement partiel de la loi Falloux par le décret du 16 avril 2009, permettant à l’Église catholique d’intervenir à nouveau dans la collation des grades universitaires, confirme cette orientation réactionnaire et conforte si besoin était la conviction des libres penseurs : sous une nouvelle forme, le parti clérical est de retour.
Dans son discours au palais du Latran (20/12/07), le Président de la République avait évoqué deux fois le rôle de l’Église catholique dans l’enseignement supérieur :
« Aujourd’hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refuse de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative ou aux moyens de communication des Églises, répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholique alors que la Convention de Bologne le prévoit, n’accorde aucune valeur aux diplômes de théologie. »
« … Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. La France a besoin de votre générosité, de votre courage, de votre espérance. »
Il faisait là explicitement référence au processus de Bologne, instauré par l’Union européenne et inspirateur des deux réformes les plus récentes de l’Université française : le LMD (Licence-Master-Doctorat) et la LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités impliquant leur autonomie renforcée).
Le Congrès rappelle que le processus de Bologne est à l’exact opposé de l’esprit laïque et républicain qui caractérise l’institution universitaire française depuis deux siècles, car il ignore purement et simplement toute distinction entre les formes d’enseignement supérieur, publiques ou privées, confessionnelles ou non.
Cet appel à la reconnaissance des diplômes supérieurs privés catholiques (ou d’autres religions) et a fortiori le décret du 16 avril 2009 entérinant l'accord entre la République française et le Vatican sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur catholique (18/12/08) sont contraires à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, mais également aux plus anciens fondements de l’Université française.
En effet, l’institution de l’Université française en 1808 posait comme principe le monopole de la collation des grades universitaires par l’État. Remis en cause par le prolongement de la loi Falloux dans l’enseignement supérieur en 1875, ce monopole a été restauré et réaffirmé par la loi de 1880 qui dispose, dans son article premier, que « les examens et épreuves pratiques qui déterminent la collation des grades ne peuvent être subis que devant les facultés de l’État » et, dans son article quatrième, que « les établissements libres d’enseignement supérieur ne pourront, en aucun cas, prendre le titre d’universités. Les certificats d’études qu’on y jugera à propos de décerner aux élèves ne pourront porter les titres de baccalauréat, de licence ou de doctorat. »
Ce principe du monopole de la collation des grades est encore inscrit dans le code de l’Éducation (Article L.613-1, loi de 1984) : « L’État a le monopole de la collation des grades et des titres universitaires ».
Pour la Libre Pensée, il est donc impensable que les établissements d’enseignement supérieur religieux privés puissent avoir le droit de délivrer les grades universitaires.
Pour illustrer ce que signifie la fin du monopole de la collation des grades, le Congrès rappelle qu’aux États-Unis, des facultés religieuses délivrent des diplômes ès « Création du monde en six jours ».
Ces diplômes sont reconnus à l’égal de ceux délivrés par les Universités publiques.
En France, de tels égarements obscurantistes sont désormais envisageables.

Laïcité ou communautarisme ? Laïcité !
Le Congrès constate que les « évènements » qui surgissent régulièrement autour du voile islamique, des croix, des kippas et des burqas ont pour seul objet d’affirmer l’existence et la reconnaissance de communautés aux traditions différentes se heurtant aux exigences de la laïcité institutionnelle et de prôner en conséquence une laïcité tantôt « ouverte », tantôt « plurielle », tantôt « positive ».
A la fraternité républicaine, à l’égalité des droits pour tous les citoyens, à la liberté de conscience, le parti clérical cherche à substituer la mosaïque des communautés au nom du « droit à la différence », générateur potentiel d’une différence des droits et donc de conflits.
Le droit laïque et républicain n’instaure pas pour autant un athéisme officiel, car la République laïque accueille à égalité tous les citoyens, indifféremment de leurs options personnelles et de leurs traditions culturelles. S’intégrer dans la République laïque n’implique pas de se « convertir », mais d’accepter et de respecter la sphère publique ainsi que les lois conçues dans l’intérêt commun.
C’est en cela que la laïcité n’a rien d’une « exception française », qu’elle a valeur universelle et qu’elle est émancipatrice tant au niveau de la société que de l’individu.

