7.12.15

Grand meeting national laïque du 5 décembre : discours de Christian Eyschen



Christian Eyschen est membre de la commission administrative nationale de la Fédération nationale de la libre pensée.

Amis, citoyens, Compagnons, camarades,

Je vous apporte le salut fraternel de l’Association internationale de la Libre Pensée qui a été fondée à Oslo le 10 août 2011 et qui regroupe des associations de libres penseurs, d’athées, de laïques,  de rationalistes et d’humanistes de tous les continents.

Nous sommes tous saisis d’effroi par la barbarie qui a sévi dans les rues de Paris. Mais chacun s’interroge : que faut-il faire ? N’y-a-t-il pas exemple à suivre sur ce qui s’est passé en Norvège en août 2011 ? A quelques pas du lieu où allait se tenir le Congrès de fondation de l’Association internationale de la Libre Pensée à Oslo, un chrétien d’extrême-droite a assassiné des dizaines de personnes. Au lieu de s’enfermer dans une logique de répression, la Norvège n’a cédé aucune de ses libertés, les a maintenu toutes et a refusé énergiquement de céder à la haine. Le peuple uni ne sera jamais vaincu.

Le drame que nous avons connu n’est pas un cas unique. La trace sanglante de la barbarie a ravagé bien des pays. Et malheureusement, dans ce monde qui sent la poudre, la guerre et l’oppression sur tous les continents, cela risque de continuer.

Je livre à votre réflexion ce que disait, avec lucidité, Robert Bowman, vétéran de la guerre du Vietnam comme pilote de bombardiers avec 101 missions à son actif, en  2008, au moment des attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya : « Nous ne sommes pas haïs parce que nous pratiquons la démocratie, aimons la liberté ou défendons les droits de l’Homme. Nous sommes détestés parce que notre gouvernement refuse tout cela aux pays du Tiers-Monde dont les ressources naturelles sont convoitées par nos multinationales.

Cette haine que nous avons semée est revenue nous hanter sous la forme du terrorisme… Au lieu d’envoyer nos fils et nos filles à travers le monde pour tuer des Arabes afin que nous puissions nous emparer du pétrole qui dort sous les sables de leurs déserts, nous devrions les y envoyer pour les aider à reconstruire leurs infrastructures, leur fournir de l’eau potable et nourrir leurs enfants affamés (…) En bref, nous devrions faire le bien au lieu du mal.

Qui voudrait nous en empêcher ? Qui pourrait nous haïr pour cela ? Qui voudrait nous bombarder ? C’est cette vérité-là que le peuple américain devrait entendre. »

Il y a là véritablement de quoi réfléchir. Nous ne sommes pas si loin de ce qui nous occupe dans ce meeting.

Dans tous les pays où elle est présente, la Libre Pensée agit pour l’absolue liberté de conscience qui ne peut être établie que par la Séparation des Eglises et de l’Etat, des religions et des gouvernements.

C’est ce que nous défendons en France, c’est ce que nous exigeons partout dans le monde.

Le respect de l’absolue liberté de conscience est une aspiration universelle sur tous les continents. Elle est le début et elle est la fin de toute revendication démocratique. Elle est l’alpha et l’oméga de la bataille laïque.

La Séparation des Eglises et de l’Etat a été conquise aux Etats-Unis d’Amérique, pays protestant, en 1789. Puis au Mexique, pays catholique, en 1874. Et en France, pays de la Renaissance, des Lumières et de la Révolution, en 1795,1871, 1905. En 1918, c’est Lénine qui l’impose en Russie, terre de tradition orthodoxe. En 1937, c’est au tour de la Turquie musulmane de l’établir.

C’était hier, et aujourd’hui me direz-vous ? Dans le  Népal bouddhiste, la Séparation est établie en 2008. En Bolivie, qui mélange les cultes païens et le christianisme, elle est établie en 2009. Dans l’Angola en Afrique, pays de l’animisme et du syncrétisme religieux, elle est décidée en 2010.

Quelles que soit leur histoire, la religion dominante, la culture majoritaire, une évidence s’impose : la Séparation des Eglises, des religions, des cultes et de l’Etat est la solution démocratique applicable partout et en toutes circonstances. C’est la liberté conquise et la démocratie établie.

