24.2.09

En défense du Planning Familial

Inquiète de la diminution de 42 % dans la loi de finances du budget affecté au Conseil Conjugal et Familial, qui sonne le glas à très court terme des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité et de la vie de couple, la Fédération Nationale de la Libre Pensée exige l’attribution intégrale des financements non amputés des 42 % prévus par la loi de finances.



La Libre Pensée a combattu aux côtés du Planning Familial dans les grandes heures des luttes pour les droits essentiels des femmes que sont la contraception et l’IVG. Ils se sont battus ensemble pour gagner ces droits, la Libre Pensée se battra avec lui pour que l’État respecte l’engagement qui est le sien quant à l’accueil, l’information et la prévention concernant la contraception, la fécondité et la sexualité. Le désengagement financier de l’État est une remise en cause directe des droits essentiels, c’est un grave recul de société que la Fédération Nationale de la Libre Pensée ne peut accepter.



Recul de société en remettant en cause de manière indirecte les droits à la maîtrise de la fécondité par la suppression des centres d’accueil. En supprimant les budgets, combien de ces lieux d’accueil indispensables seront fermés ? 450 000 personnes sont accueillies chaque année dans les 70 centres de métropole et des TOM. 450 000 personnes qui trouvent ici une écoute, des conseils et une aide. Quelle femme n’a pas un jour poussé la porte d’un centre de Planning Familial ?



Recul de société remettant indirectement en cause les possibilités d’avoir accès à la contraception ou à l’IVG, mais aussi recul de société en matière de santé publique. Les missions d’éducation sexuelle étant remises en cause, c’est bien de santé publique qu’il est question. Rappelons que le SIDA n’est pas encore une abstraction, et touche encore trop souvent les plus jeunes mal ou insuffisamment informés sur la propagation des maladies sexuellement transmissibles.



En conséquence, la Fédération Nationale de la Libre Pensée demande à l’État de respecter et d’assurer sa responsabilité nationale pour l’information, l’éducation à la sexualité et la prévention pour tous. L’État ne doit pas se désengager financièrement de ses rôles et doit fournir tous les moyens nécessaires au respect de ses engagements, conformément à l’article 1 de la loi 73 du 11 juillet 1973. Faut-il estimer que ce désengagement est le résultat d’influences religieuses sur les institutions françaises, au mépris de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État ?

Quelle que soit la réponse à cette question, la FNLP informe qu’elle sera extrêmement vigilante devant toute dérive constituant une remise en cause directe ou indirecte des lois essentielles pour les femmes que sont le droit à la contraception et le droit à l’IVG.

22.2.09

Vive la séparation des Eglises et de l’Etat en Bolivie !

La Fédération Nationale de la Libre Pensée française salue la République de Bolivie avec joie et émotion. Avec joie parce que le peuple bolivien vient d’approuver la nouvelle Constitution qui lui était proposée par plus de 60% des votants, et ce bien que quatre départements sur onze aient majoritairement voté contre, ce qui ne faisait que traduire leurs velléités séparatistes.



Lorsque le 25 Janvier 2009 le Président Evo Moralés déclara : « Aujourd’hui nait une nouvelle Bolivie qui donne l’égalité des chances à tous les boliviens. L’Etat colonial disparaît. », Il ne faisait que prendre acte du désir de changement profond du peuple bolivien, le plus pauvre de l’Amérique du Sud mais dont le sous- sol recèle d’immenses richesses pétrolières et minières dont, jusqu’à présent, il ne profitait pas.



Dans un pays qui, comme tous les pays sud- américains, n’a pas connu de décolonisation cette Constitution va lui donner une véritable indépendance politique et économique.



Cela n’a pas été sans mal ni sans violences tant les forces réactionnaires ont mis tout leur poids dans la balance. A tel point que l’Assemblée Constituante dût abandonner Sucre la capitale constitutionnelle pour la ville minière d’Oruro où elle put travailler en sécurité sous la protection des jeunes, des paysans et des mineurs.



Avec émotion, parce que cette nouvelle Constitution comporte un certain nombre de dispositions que la Libre Pensée ne peut qu’approuver :

- interdiction d’installation de bases militaires étrangères,

- reconnaissance de plusieurs types de propriété y compris la propriété communautaire, dans le même temps qu’il y aura limitation de la grande propriété appelée « latifundia »,

- interdiction de l’aliénation des ressources naturelles au profit de puissances, entreprises ou personnes étrangères, acte considéré désormais comme un crime.



Avec émotion parce cette nouvelle Constitution sépare les Eglises de l’Etat. La Bolivie sera donc le premier Etat d’Amérique du Sud à adopter constitutionnellement la Laïcité, puisque le Mexique fait partie de l’Amérique du Nord. La Bolivie ouvre le chemin à tous les peuples d’Amérique latine.



Il faut peser à son juste poids ce que cette décision représente de conviction et de détermination.

Il faut se convaincre du poids de cette mesure dans un continent dominé depuis 1492 par l’Eglise catholique.



Il faut considérer la valeur exemplaire de ce vote populaire, car ce n’est pas une Assemblée qui a pris une décision mais un peuple tout entier qui en s’exprimant démocratiquement ? a selon la vieille formule décidé : « l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui ».



Difficilement, les autres Etat sud- américains tentent d’aller vers la Laïcité, cherchent du soutien, luttent contre les forces de la réaction, publient des manifestes, des ouvrages. La Bolivie, elle, a décidé.



Cela n’a pas empêché l’ancien Président de droite de déclarer que cette Constitution était : « un morceau de papier qui vaut autant que du papier hygiénique usagé ». C’est dire les résistances rencontrées par les constituants. C’est dire leur détermination.