En conséquence, le Congrès rappelle ces exigences fondamentales pour la sauvegarde de la République laïque, une et indivisible :
Ä strict respect de la loi de 1905,
Ä abrogation de toutes les lois anti-laïques,
Ä abrogation du statut d’exception clérical d’Alsace-Moselle,
Ä abrogation du décret du 16 avril 2009 relatif à la collation des grades.

Le personnalisme au service du corporatisme
« Les affirmations du traité de Lisbonne sont, de fait, inspirées de la pensée et des valeurs chrétiennes », se félicite l’organisation du patronat chrétien IXE (Initiative de Chrétiens pour l’Europe) qui souligne que « le Traité protège le statut des Églises établies en Europe selon le droit national, reconnaît leur identité et contribution spécifique et invite l’Union à maintenir un dialogue ouvert avec elles ».
Ce sont les intéressés eux-mêmes qui l’écrivent, à la suite des déclarations de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté Européenne) rappelant à la veille des élections européennes du 7 juin 2009 que « l’Église catholique a dès le départ soutenu le projet d’intégration européenne et continue à le soutenir » et que « la participation des chrétiens est essentielle pour redécouvrir l’âme de l’Europe qui est vitale pour répondre aux besoins fondamentaux de la personne humaine et pour le service du bien commun ».
Le Père Jacques Turck de la Conférence des Evêques de France, explique ainsi en avril 2009 :
« Le Magistère a reconnu depuis Rerum Novarum le rôle fondamental joué par les corps intermédiaires et les syndicats pour le règlement des conflits sociaux (…). Au moment où se développent des séquestrations ou « retenues » de dirigeants d’entreprise, il est bon de faire le point sur les syndicats. En effet, ces méthodes qui ne sont pas le plus souvent le fait des leaders syndicaux, mais de salariés désespérés, montrent quelle urgence il y a à redonner une place à un dialogue mené par des personnes qui savent gérer les situations rendues plus dramatiques encore en cette période de crise. (…) Il serait alors souhaitable que chacun prenne sa part pour faire circuler une rumeur positive sur les syndicats qui s’engagent dans cette dynamique. »
C’est la réponse à l’appel du président Sarkozy : « combattre ensemble contre le recul des valeurs morales et spirituelles, contre le matérialisme, contre les excès de l’individualisme », bref défendre les thèses personnalistes et corporatistes contre les thèses rationalistes héritées des Lumières.
C’est la matérialisation de la théorie du personnalisme qui mène au corporatisme.
L’Église catholique renforce aujourd’hui son combat pour inverser le cours de l’Histoire et entraver la marche de l’humanité vers son émancipation.
La doctrine sociale de l’Église, des religions en général, se résume à la volonté de maintenir l’ordre établi, l’union du sabre et du goupillon qui soumet les consciences.
La doctrine sociale de l’Église est constituante du cléricalisme.
Le père fondateur du christianisme, Paul de Tarse, l’assène dans son EPITRE AUX ROMAINS : « Il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu ou qui soit librement autorisée par lui. En conséquence, l’esclave doit obéir à son maître, comme la femme à son mari ».
Donc se révolter contre le pouvoir, quel qu’il soit, c’est remettre en cause une autorité voulue par Dieu. C’est un sacrilège.
C’est la caractéristique de toute religion.