Elle est nationale dans sa forme et internationale dans son contenu. Elle est l’avenir de tous les peuples et de toutes les nations.

La Libre Pensée a toujours combattu, à travers toute son histoire,  les religions, les exploiteurs et les militaristes qui sont les pires obstacles à l’émancipation de l’Humanité.

L’Humanité, ce grand fleuve qui vient du passé et qui coule vers l’avenir, cet immense champ de blé dont chaque homme est un épi pensant.

L’émancipation de la conscience humaine passe inéluctablement par l’idée de République, de démocratie et de laïcité qui est la proclamation institutionnalisée de la liberté de conscience. Dans ce combat, l’universalité de la République rejoindra enfin la République universelle. L’un est le principe, l’autre la forme revendiquée du principe.

Et avec la liberté de conscience vient toujours l’exigence de l’Instruction. Le grand Victor Hugo écrivait  dans le   Poème Océan de La Légende des siècles « La liberté commence où l’ignorance finit ». C’est pourquoi nous défendons avec acharnement l’Ecole publique laïque et républicaine. Etre libre, c’est être instruit.

Les Maîtres du monde nous oppriment et ils veulent rendre ignorants nos enfants.

Nous défendons l’Instruction publique et nos écoles. C’est pourquoi nous exigeons l’abrogation de la loi Debré, loi cléricale, réactionnaire et spoliatrice. Les écoles catholiques sont des œuvres de mission pour le maintien de l’oppression sociale, économique et politique. A contrario, l’Ecole publique laïque est une œuvre d’émancipation.

La Conférence des Evêques catholiques de France vient de publier une déclaration à propos du 110e anniversaire de la loi de 1905. Elle appelle à « en garder l’esprit ». Il est vrai que l’Esprit, surtout s’il est saint, c’est quand même leur fonds de commerce.

Les évêques ont une lecture étonnante du cette loi de Séparation. Ils ont oublié ce que disaient les papes et leurs ainés quand ils la vouaient aux gémonies. L’encyclique Vehementer nos de 1906 n’avait pas les yeux de Chimène pour la laïcité, c’est le moins que l’on puisse dire.

Si l’Eglise parle d’Esprit, elle aime surtout la matière des lois qui, du Régime de Vichy à la Ve République en passant par la IVe, ont profondément démantelé la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat.  C’est cette loi, totalement modifiée par Pétain, qu’elle apprécie et non l’originelle, celle des Libres penseurs, de Jaurès et de Buisson.

Les Evêques de 2015 ont bien des points communs avec les Evêques de 1905. Ils sont révulsés encore que « la religion soit une affaire privée ». Ils déclarent : « Cette attitude favorisera l’émergence de courants et d’attitudes fondamentalistes qui pourront s’appuyer sur le sentiment d’être méprisés, rejetés, ignorés ou incitera à se replier sur des formes de vies communautaristes ».

En clair, c’est la laïcité et la Séparation des Eglises et de l’Etat qui sont responsables des affrontements communautaristes. Et pourquoi pas des attentats du 13 novembre, pendant qu’on y ait ? C’est bien un raisonnement de Jésuites.  Il ne déplairait pas au premier d‘entre eux qui a fusionné, à travers sa personne, le pape noir et le pape blanc. C’est sans doute pour cela que certains de ses amis le trouvent un peu gris.

Si on appliquait leur raisonnement à la question sociale, cela pourrait donner cela : « Donnons tout ce que veulent les patrons et, on vous le promet, ils ne demanderont plus rien. » Ce n’est même pas sûr.

La solution pour les évêques serait donc le grand retour en force de la religion dans le domaine public, partout, en tout temps et en tous lieux. On le voit bien sur l’affaire des crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République.

Mais nous, libres penseurs et beaucoup de laïques avec nous, ne cesseront de le dire avec force : la religion est une affaire privée, la laïcité est une affaire publique. Et la laïcité, c’est la liberté, c’est l’instruction, c’est l’émancipation.

Nous renvoyons l’Eglise catholique à ce que disait un des siens, Charles Péguy : « Le juif sait lire depuis toujours, le protestant depuis Calvin et le catholique depuis Jules Ferry ».

