27.12.14

La Libre pensée interpelle le CSA sur les graves dérapages d'une émission de France 5


Christian Eyschen, vice-président de la Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP), vient d'écrire une lettre ouverte à Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour l'interpeller sur les graves dérapages survenus sur la chaîne publique France 5, dans l'émission "C dans l'air" du 24 décembre dernier.

Lors de cette émission consacrée à la polémique sur les crèches, le débat a caricaturé de façon outrancière pour ne pas dire diffamatoire les positions de la FNLP, qui n'a pas pu répondre à ces attaques infondées, étant donné que la totalité des invités sur le plateau étaient du côté des adversaires des positions de la FNLP sur la laicité.

Voici le courrier adressé à M. Schrameck le 26 décembre.

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Monsieur le Président,

La Fédération nationale de la Libre Pensée s’adresse à vous par ce moyen un peu inhabituel pour vous alerter sur un comportement que nous considérons comme problématique par rapport à la déontologie et au pluralisme qui devraient régner particulièrement dans l’audiovisuel, notamment public.

Lors de l’émission « C’ dans l’air » du mercredi 24 décembre 2014, qui traitait de la question des crèches dans les bâtiments officiels de la République, le journaliste Axel de Tarlé a commencé son propos en indiquant « Les libres penseurs veulent interdire les crèches et maintenant aussi les sonneries de cloches ». En clair, on a affaire à des liberticides.

Dans le reportage qui suit, le journaliste met sur le même plan le recours juridique de la Libre Pensée au Tribunal administratif de Melun sur la présence d’une crèche chrétienne dans les locaux municipaux (qui constitue une violation de l’Article 28 de la Loi de 1905) et une simple lettre individuelle d’un libre penseur sur la gêne occasionnée par la sonnerie incessante de cloches. Le cadre est ainsi posé pour une attaque en règle contre la Libre Pensée.

C’est dans l’air... surtout dans l’air du Vatican

Sur le plateau, un seul sujet : dénoncer la Libre Pensée. Les intervenants du débat sont : Michel Cool, un spécialiste du christianisme, ancien rédacteur en chef de La Vie (catholique), actuellement chroni- queur au Jour du Seigneur sur France 2 et Radios Chrétiennes Francophones. Autre intervenant, Jean-François Colosimo, Président des Éditions (catholiques) du CERF, il enseigne à l’Institut Saint-Serge la théologie byzantine. Intervenant suivant, Raphaël Draï, spécialiste de la loi hébraïque. Dernière intervenante, Cynthia Fleury, membre du Comité consultatif national d’Éthique dont visiblement la laïcité n’est nullement la spécialité, c’est le moins que l’on puisse dire.

Le décor est ainsi planté pour le procès. Un seul problème : si les Inquisiteurs religieux sont bien là, on n’a pas invité l’accusée. La Libre Pensée est totalement absente du débat, elle ne peut répondre. Et tous les intervenants saluent l’action passée de la Libre Pensée, mais condamnent son action d’aujourd’hui. Un participant déclare : « Ils sont minoritaires ». Avec quel instrument cet Inquisiteur peut-il mesurer qui est majoritaire et qui est minoritaire ? À l’aune de son propre point de vue ? Les « minoritaires » se ver-raient-ils interdire désormais le droit à l’expression de leurs opinions en France ? Rappelons que la Loi de 1905 est ultra majoritaire plébiscitée par les citoyens. Nous avons constaté que l’ensemble des parti- cipants se prononçait pour la Loi de Séparation des Églises et de l’État, notamment son article 28, à condition qu’il ne soit pas vraiment appliqué. Qui est minoritaire ?

Sommes-nous au pays de Voltaire ou dans celui de Torquemada ?

Pendant près d’une heure, un long réquisitoire va être fait contre la Libre Pensée et les libres penseurs sans que ceux-ci puissent, à aucun moment, répondre et se défendre. Les pires bassesses vont être dé- versées en toute impunité sans que la Libre Pensée puisse les démentir. C’est quand même une curieuse déontologie et une conception du débat pluraliste qui rappellent celles des pays totalitaires.