26 août 1789 – 26 août 2009 : l’Homme est la mesure de toute chose
Il y a 220 ans exactement, le 26 août 1789, les révolutionnaires adoptaient la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Ils fondaient ainsi la modernité en mettant l’Homme au centre de sa destinée. L’Homme devenant « la mesure de toute chose » (Protagoras), il n’y avait plus besoin de dieu. Désormais, il avait des droits du simple fait d’être Homme.
Ce 26 août 1789, la laïcisation de la société et des institutions publiques commençait. Surmontant les différentes tentatives de rétablir l’ordre ancien, elle continuera et trouvera son apogée dans l’adoption de la loi du 9 décembre 1905. Cette immense victoire sur l’obscurantisme fera dire à Jean Jaurès :
« La loi de séparation, c’est la marche délibérée de l’esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l’entière raison ».
Aristide Briand expliquait lors des débats précédant le vote de la loi de séparation que l’État n’est pas anti-religieux, mais a-religieux. L’État doit être à la fois le garant de la liberté de conscience et de l’égalité des droits. Il ne peut donc reconnaître les religions dont la pratique relève de la sphère privée.
La laïcité n’est pas une option spirituelle, elle est un élément fondamental de l’organisation de la vie publique et partant, de la démocratie républicaine.
Remettre en cause la laïcité, comme c’est le cas aujourd’hui, c’est remettre en cause la République, donc la démocratie.
La défense de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État nécessite une mobilisation permanente contre les tentatives incessantes du catholicisme, du judaïsme, des protestantismes et aujourd’hui de l’islam pour intervenir dans tous les domaines de la sphère publique au nom du respect des particularismes communautaires, du « droit à la différence ».
Le Congrès réaffirme que toute religion, tout cléricalisme est contraire par essence à la liberté de conscience garantie par la laïcité des institutions.
L’objectif constant de la Fédération Nationale de la Libre Pensée est de faire reculer toutes les religions dans leurs prétentions à diriger le monde, de l’Église catholique à l’Islam.

La Libre Pensée est contre la guerre, hier comme aujourd’hui
La Libre Pensée rejette catégoriquement tout concept de « guerre de civilisation », opposant un « axe du Bien » chrétien à un « axe du Mal » islamique.
Cette « guerre-croisade » qui dure depuis bientôt vingt ans (1991 : Ie guerre du Golfe) ne diffère en rien quant à ses motifs de toutes les guerres impérialistes qui l’ont précédée.
Elle est contre la guerre menée au nom de la « liberté » impérialiste sur tous les continents, qui accable les peuples et les prive de leur droit imprescriptible à l’autodétermination.
Elle refuse, au nom d’une perversité supposée plus grande de l'islam, de se retrouver aux côtés des défenseurs des valeurs d’un Occident judéo-chrétien.
Les prises de position pour Taslima Nasreen, pour Salman Rushdie ou encore pour le Dr Younès Shaïkh auxquelles s’est associée la Libre Pensée, s’inscrivent par contre dans la digne continuité du combat initié par Voltaire contre l’obscurantisme religieux, pour la liberté de conscience.

Le Vatican : le moteur de l’Union européenne cléricale
Il ne peut y avoir de liberté de conscience quand existent encore le délit de blasphème, les impôts d’Église, les religions d’État, les concordats et le financement public des religions. C’est pourtant ce qui subsiste toujours dans l’Europe cléricale.
Le Congrès rappelle que sur les vingt-sept pays membres de l’Union Européenne, deux seulement connaissent une séparation des Eglises et de l’Etat : la France et le Portugal·.
L'Église catholique est bien la seule religion internationalement centralisée et sa doctrine sociale, qui prône notamment « l’ordre juste », inspire toutes les institutions mondiales réactionnaires. Appelant ses ouailles à l’action pour la reconquête, l’Église catholique infiltre toutes les institutions nationales et internationales, les ONG, les organisations politiques, les syndicats. Elle multiplie aujourd’hui les prises de position politiques avant les échéances électorales (élections européennes, législatives en Espagne, en Italie…) et participe ouvertement par des structures internationales officielles à la politique qui est élaborée à Bruxelles.
Le parti clérical n’a jamais accepté la Révolution française qui a proclamé le principe de la Nation souveraine comme une donnée universelle d’émancipation des peuples.
Pie XII déclarait ainsi en 1957 : « Les pays d’Europe, qui ont admis le principe de déléguer une partie de leur souveraineté à un organisme supranational, entrent, croyons-nous, dans une voie salutaire, d’où peut sortir pour eux-mêmes et pour l’Europe une vie nouvelle dans tous les domaines, un enrichissement non seulement économique et culturel, mais aussi spirituel et religieux ».
Face au programme clérical, le Congrès de la Libre Pensée dresse le contrat social de Jean-Jacques Rousseau qui explique dans ses LETTRES ECRITES DE LA MONTAGNE (6e lettre) :
« l’établissement du contrat social est un pacte d’une espèce particulière, par lequel chacun s’engage envers tous, d’où s’ensuit l’engagement réciproque de tous envers chacun, qui est l’objet immédiat de l’union.
Je dis que cet engagement est d’une espèce particulière, en ce qu’étant absolu, sans condition, sans réserve, il ne peut toutefois être injuste ni susceptible d’abus ; puisqu’il n’est pas possible que le corps se veuille nuire à lui-même, tant que le tout ne veut que par tous.
Il est encore d’une espèce particulière en ce qu’il lie les contractants sans les assujettir à personne, et qu’en leur donnant leur seule volonté pour règle, il les laisse aussi libres qu’auparavant.
La volonté de tous est donc l’ordre, la règle suprême, et cette règle générale et personnifiée est ce que j’appelle le souverain.
Il suit de là que la souveraineté est indivisible, inaliénable, et qu’elle réside essentiellement dans tous les membres du corps ».