N’oublions pas que Charles de Montalembert, fondateur de la Démocrate-chrétienne qui a perverti  bien des associations, des syndicats, des partis dit de « gauche » ou même des associations dites  « laïques »,  lui qui fut l’un des rédacteurs de cette ignominie que fut la loi Falloux de 1850, il fit gravée cette épitaphe sur sa pierre tombale  au cimetière de Picpus: « Nous sommes les fils des croisés, nous ne reculerons pas devant les fils de Voltaire. »

Oui, nous sommes les fils de Voltaire, de Diderot, de d’Holbach et d’Helvétius. Et nous ne reculerons pas non plus. La lutte est désormais engagée et nous la mènerons jusqu’à son terme : l’émancipation complète de l’Humanité, débarrassée de la tutelle cléricale, de l’oppression du Capital et de l’étouffoir de la pensée unique aux ordres du Vieux monde.

Et vous tous, fils de Marx et de Bakounine, disciples de Blanqui et de Vallés, héritiers de Jaurés et de Pelloutier, descendants de Makhno et de Kropotkine,  enfants de Lénine et de Trotsky, continuateurs d’Andrés Nin et de Durruti, vous tous les laïques qui continuaient l’œuvre de Ferdinand Buisson  et de Jean Zay, vous les libres penseurs qui continuaient le combat d’André Lorulot et de Marc Blondel, et vous tous les Enfants de la Veuve et les Fils de la Charte d’Amiens :


ENSEMBLE, OUI TOUS ENSEMBLE
CONTRE LE CLERICALISME !

ENSEMBLE, OUI TOUS ENSEMBLE
POUR LA DEFENSE DE LA LAICITE !


C’est pourquoi, on n’a pas fini d’entendre à nouveau dans ce pays ; dans les villes,  les villages et les campagnes ; dans les usines, les bureaux et les chantiers ; dans les écoles, les lycées et les universités en France et dans bien d’autres pays, le mot d’ordre universel des combattants de la liberté humaine :


Ni dieu, Ni maître !
A bas la Calotte !
Et vive la Sociale !

Grand meeting national laïque du 5 décembre : discours de Philippe Guglielmi



Philippe Guglielmo est président d’Honneur de Laïcité-Liberté

Cher camarade cher amis.

Au nom de l’association Laïcité Liberté, je veux remercier pour leur invitation le Président de la Libre Pensée Jean-Sébastien Pierre et mes amis Christian Eyschen et David Gozlan.

Je suis heureux de participer à ce meeting de militants laïques ou vous êtes venus très nombreux. Il s’agit sans doute du rassemblement le plus important pour faire la promotion du 110e anniversaire de la loi de 1905.

Dans le bonheur de ce jour, j’ai ressenti de la tristesse lorsque le nom de Marc Blondel a été évoqué. Marc avec lequel Christian Eyschen moi-même avons partagé de nombreux combats exerçait un véritable magistère sur son temps. Je veux lui dédier le propos de ce jour, j’espère que je ne l’aurais pas déçu.

J’interviendrai sur deux points, sans jeu de mots, je vous dispense du troisième. Je veux vous parler de la collusion des hiérarques religieux, puis des atteintes faites par l’école privée à notre école publique laïque et gratuite.

Lorsque je parle d’hiérarques religieux, j’emploie volontairement le pluriel, car je ne vais pas désigner une religion en particulier. Ces responsables de cultes ont souvent en France, cause commune, et il n’y a pas une soirée parisienne huppée, où ils n’affichent leur complicité. Le rapprochement des ecclésiastiques que tout oppose, ne serait pas en soi condamnable, s’il s’agissait d’une fraternité vraie. Mais nous pouvons juger que ces messieurs n’ont aucune influence car ailleurs dans le monde leurs adeptes, ceux qui agissent en leur nom selon des préceptes surannés, s’étripent cruellement.

La loi de 1905, nous ne devons pas l’oublier, fut une loi de compromis, que les laïques n’ont jamais voulu retoucher. Les atteintes multiples qui ont été faites à cette loi proviennent uniquement des milieux religieux. L’écrivain journaliste Christian GELEN écrivait dans son ouvrage « les casseurs de la République » : « le Conseil d’État communautarisme la République ». Il s’offusquait que la représentation nationale, les différents gouvernements, les institutions républicaines ne viennent pas en aide aux enseignants qui ne pouvaient se référer à aucun texte pour parer aux atteintes qui étaient faites à la laïcité.