On assiste, par ailleurs, à un ahurissant déchaînement de l’épiscopat catholique (Messieurs Vingt- Trois, Di Falco Leandri et Podevin, notamment) qui fulminent contre la Libre Pensée. On nous affuble de toutes les calomnies et de toutes les injures. Notre combat serait « dérisoire, inutile, dépassé, stérile ». Mais, alors la question se pose : qui organise ce tintamarre médiatique, sinon l’Église catholique et ses partisans ? Il y a des condamnations qui sont des décorations (en tout cas pour la Libre Pensée), on pourrait même penser à Coluche et à son célèbre « c’est la lutte du Pot de vin contre le pot de terre ».

Mais cela commence à avoir des conséquences assez graves : la vitrine de notre librairie qui est au Quartier latin (et non dans les quartiers riches, dixit le journa- liste de la Cinq) a été brisée une nou- velle fois. Particulièrement visée : l’affi- chette qui souhaitait un « Joyeux Noël païen ».

Les réseaux internet débordent de messages de haine, d’injures, d’insultes et de menaces de mort à notre encontre. Un mouvement catholique appelle à une nouvelle croisade contre les libres penseurs. Des libres penseurs voient leurs photos et leurs adresses divulguées sur internet en appelant à un véritable pogrom contre eux.

Nous avons déposé des plaintes, elles seront suivies d’effet.

La Fédération nationale de la Libre Pensée le dit clairement : elle tient pour responsables moralement, politiquement et pénalement tous ceux qui organisent ces campagnes. Il n’y a pas que Civitas ou le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin qui sont à la manœuvre en la matière. Nous avons les preuves de ce que nous avançons et les fournirons à la Justice quand il le faudra.

Qui organise la division et la polémique ?

Monsieur André Vingt-Trois, archevêque de Paris de son état clérical a demandé à ses ouailles le 15 août 2012 (fête de la « Vierge Marie ») de se réapproprier la sphère publique, car pour lui la religion n‘est pas une affaire privée. En conséquence, des secteurs entiers de l’Église catholique ont battu le pavé, no- tamment à l’occasion du Mariage pour tous.

C’est l’Église catholique, et personne d’autre, qui a décidé de faire, de l’affaire d’une simple décision d’un tribunal administratif sur la crèche au Conseil général de Vendée, une affaire nationale et même internationale. Ce n’est pas la première fois qu’un tribunal administratif prend une telle décision, sans que pour autant, on connaisse un tel traitement médiatique. Et l’on a vu, de l’extrême droite au Parti so- cialiste, la course à l’échalote électorale et politicienne pour se gagner les faveurs de l’épiscopat.
L’affaire des crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République est un moyen pour l’épiscopat de tenter d’investir à nouveau la sphère publique d’où la Loi de 1905 l’avait écartée. C’est parce que l’Église catholique a cette volonté cléricale (au sens premier du terme) de redominer la société, notam- ment par le biais de ses symboles religieux, que l’affaire des crèches chrétiennes a pris une telle am- pleur. Et il s’est trouvé naturellement des « idiots utiles » de droite comme de gauche pour prêter leur concours à cette opération cléricale.

Cette affaire n’est donc pas « ubuesque, clochemerlesque », elle est symptomatique d’un débat séculaire que le libre penseur Victor Hugo avait ainsi formalisé : « Ce que nous voulons est l’État chez lui, l’Église chez elle ». C’est là la véritable explication de ce tintamarre médiatique. Certains, et en premier lieu, l’Église catholique, veulent que l’Église soit partout et qu’il n’y ait plus de séparation des Églises et de l’État. Il s’agit, pour la Libre Pensée, de défendre la Loi de 1905.
Force est de constater qu’il y a aussi dans cette affaire des objectifs internes au sein de l’épiscopat. Tous les évêques ne s’alignent visiblement pas derrière la crosse d’André-Vingt-Trois. Il y a fort à parier que ceci n’est pas non plus sans rapport avec ce qui se passe au sein de la Curie romaine, plus que malme- née par le pape François.

Monsieur le Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel,

Si nous avons été longs, c’est pour vous expliquer en détail ce qui nous semble en jeu dans cette affaire de l’émission « C’ dans l’air ». On aurait pu attendre d’une telle émission sur une chaîne du service pu- blic une déontologie plus conforme aux principes du pluralisme d’opinion.
Nous souhaiterions en conséquence que vous rappeliez les responsables de cette émission à leurs obli- gations déontologiques. Nous sommes prêts, quant à nous, à venir sur leurs plateaux pour faire valoir notre Droit de réponse.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir l’expression de nos meilleurs sentiments et l’expres- sion de notre profond attachement à un service public républicain de l’audiovisuel.