La Libre Pensée est laïque, démocratique et sociale
Le Congrès de la Libre Pensée estime que dans les circonstances actuelles de résurgence du parti clérical, de la mise en application des thèses corporatistes et personnalistes, il importe pour les libres penseurs de réaffirmer avec force la Déclaration de principes adoptée par le congrès mondial des libres penseurs tenu à Rome en 1904.
Le Congrès de Peisey-Nancroix déclare :
La Libre Pensée n’est pas une doctrine, elle est la méthode qui consiste à soumettre aux lois de la raison l'organisation sociale elle-même.
La laïcité intégrale de l'État est la pure et simple application de la liberté de penser à la vie collective de la Société. Elle consiste à séparer les Églises de l'État, non pas sous la forme d'un partage d'attributions entre deux puissances traitant d'égal à égal, mais en garantissant aux opinions religieuses la même liberté qu'à toutes les opinions, en leur déniant tout droit d'intervention dans les affaires publiques.
La Libre Pensée n'étant complète que quand elle entreprend de réaliser socialement l'idéal humain, elle doit tendre à l'institution d'un régime dans lequel aucun être humain ne pourra plus être sacrifié ni même négligé par la société, et par conséquent ne sera plus mis ou laissé par elle, directement ou indirectement, dans l’impossibilité pratique d'exercer tous ses droits d'homme et de remplir tous ses devoirs d'homme.
La justice sociale n'est que la raison appliquée par l'humanité à son propre gouvernement.
En d'autres termes, la Libre Pensée est laïque, démocratique et sociale, c'est-à-dire qu'elle rejette au nom de la dignité humaine, ce triple joug : le pouvoir abusif de l'autorité en matière religieuse, du privilège en matière politique et du capital en matière économique.

Vive la République ! Vive la Laïcité ! Vive la Sociale !


Adoptée à l’unanimité

8.7.09

Nouveau numéro du Journal

Le numéro 11 du Journal de la libre pensée (juillet-août-septembre) vient de paraître.