Cela a été dit, l’école privée reçoit chaque année 10 milliards de subventions de l’État. C’est autant qui ne va pas à l’Ecole publique laïque et gratuite qui en aurait bien besoin. Je suis un Elu d’un département populaire, ou parfois les parents font de gros sacrifices pour inscrire leurs enfants dans les écoles privées, souvent confessionnelles. Si ces écoles obtiennent 100 % au baccalauréat, c’est parce qu’elles ne jouent pas le jeu et qu’elles identifient en amont les élèves qui ne pourront pas obtenir ce diplôme. Elles les incitent alors à quitter le miroir aux alouettes qu’est l’école privée.

Les demandes d’interventions sont nombreuses pour les Elus locaux, aux fins de réintégrer ces enfants dans l’école de la République. Cette duperie est inadmissible, elle doit cesser !

J’ai promis d’être court, je le serais en vous disant que mon intervention peut se résumer en un groupe de mots :
                            « l’argent public à l’Ecole publique, un point c’est tout ! »

28.11.15

Nous ne cèderons pas


Ceux qui, au nom de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en œuvre.

C’est la démocratie qui est mise à mal quand le Parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre, sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables politiques qui cultivent la peur.

Après la prorogation de l’état d’urgence et l’extension des pouvoirs de police, d’autres mesures sont encore annoncées par le président de la République.

Il nous paraît essentiel de rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’Etat de droit et nous priver de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les conditions de sa mise en œuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale, l’exercice de la citoyenneté et le débat public.

Depuis 1986, les lois accordant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme, s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de conférer à l’Etat des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination. La réponse des autorités se veut martiale, elle n’est pas une assurance de sécurité et ne garantit en rien le respect de nos libertés. 

Vouloir priver de leur nationalité jusqu’aux personnes nées françaises, c’est délivrer une nouvelle fois le message d’une France divisée. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l’indispensable engagement de l’Etat en faveur de l’égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous voulons que ces dramatiques événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute leur place et qui s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante, libre et fraternelle.

Pour nos libertés, pour une société où la fraternité a toute sa place, nous ne céderons pas à la peur dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur raison de vivre. 

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion. Nos organisations construiront, partout en France, ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

 

 

 

 

Premiers signataires :

AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Associations démocratiques des Tunisiens en France (ADTF), Attac, Cadac, Cedetim, Confédération générale du travail (CGT), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif 3C, Collectif des 39, Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Collectif des musulmans de France (CMF), Coordination des collectifs AC !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Droits devant !!, Emmaüs France, Emmaüs International, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fédération syndicale unitaire (FSU), Genepi, Ipam, La Cimade, La Quadrature du Net, Le Mouvement de la paix, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Le Gisti, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Médecins du monde, Mrap, OIP - section française, Organisation de femmes égalité, Planning familial, Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), SNPES-PJJ/FSU, Snuclias-FSU, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat national des journalistes (SNJ), Unef, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires

 

 

 

 

 

25.11.15

Crèches de Noël dans les bâtiments publics : le PRG soutient l'AMF

Le Parti radical de gauche (PRG) vietn de s'exprimer sur les crèches de Noël dans les bâtiments publics.

"Le PRG considère que l'Aassociation des maires de France (AMF) a tout à fait raison de rappeler L'article 28 de loi de 1905 qui est parfaitement clair : "il est interdit d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions."

Les différents élus LR et Front national qui condamnent la position de l'AMF remettent en  cause le principe de Laïcité.

Le PRG condamne tout particulièrement  l'attitude irresponsable  des élus LR qui courent après le FN dont chacun a compris depuis longtemps que sa "vision" de la laïcité vise à diviser les Français et à exclure.

Le PRG considère qu'à l'heure précisément où la France doit réaffirmer avec force son unité nationale dans un attachement sans faille aux valeurs de la République, dont la laïcité est un élément absolument clef, ces positions s'opposent à l'histoire de notre pays et de notre nation héritière des lumières et de la révolution."

9.11.15

Déclaration commune internationale : pour rendre leur honneur aux milliers de Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale



 Durant le Premier conflit mondial de 1914 – 1918, qui fit des millions de morts sur les champs de bataille et les tranchées, il existe aussi un crime barbare qui vit exécuter par leur propre armée des milliers de soldats dont le seul crime avait été d’être terrorisé par la violence meurtrière des combats et des armements. Messes, bénédictions, prières et confessions... ne changèrent rien à cette barbarie. Bien au contraire.