Christian Eyschen, Vice-Président de la Libre Pensée

8.12.14

Crèches de Noël. Polémiques, tensions, buzz médiatique : l’Eglise catholique à la manœuvre

Depuis trois jours, c’est l’affaire du siècle. La Libre Pensée a fait retirer, au nom de la loi du 9 décembre 1905 et du principe de laïcité, une crèche dans des bâtiments officiels de la République. Ici, c’est un Conseil général, ailleurs il s’agit de Mairies.

Alors que depuis de nombreuses années, la Libre Pensée défère devant les tribunaux administratifs les collectivités territoriales qui violent la laïcité en mettant des emblèmes religieux dans les bâtiments de la République et que les tribunaux exigent le respect de l’article 28 de la loi de 1905, et leur retrait des lieux publics,  il n’y avait d’habitude aucun écho médiatique à cela.

Mais là, visiblement l’Eglise catholique a décidé de faire un « coup » médiatique et les médias aux ordres et les politiciens confits dans l’eau bénite ont relayé une campagne où l’on présente la Libre Pensée comme des « voleurs de Noël ». Devant une telle manipulation, la Libre Pensée a tenu à rappeler que c’est l’Eglise catholique, le 23 décembre 1951, sur le parvis de la cathédrale de Dijon, qui a brûlé en effigie le Père Noël (voir sur « www.fnlp.fr») pour cause de paganisme.

Pourquoi un tel acharnement ?

Depuis le 15 août 2012, l’Episcopat a décidé de descendre dans l’arène publique. Les Evêques ont appelé leurs ouailles à battre le pavé contre le mariage pour tous, contre la PMA, la GPA, la recherche scientifique sur les embryons et le droit de mourir dans la dignité. Attachés à un ordre ancien et à la nostalgie d’un Vieux-Monde qui sent le moisi, le rance et l’encens, les Prélats appellent à une Reconquista contre la Gueuse.

C’est la raison de l’affaire dite des « crèches de Noël ». En Espagne, dans la Sierra Guadarrama, les mitrés hispaniques sont en train d’ériger 1 300 croix  catholiques, au nom des « 1 300 martyrs du franquisme assassinés par les odieux républicains ». C’est la même croisade pour reconquérir l’espace public.

Ces crèches chrétiennes sont une provocation politique contre le caractère laïque de la République.
C’est une affaire montée de toutes pièces pour tenter de sacraliser le christianisme dans le pays, alors qu’il est en pleine perte de vitesse. Les Eglises se vident, alors il faut occuper le terrain dans les bâtiments de la République.

Pour la Libre Pensée, les choses sont simples. La liberté de conscience fait que chacun fait ce qu’il veut, où il veut. Mais dans les locaux de la République, c’est la neutralité. La crèche de la Nativité est chrétienne, c’est donc un symbole religieux. Le bébé dans le berceau s’appelle Jésus-Christ, pas Mohammed. Le sapin, les boules, les guirlandes, les étoiles n’ont aucun caractère religieux. Ils viennent du vieux fond païen de notre pays (4 000 ans, excusez du peu !)

Les mêmes qui applaudissent agenouillés devant la crèche dans les bâtiments publics crieraient aux orfraies s’il s’agissait d’un symbole juif ou musulman. C’est la laïcité à géométrie variable. La République est laïque et pas chrétienne, n’en déplaisent aux manieurs d’encensoirs.

Ce n’est pas encore les rois, mais il a tiré la fève :
Philippe de Villiers !