31.5.09

Conférence ADMD-LP : l'euthanasie est un droit humain


La Libre Pensée et l’ADMD ont organisé conjointement vendredi dernier une conférence intitulée « Droits de l’Homme et euthanasie » L’euthanasie, en France, est un sujet récurrent qui, selon les sondages a la faveur de nos concitoyens puis que, à 80%, ils répondent oui à sa légalisation.
L’ADMD s’est attachée depuis une trentaine d’année à faire aboutir cette légalisation ; la Libre Pensée y est favorable et agit dans le cadre plus général de la défense des libertés individuelles qu’elle mène depuis 160 ans.
Devant une quarantaine de personnes, Eric Lowen, directeur de l’Université populaire de Philosophie de Toulouse a cadré son propos du point de vue non pas militant mais philosophique , détaché des éléments passionnels qui parasitent le débat , en faisant retour aux fondamentaux.
Il a expliqué dans un premier temps la notion des droits de l’homme, qui se situent au-dessus des lois des Etats et dépendent des sociétés. Ils sont inhérents à la nature humaine ; ils sont universels Avant d’être des droits ce sont des besoins, des intérêts d’espèces en l’occurrence homo sapiens sapien. Ces besoins ont été tellements bafoués qu’on les a posés comme des droits : liberté, respect, dignité, contexte de vie. Les fondements sont matérialistes . Ces droits ne sont pas rattachés à une transcendance.
Cela posé Eric Lowen a établi les passerelles entre un droit (humain) et ses déclinaisons. Le droit liberté rend possible de faire des choix existentiels, dont celui de revendiquer l’euthanasie, en réappropriation de sa vie et de son corps comme ont pu l’exprimer en leur temps les revendications féministes ou comme on peut le faire à l’occasion des cérémonies funéraires. L’euthanasie est reliée à d’autres champs de combat.
Le conférencier s’est ensuite attaché à replacer l’euthanasie dans le cadre de la vie. Elle n’est pas à inclure prioritairement comme c’est le cas dans les questions agonistiques (douleur, souffrance). Elle est l’ultime application de la liberté humaine au sens de ce qui fait la verticalité de l’être humain. C’est une mort choisie et non subie. L’individu est acteur de sa mort ; il l’intègre dans l’accomplissement de sa vie ; c’est l’affirmation d’une conscience, d’une volonté. L’euthanasie relève d’une question intime, personnelle. Elle n’est pas une question médicale.La décision médicale est au service de la condition humaine . Elle est technique.
L’euthanasie est une problématique nouvelle du XXè siècle ; elle n’est pas une revendication politique ; elle n’engage que soi. Mais une majorité s’arroge le droit d’imposer ses vues à une minorité. E Lowen rappelle que la majorité n’est valable qu’en politique- la majorité ne peut voter l’éthique !- et que donner un droit n’oblige pas à l’exercer. Enfin, tout droit, toute liberté , se conquiert par la lutte ; c’est un affrontement et il faut avoir le courage de s’y mesurer.
Le débat nourri qui a suivi confirmait l’intérêt de l’auditoire et révélait la pédagogie de l’orateur. Gageons que la lutte que mènent nos associations se sera enrichi de nouveaux combattants.

23.5.09

Conférence "Droits de l'Homme et euthanasie" à Rodez le 29 mai 2009


La Libre pensée de l'Aveyron et la délégation de l'Aveyron de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD-12) organisent vendredi 29 mai à 20 heures salle Montaigne (parking Foch) à Rodez, une conférence "Droits de l'Homme et euthanasie", donnée par Eric Lowen, directeur de l'Université populaire de philosophie de Toulouse.

Les tabous sur l’euthanasie sont en train de tomber. Souvent amalgamée à tord avec les pratiques nazies à l’égard des malades mentaux, l’euthanasie est au contraire l’expression de la dignité humaine. Au lieu d’être une défaite de la mort, elle est une affirmation de la vie et de la liberté existentielle. Cette conférence exposera les principes philosophiques majeurs du droit à l’euthanasie - qui n’appartient pas à la question médicale mais à celle du sens de la vie - et qui se rattache donc aux droits de l’Homme. Avant d’être une question légale, le droit euthanasie est une question de respect des droits de l’homme.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

13.3.09

A propos des Antilles

La Fédération Nationale de la Libre Pensée rappelle que l’esclavage a été aboli, pour la première fois au monde, par la Révolution française en 1794 avec Robespierre.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée rappelle avec grande fierté que l’esclavage a été aboli définitivement en 1848 avec le libre-penseur Victor Schœlcher.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée exprime son soutien absolu à ceux qui combattent les suites et les conséquences de l’esclavagisme, notamment, dans le cadre économique, par la grève générale aux Antilles.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée exprime sa totale solidarité avec l’ensemble des travailleurs et leurs organisations et rappelle que la liberté syndicale est un droit constitutionnel reconnu par la République Française.