Les historiens estiment à :

-          639 Fusillés pour l’exemple en France
-          256 Fusillés pour le Royaume-Uni
-          23 pour le Canada
-          26 pour l’Irlande
-          5 pour la Nouvelle-Zélande
-          12 pour la Belgique
-          50 pour l’Allemagne
-          800 pour l’Italie

Cela est sans compter les exécutions sommaires et les exécutés  non recensés. Un seul fusillé pour l’exemple est déjà un crime de guerre, des milliers sont des crimes contre l’Humanité.

Ces exécutions pour l’exemple conduiront, bien plus tard, à reconnaître le traumatisme des tranchées, plus connu sous le nom de Shell Shock. C’était la vengeance posthume des milliers de soldats passés par les armes pour lâcheté.

Pour autant, la plupart de ces pauvres hommes n’ont jamais été réhabilités, ni leur honneur rétabli, ni leurs familles rendues au sentiment de leur dignité. Le Royaume-Uni en 2005 a promulgué une loi pour « effacer les fautes » des 306 fusillés pour l’exemple, et ainsi leur accorder un forme de « pardon ». Un monument a même été érigé dans le Staffordshire en leur mémoire.

Mais dans les autres pays, rien de tel n’a été entrepris. En France, la Libre Pensée, à côté et avec d’autres associations (anciens combattants, pacifistes, de défense des Droits de l’Homme) ont engagé une action vigoureuse pour leur réhabilitation collective.

Le mouvement libre penseur, humaniste et laïque est, par essence, profondément pacifiste et internationaliste, car il ne pense pas que la guerre soit la solution aux problèmes de l’Humanité. Il existe bien d‘autres voies pour régler pacifiquement les conflits.

C’est pourquoi, les associations soussignées demandent instamment à tous les pays concernés, quand cela n’a pas encore été fait, de rendre leur honneur, sous la forme qu’ils décideront comme la plus appropriée, à ces milliers de soldats fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale.


Pour la France : La Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP)
                             Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC)
                             Union Pacifiste de France (UPF)

Pour la Belgique :  Cercle de Libre Pensée-Kring van het Vrije Denken. (CLP-KVD)
                                 Association des Libres Penseurs de Huy  et sa région

Pour la Suisse :   Libre Pensée de Genève

Pour le Canada : Association Humaniste du Québec
                               Libres Penseurs Athées
     Ontario Humanist Society.

Pour la Nouvelle-Zélande : New Zealand Association of Rationalists & Humanists

Pour l’Allemagne : Association Internationale des Athées et sans confession d’Allemagne (IBKA)

Pour l’Irlande : Association  Campagne pour les fusillés pour l'exemple - Irlande

Pour l’Italie : Association de la Libre Pensée « Giordano Bruno »

Pour l’Autriche : Fédération des Libres Penseurs Autrichiens (FDBÖ)

Pour le Royaume-Uni : Forum humaniste pour la Paix

27.10.15

Hommage en chansons à Christian Déméautis

La famille, les proches, les amis de Christian Deméautis, organisent une fête chantante et fraternelle,
pour partager souvenirs et joie de vivre en musique, le 30 octobre 2015 à partir de 20 heures à la ferme de Pratgraussals à Albi,  avec Bernard Ariès, Sylviane Blanquard, Catherine Cadier et des choristes de Modus Vivendi...

Infos pratiques:  http://www.albisorties.com/lieux/ferme-de-pratgraussals-albi/
Tél Bérengère Deméautis: 06 64 36 55 47

21.10.15

Texte et son de la conférence-débat "L’athéisme ou le refus de la croyance"





La Libre pensée de l'Aveyron a proposé, en lien avec la Maison de la Philosophie de Toulouse, une conférence-débat  « L’athéisme ou le refus de la croyance », donnée par Eric Lowen, à la Maison des associations de Rodez,  samedi 3 octobre 2015.
Cette conférence a été suivie par un public attentif, conscient des enjeux que représente aujourd'hui ce thème.

Nous vous proposons le texte de cette conférence et la possibilité de l'entendre ci-dessous.