C’est aussi à juste titre que le Président Moralés pouvait dire à l’issue du scrutin : « C’est une grande joie pour moi et pour tout le mouvement indigène, ouvrier, paysan et populaire. »



Cette grande joie et cette grande émotion la Fédération Nationale de la Libre Pensée de France la partage puisqu’elle voit la réalisation d’un de ses idéaux dans un pays si loin par la distance mais si proche par le cœur.



Que le Président Moralés et le peuple bolivien sachent que les Libres Penseurs de France partagent leur allégresse et que la Fédération de la Libre Pensée sera toujours à leur côté dans le combat pour l’instauration de la Laïcité et sa défense.

Paris, le 16 février 2009

6.2.09

L'ADMD et la Libre pensée unies dans le combat pour le droit à mourir dans la dignité

Communiqué commun de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) et la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP)

Le droit de mourir dans la dignité est une nouvelle liberté démocratique à conquérir

Les représentants de nos deux associations se sont rencontrés afin de confronter leur point de vue respectif sur le choix de la fin de vie.

Elles font le même constat : il y a annuellement environ 530 000 décès dans notre pays, 75% de ceux-ci ont lieu en milieu hospitalier. Un changement profond de comportement a eu lieu en quelques décennies, ce qui amène les associations intéressées et les citoyens de ce pays à une nouvelle approche de ce problème.

Nos deux associations récusent, tout d’abord, les erreurs d’appréciation des détracteurs du droit à mourir dans la dignité quant aux nombres de cas concernés : certains avancent qu’une centaine environ de cas annuels ne justifient pas de légiférer ; d’autres annoncent qu’un quart des morts en services de réanimation seraient des euthanasies qui ne disent pas leur nom.

Là où ce droit légal existe, on constate que les chiffres vont de 0,50% des décès annuels (Oregon – USA) à 1,80% (Pays-Bas). La Belgique connaît un taux de 1,70%. En France il est vraisemblable que le chiffre y soit actuellement inférieur car, en l’état du droit à ce jour, une personne qui aide à une fin de vie se retrouve devant les tribunaux pénaux.

Si des avancées ont eu lieu au cours de ces dernières années sur ce problème, la revendication de nos deux associations demeure pleine et entière : il faut aboutir rapidement à la création du droit à une aide active à mourir.

Avoir le choix de sa fin de vie est une liberté élémentaire qui reste à conquérir. Il est évident que la création de ce dispositif légal ne doit pas être une mesure d’ajustement pour faire des économies dans le domaine de la santé et des soins, et n’a pas pour objet de s’opposer aux soins palliatifs qui sont indispensables. On ne peut cependant admettre que les soins palliatifs soient imposés à ceux qui n’en veulent pas.

Nos deux associations se prononcent donc pour la dépénalisation de l’acte d’euthanasie par la création du droit à une aide active à mourir qui encadrerait réglementairement et législativement le choix de fin de vie. Aucune considération philosophique et/ou religieuse ne doit pouvoir s’opposer à cette liberté fondamentale. L’être humain doit être maître de son destin, c’est pourquoi nous revendiquons ce droit.

L’ADMD et la FNLP décident, d’un commun accord, d’agir dans ce sens.

Paris, le 6 février 2009

3.2.09

Loi du 19 décembre 2008 : la laïcité des obsèques remise en cause.

Le combat pour la laïcité des obsèques est un combat historique qui a permis, depuis 1887, à tous les citoyens d’obtenir des funérailles dignes, quel que soit le mode de sépulture choisi. Ce combat a été mené par les libres penseurs dès le XIXe siècle, contre les prétentions de l’Eglise catholique qui entendait décider qui aurait une sépulture honorable et qui serait, au contraire, traité comme une dépouille promise « à la voirie », sort réservé par elle aux mécréants et aux suicidés.

La loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles et la loi du 28 décembre 1904 qui enlevait aux religions l’organisation des pompes funèbres sont des acquis du combat laïque et préparaient ainsi la loi du 9 décembre 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat.

Dès le XIXe siècle, les libres penseurs ont été rejoints dans ce combat par les crématistes. Ils ont dû affronter en commun la résistance aux mêmes forces cléricales, alors violemment opposées à la crémation et à la construction des équipements nécessaires.

Aujourd’hui, la moitié des citoyens choisissent la crémation, l’Eglise catholique a dû s’adapter, mais, au moment même où le gouvernement organise par circulaire des entorses à la laïcité des cimetières au nom d’une confession (carrés confessionnels), elle avance ses propres exigences, visant à lui restituer la maîtrise du corps humain dès avant la naissance et au-delà de la mort.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée a fait valoir, en audience auprès de M. Hortefeux en 2006, et de M. Fillon en 2008, que toute solution qui irait en ce sens constituerait une remise en cause de la laïcité et de l’égalité des citoyens devant la loi.

Or, la loi du 19 décembre 2008 restreint dans des conditions contestables la libre disposition des cendres, mais surtout elle reconnaît aux cultes les prérogatives qu’elle refuse aux individus et à leurs familles, en faisant des lieux de culte des dépositaires légaux des urnes cinéraires, ce qui n’est rien d’autre qu’organiser, fut-ce à titre provisoire, des sites funéraires confessionnels.

Par ailleurs, elle modifie subrepticement le Code Civil ce qui va bien au-delà du problème posé par la crémation et le statut des cendres, en faisant droit à la revendication des cléricaux.

La Fédération Nationale de la Libre pensée se déclare disponible pour mener avec toutes les associations laïques et les élus qui voudront s’y associer, une action pour la modification de ces dispositions. Elle demandera à être reçue à ce sujet par les groupes parlementaires.