6.3.09

La justice, l'école n'appartiennent pas aux religions !

Fédération nationale de la Libre Pensée française

Associazione Nazionale del Libero Pensiero « Giordano Bruno » (Italie)

Le 17 février 2009, nous avions le plaisir de vous annoncer l'acquittement du juge Tosti pour avoir refusé la présence d'un signe religieux dans un tribunal.

Dans les heures qui suivaient, nous apprenions que le professeur Franco Coppoli est sanctionné pour avoir refusé la présence d'un signe religieux dans une salle de classe.

Le cléricalisme n'accepte jamais ses défaites.

L'Associazione Nazionale del Libero Pensiero « Giordano Bruno » a aussitôt exprimé sa protestation.

En France, depuis la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat, le cléricalisme cherche toujours à remettre en question cette loi (et, parfois, il y arrive).

En Italie, malgré la Constitution républicaine de 1946, il a obtenu le maintien du Concordat mussolinien de 1929, y compris par les textes de 1984-1985.

La Fédération nationale de la Libre Pensée française et l' Associazione Nazionale del Libero Pensiero « Giordano Bruno » le disent nettement :

La justice, l'école n'appartiennent pas aux religions !

Notre demande est simple :

Aucune sanction contre le professeur Coppoli !

Pas d'enseignement sous les signes religieux !

Nous en appelons à la solidarité internationale de tous les laïques, de tous les libres penseurs ! Nous en appelons à tous les syndicats enseignants à travers le monde !

Faites parvenir vos prises de position à :

Associazione Nazionale del Libero Pensiero « Giordano Bruno »

liberopensiero.giordanobruno@fastwebnet.it

Fédération nationale de la Libre Pensée française

Libre-pensee.sg@wanadoo.fr

24.2.09

En défense du Planning Familial

Inquiète de la diminution de 42 % dans la loi de finances du budget affecté au Conseil Conjugal et Familial, qui sonne le glas à très court terme des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité et de la vie de couple, la Fédération Nationale de la Libre Pensée exige l’attribution intégrale des financements non amputés des 42 % prévus par la loi de finances.



La Libre Pensée a combattu aux côtés du Planning Familial dans les grandes heures des luttes pour les droits essentiels des femmes que sont la contraception et l’IVG. Ils se sont battus ensemble pour gagner ces droits, la Libre Pensée se battra avec lui pour que l’État respecte l’engagement qui est le sien quant à l’accueil, l’information et la prévention concernant la contraception, la fécondité et la sexualité. Le désengagement financier de l’État est une remise en cause directe des droits essentiels, c’est un grave recul de société que la Fédération Nationale de la Libre Pensée ne peut accepter.



Recul de société en remettant en cause de manière indirecte les droits à la maîtrise de la fécondité par la suppression des centres d’accueil. En supprimant les budgets, combien de ces lieux d’accueil indispensables seront fermés ? 450 000 personnes sont accueillies chaque année dans les 70 centres de métropole et des TOM. 450 000 personnes qui trouvent ici une écoute, des conseils et une aide. Quelle femme n’a pas un jour poussé la porte d’un centre de Planning Familial ?



Recul de société remettant indirectement en cause les possibilités d’avoir accès à la contraception ou à l’IVG, mais aussi recul de société en matière de santé publique. Les missions d’éducation sexuelle étant remises en cause, c’est bien de santé publique qu’il est question. Rappelons que le SIDA n’est pas encore une abstraction, et touche encore trop souvent les plus jeunes mal ou insuffisamment informés sur la propagation des maladies sexuellement transmissibles.



En conséquence, la Fédération Nationale de la Libre Pensée demande à l’État de respecter et d’assurer sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité et la prévention pour tous. L’État ne doit pas se désengager financièrement de ses rôles et doit fournir tous les moyens nécessaires au respect de ses engagements, conformément à l’article 1 de la loi 73 du 11 juillet 1973. Faut-il estimer que ce désengagement est le résultat d’influences religieuses sur les institutions françaises, au mépris de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État ?