16.10.15

La guerre des crèches va-t-elle être relancée ?



C’est à y perdre son latin. Le Tribunal Administratif de Melun a considéré la crèche chrétienne de Noël mise dans l’Hôtel de ville comme non-religieux. La Cour d’Appel Administrative de Paris, l’a interdite et a invalidé ce jugement parce que c’est un symbole religieux, comme le prescrit l’Article 28 de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905.

Dans le même temps (que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite ?), le Tribunal Administratif de Nantes proscrit la crèche chrétienne de Noël au Conseil général de Vendée, car elle est un symbole religieux. La Cour Administrative de Nantes casse le jugement déclarant que ce n’est pas un symbole religieux.

Crèches de noël : les errances du juge administratif

Et pourtant, l’article 28 de la loi concernant la Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 est parfaitement clair : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Néanmoins son interprétation par le juge administratif rencontre de grandes difficultés, lorsque celui-ci est appelé à statuer sur des recours pour excès de pouvoir dirigés contre des décisions d’autorités locales d’installer des crèches de Noël dans des bâtiments publics ou sur le domaine public.

En première instance, les tribunaux administratifs ont rendu des jugements contradictoires à l’issue d’instances initiées par la Libre Pensée, qui a demandé l’annulation des décisions administratives d’installer ces emblèmes religieux sur le domaine public lors du solstice d’hiver de 2014. Celui de Nantes a estimé illégale la présence d’une crèche de Noël dans les locaux du département de la Vendée, tandis que celui de Melun jugeait légale celle installée sous le porche donnant accès à la cour d’honneur de la maison commune de cette ville. Quant au tribunal administratif d’Amiens, il a fait preuve d’inconséquence. En 2010, il avait annulé la décision du maire de la commune de Montiers d’édifier une crèche de Noël sur la place du village. Or il a considéré que le même objet, présentant les mêmes caractéristiques, pouvait légalement décorer la place Jeanne Hachette de Beauvais, fin 2014.

Même s’il reste un juge du fond, le juge d’appel a un rôle régulateur. Or, il n’a pas davantage réussi que les premiers juges à dégager la seule jurisprudence qui vaille : la présence d’une crèche de Noël, emblème religieux par excellence, dans un édifice public ou sur le domaine public ne saurait être acceptée au regard des dispositions de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905. Deux cours administratives d’Appel, sur le fondement des mêmes textes, viennent de statuer en sens contraire.

En application des dispositions combinées des articles 1er de la Constitution du 4 octobre 1958, aux termes duquel « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », 1er de la loi du 9 décembre 1905, qui « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes », et 28 de celle-ci, dont les termes ont été rappelés plus haut, celle de Nantes a considéré que la crèche installée dans les locaux du département de la Vendée n’était pas illégale aux motifs, d’une part, qu’elle était « de faible taille » et se trouvait dans une « situation non ostentatoire » en « l’absence de tout autre élément religieux », d’autre part, qu’elle s’inscrivait dans la « tradition relative à la préparation de la fête familiale de Noël ».

Sur le fondement des mêmes textes, la Cour administrative d’appel de Paris a estimé illégale la crèche dressée sous le porche d’accès à la cour d’honneur de la mairie de Melun au motif que, en quelque sorte par nature et quelles que puissent être ses dimensions, « une crèche de Noël, dont l’objet est de représenter la naissance de Jésus, installée au moment où les chrétiens célèbrent cette naissance, doit être regardée comme ayant le caractère d’un emblème religieux […] »      

La Cour administrative d’appel de Paris a raison : pour édicter son interdiction de la présence de signes religieux sur les édifices ou le domaine publics, le législateur de 1905 n’a pas retenu des critères sujets à des discussions byzantines, tels que la taille de l’objet, son caractère discret ou ostentatoire ou son rattachement à une tradition.

La Libre Pensée saisit le Conseil d’Etat

Il faut espérer que le Conseil d’État, que la Libre Pensée va saisir, clarifiera une situation juridique confuse en donnant le dernier mot à la loi qui interdit manifestement l’installation de crèches chrétiennes, emblèmes religieux incontestables, dans les locaux ou sur le domaine public des Collectivités publiques.