Dans le florilège de la stupidité réactionnaire et bondieusarde, le Puy-du-Fou est au top niveau. Qu’on en juge. Confronté à David Gozlan, Secrétaire général de la Libre Pensée, voici ses arguties : « On va interdire les sonneries de cloches, avec la Libre Pensée, qui n’est pas une pensé libre – je le dis au passage à votre interlocuteur – une pensée secrète pour détruire le christianisme et en même temps, on installe, on islamise la France sans que personne ne dise rien ! C’est ça qui me scandalise ! En fait, c’est simple : ce n’est pas une question de loi, c’est beaucoup plus grave que ça. C’est notre identité et vous le savez très bien, c’est notre patrimoine, ce sont nos enfances, c’est notre passé, c’est notre histoire, c’est tout ce qui fait l’âme de la France. A vouloir détruire l’âme de la France, on fait courir un vent de folie, qui est un vent de folie qui conduira à des conséquences de régimes totalitaires.

J’appelle à la résistance et si j’étais Président du Conseil général de la Vendée aujourd’hui, je n’aurais pas démonté cette crèche, j’aurais affirmé la nécessité de résister à des gestes totalitaires !

Moi, j’ai une seule chose à vous dire, c’est que en ce moment, personne ne dit ça sur votre antenne, moi je vais le dire et je n’ai pas peur des Francs-mac, moi, ça m’a jamais fait peur et d’ailleurs l’œuvre du Puy du Fou est une œuvre de chrétienté qui fait rayonner l’âme de la France. Ce qui est en train de se passer en ce moment, c’est l’islamisation progressive de la France. Partout. Partout les digues lâchent. La vague continue. On est en train de vivre un changement du peuplement, je pèse mes mots, et on est en train d’accepter en France, pour l’islam, ce que maintenant on se met à refuser à la chrétienté. Nous étions une société de chrétienté, or nous allons devenir une république islamique dans 30 ans. Ce sont les démographes qui parlent. Alors évidemment, la Libre Pensée, c’est ce qu’elle veut secrètement, parce que comme on dit dans l’évangile « on ne met pas une lampe sous le boisseau », vous vous cachez Monsieur de la Libre Pensée ! Votre but secret, c’est de détruire l’identité de la France ! Heureusement aujourd’hui en France, il va y avoir des auditeurs qui vont réagir à mon propos ! Il y a des millions de français qui en ont ras le bol que l’on détruise l’identité de la France et moi je suis un des porte-parole de cette France-là ! »

Le ci-devant de Villiers a un véritable problème avec l’Histoire, il ne s’est pas encore aperçu que depuis 1789, il y a eu la Révolution et ensuite la République.  Il n’est pas descendu de cheval depuis Poitiers en 732. Sus aux Maures et aux Sarrazins !

Et dans son délire, il cite Mozart (horreur : un Franc-Maçon !) et Victor Hugo (damnation : un libre penseur !). Victor Hugo, qu’il devrait lire quand il disait : « Ce que je veux : l’Etat chez lui, l’Eglise chez elle ». C’est tout simplement ce que demande la Libre Pensée.

Philippe de Villiers et Robert Ménard en appellent à la résistance et au refus des décisions des tribunaux. Comment, quelqu’un en charge de l’autorité publique, peut-il ainsi bafouer la loi ? Que diront-ils demain quand des personnes feront des incivilités, eux qui en appellent à ne pas respecter la loi ?

Au cours des nombreux débats médiatiques, David Gozlan s’est trouvé confronté à quasiment tout le panel des « leaders » politiques de l’extrême-droite au PS. Tous, sans exception aucune, ont repris l’argumentaire de l’Eglise catholique, sur les racines chrétiennes, sur la non-importance de la crèche, le bonheur que cela apporte, etc… Un seul discours, mais plusieurs haut-parleurs. Et tous sont connus pour avoir soutenu l’interdiction du voile islamique dans la rue.

Il est à noter aussi qu’au début l’Eglise catholique a envoyé débattre des ecclésiastiques et qu’ensuite ce furent des « politiques » qui furent envoyés au front, tous des Gens d’Eglise à des degrés différents. Tant il est vrai qu’il y a toujours plusieurs demeures dans la maison du Père.

Florian Philippot, Stéphane Ravier, Nadine Morano, Thierry Mariani, Philippe de Villiers, Christine Boutin, Jean-Christophe Lagarde, Jean Glavany, Malek Boutih, Julien Dray :
Tous derrière le petit Jésus dans la République et tous contre le voile islamique !
Que voilà des vrais laïques !


La Libre Pensée le dit haut et fort :
La République est une et indivisible :
La laïcité aussi !
Respect de la loi de 1905 !