Quelle que soit la réponse à cette question, la FNLP informe qu’elle sera extrêmement vigilante devant toute dérive constituant une remise en cause directe ou indirecte des lois essentielles pour les femmes que sont le droit à la contraception et le droit à l’IVG.

22.2.09

Vive la séparation des Eglises et de l’Etat en Bolivie !

La Fédération Nationale de la Libre Pensée française salue la République de Bolivie avec joie et émotion. Avec joie parce que le peuple bolivien vient d’approuver la nouvelle Constitution qui lui était proposée par plus de 60% des votants, et ce bien que quatre départements sur onze aient majoritairement voté contre, ce qui ne faisait que traduire leurs velléités séparatistes.



Lorsque le 25 Janvier 2009 le Président Evo Moralés déclara : « Aujourd’hui nait une nouvelle Bolivie qui donne l’égalité des chances à tous les boliviens. L’Etat colonial disparaît. », Il ne faisait que prendre acte du désir de changement profond du peuple bolivien, le plus pauvre de l’Amérique du Sud mais dont le sous- sol recèle d’immenses richesses pétrolières et minières dont, jusqu’à présent, il ne profitait pas.



Dans un pays qui, comme tous les pays sud- américains, n’a pas connu de décolonisation cette Constitution va lui donner une véritable indépendance politique et économique.



Cela n’a pas été sans mal ni sans violences tant les forces réactionnaires ont mis tout leur poids dans la balance. A tel point que l’Assemblée Constituante dût abandonner Sucre la capitale constitutionnelle pour la ville minière d’Oruro où elle put travailler en sécurité sous la protection des jeunes, des paysans et des mineurs.



Avec émotion, parce que cette nouvelle Constitution comporte un certain nombre de dispositions que la Libre Pensée ne peut qu’approuver :

- interdiction d’installation de bases militaires étrangères,

- reconnaissance de plusieurs types de propriété y compris la propriété communautaire, dans le même temps qu’il y aura limitation de la grande propriété appelée « latifundia »,

- interdiction de l’aliénation des ressources naturelles au profit de puissances, entreprises ou personnes étrangères, acte considéré désormais comme un crime.



Avec émotion parce cette nouvelle Constitution sépare les Eglises de l’Etat. La Bolivie sera donc le premier Etat d’Amérique du Sud à adopter constitutionnellement la Laïcité, puisque le Mexique fait partie de l’Amérique du Nord. La Bolivie ouvre le chemin à tous les peuples d’Amérique latine.



Il faut peser à son juste poids ce que cette décision représente de conviction et de détermination.

Il faut se convaincre du poids de cette mesure dans un continent dominé depuis 1492 par l’Eglise catholique.



Il faut considérer la valeur exemplaire de ce vote populaire, car ce n’est pas une Assemblée qui a pris une décision mais un peuple tout entier qui en s’exprimant démocratiquement ? a selon la vieille formule décidé : « l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui ».



Difficilement, les autres Etat sud- américains tentent d’aller vers la Laïcité, cherchent du soutien, luttent contre les forces de la réaction, publient des manifestes, des ouvrages. La Bolivie, elle, a décidé.



Cela n’a pas empêché l’ancien Président de droite de déclarer que cette Constitution était : « un morceau de papier qui vaut autant que du papier hygiénique usagé ». C’est dire les résistances rencontrées par les constituants. C’est dire leur détermination.



C’est aussi à juste titre que le Président Moralés pouvait dire à l’issue du scrutin : « C’est une grande joie pour moi et pour tout le mouvement indigène, ouvrier, paysan et populaire. »



Cette grande joie et cette grande émotion la Fédération Nationale de la Libre Pensée de France la partage puisqu’elle voit la réalisation d’un de ses idéaux dans un pays si loin par la distance mais si proche par le cœur.



Que le Président Moralés et le peuple bolivien sachent que les Libres Penseurs de France partagent leur allégresse et que la Fédération de la Libre Pensée sera toujours à leur côté dans le combat pour l’instauration de la Laïcité et sa défense.

Paris, le 16 février 2009