Les errances des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire conduisent à une cacophonie de jurisprudences et de pratiques : ceux-là mêmes  qui  veulent  interdire le foulard islamique partout (en public comme en privé) se prononcent pour la présence des crèches chrétiennes dans les  bâtiments publics...Un symbole religieux est un symbole religieux, quelle que soit la religion en cause. Il n’a pas sa place dans les Institutions de la République.


Personne, aucune juridiction ne pourra se dérober : La République est-elle laïque ou concordataire ? Sommes-nous sous la juridiction de l’Etat républicain ou encore sous la coupe des lois du Régime de Vichy ? La quasi-totalité des lois de l’ex-maréchal Pétain contre la laïcité ont, en effet, été maintenues à la Libération. Il faut les abroger.

La Libre Pensée en appelle à l’opinion publique laïque :
Il faut défendre la loi de 1905 !
Participez-tous à la Manifestation nationale laïque
Le 5 décembre 2015 à 15H
Place de la République à Paris !

27.9.15

Conférence-débat "L’athéisme ou le refus de la croyance"

En janvier, les attaques meurtrières de terroristes islamistes ont jeté, en réaction, des millions de français dans la rue pour des marches républicaines ou, néanmoins,  résonnait davantage « tolérance » que « laïcité ». Pas un média qui n’ait aussitôt sollicité curé, imam et rabbin, devenus les oracles incontournables pour un vivre ensemble apaisé. Comme si, soudain, la seule vision qui vaille passait au prisme du religieux.

Or il est une autre manière de voir le monde et l’homme.

Parce qu’elle est une association d’éducation populaire, la Libre pensée de l'Aveyron propose, en lien avec la Maison de la Philosophie de Toulouse, une conférence-débat  « L’athéisme ou le refus de la croyance ».

Celle-ci se déroulera à la Maison des associations de Rodez, 15, avenue Tarayre à Rodez, le samedi 3 octobre 2015 à 17 heures.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

31.8.15

Le site national de la FNLP a fait peau neuve



La mise en place du nouveau site de la fédération nationale de la Libre Pensée permet de s’inscrire à la newsletter de la FNLP,
vous pouvez le faire en suivant le lien http://www.fnlp.fr/ (en bas à droite, indiquez votre mail et vous recevrez cette newsletter)

Dès aujourd’hui, le site vous permet aussi, de télécharger les communiqués de la FNLP
et de retrouver l’ensemble de notre expression publique avec le lien suivant  http://www.fnlp.fr/download.html

30.8.15

Succès pour le rassemblement des Libres penseurs du Grand Sud

Venus de leurs  fédérations et groupes de  Mydi- Pyrénées, de Languedoc-Roussillon et d’Aquitaine, quelques 70 libres penseurs ont convergé samedi 29 août vers Naucelle pour leur rassemblement annuel, une journée de réflexion et de détente, avant de lancer et coordonner les calendriers d’action pour l’année à venir.

C’est avec le concours de David Gozlan, le secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée que les participants ont approfondi le thème,  « Laïcité, j’écris toujours ton nom », décliné façon Eluard, tant pour les libres penseurs, Laïcité est étroitement liée à Liberté.

On pourrait penser que tout a été dit sur le sujet mais à l’examen, on peut faire le constat que beaucoup a été oublié. Notamment que des visions divergentes se sont opposées en 1905 au moment de la discussion de la loi de séparation. Elles sourdent encore aujourd’hui agrémentées de la vision identitaire que l’on sait - laquelle prend une toute autre couleur quand on se souvient du code de l’indigénat imposé en Algérie. Mais c’est la position de Jaurès qui a prévalu et donné la laïcité juridique et constitutionnelle que nous connaissons depuis. Une loi et une laïcité de liberté a souligné avec force un participant.

Les questions pratiques de fonctionnement fédéral ont pris ensuite le relais, notamment concernant l’organisation de la manifestation nationale du 5 décembre à Paris, à l’initiative de la FNLP, à l’occasion du 110 è anniversaire de la loi de 1905 appelant à l’union la plus large des laïques et de leurs associations, pour la défense de cette loi instaurant la liberté absolue de conscience et l’abrogation de celles qui la dévoient à commencer par la loi Debré.
La LP 12 pour sa part se met en jambes le 3 octobre par une AG  suivie d’une conférence publique « Athéisme et non- croyance » à la Maison des Associations 15 av Tarayre à Rodez.

Le prochain rassemblement en 2016 aura lieu dans les Pyrénées-Atlantiques







8.4.15

Comprendre la laïcité

Une assistance attentive lors de notre 4e conférence.

La Libre Pensée de l’Aveyron vient de clore ce samedi 4 avril, à la Maison des associations,  son cycle de quatre conférences publiques dédiées à la laïcité, sujet ô combien d’actualité, après les attentats de janvier à Paris et les opportunes mais parfois contradictoires proclamations en laïcité des personnalités politiques et associatives, toutes tendances confondues.

On connaît la Libre Pensée pour sa défense vigoureuse et assumée de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, n’hésitant pas à ester en justice, en dernier recours, contre les atteintes flagrantes et abusives au principe de laïcité. La Fédération nationale a d’ailleurs édité un Guide de la Laïcité, un précis de différents cas, tant « la tradition », « l’intérêt local » ou le fait « historique » servent souvent de paravent à des dispositifs anti- laïques.

Toutefois, ce n’est pas l’approche juridique que la Fédération aveyronnaise a choisi, mais l’approche philosophique, avec le concours de la Maison de la philosophie de Toulouse. La loi de séparation n’explique pas la laïcité mais l’examen de ses fondements philosophiques, oui.
Cette dernière conférence les reprenait et les mettait dans une perspective, un projet civilisationnels. La laïcité est une conséquence de la représentation et compréhension de la réalité,  une vision de l’homme, du monde, de la société.

L’intérêt manifesté par le public, les questions posées laissent augurer d’une prise de conscience renouvelée et d’un appétit à poursuivre. Il est probable que la LP12 fera d’autres propositions de rencontres et de débats.

Pour tout renseignements :
Libre pensée de l'Aveyron
Maison des Associations
15 avenue Tarayre
12000 Rodez
Tél. 0612523113
E-mail : librepensee12@free.fr
Site : http://librepensee12.free.fr

2.4.15

Conférence débat sur la laïcité à Rodez samedi 4 avril

Le 11 janvier dernier, après le massacre de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, des millions de Français sont descendus dans  la rue pour dire non au terrorisme, défendre la liberté d'expression mais aussi un principe essentiel de la République : la laïcité.

Aujourd'hui au coeur du débat public, la laïcité et la loi de séparation des Eglises et de l'Etat font parfois l'objet de critiques virulentes, d'incompréhension, d'interprétations biaisées ou malveillantes, de récupérations politiques.

Presque trois mois après ces terribles événements, la nouvelle conférence-débat organisée par la libre pensée de l'Aveyron en partenariat avec la Maison de la philosophie de Toulouse, samedi 7 mars, est l'occasion de faire le point sur ce qu'est vraiment la laïcité et combien elle nous est précieuse.

Intitulée "Le projet civilisationnel de la laïcité", cette conférence-débat, qui fait partie du cycle "L'esprit de la laïcité", sera donnée par le philosophe Eric Lowen, Directeur de l’Université Populaire de Philosophie de Toulouse.

Conférence "Le projet civilisationnel de la laïcité"
Samedi 4 avril 2015 à 18h30
A la Maison des associations, 15, avenue Tarayre, à Rodez
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

2.2.15

Conférence débat sur les principes de la laïcité à Rodez samedi 7 février

Le 11 janvier dernier, après le massacre de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, des millions de Français sont descendus dans  la rue pour dire non au terrorisme, défendre la liberté d'expression mais aussi un principe essentiel de la République : la laïcité.

Aujourd'hui au coeur du débat public, la laïcité et la loi de séparation des Eglises et de l'Etat font parfois l'objet de critiques virulentes, d'incompréhension, d'interprétations biaisées ou malveillantes. La nouvelle conférence-débat organisée par la libre pensée de l'Aveyron en partenariat avec la Maison de la philosophie de Toulouse, samedi 7 février, est l'occasion de faire le point sur ce qu'est vraiment la laïcité et combien elle nous est précieuse.

Intitulée "Les principes de la laïcité", cette conférence-débat, qui fait partie du cycle "L'esprit de la laïcité", sera donnée par le philosophe Eric Lowen, Directeur de l’Université Populaire de Philosophie de Toulouse.

Conférence "Les principes de la laïcité"
Samedi 7 février 2015 à 18h30
A la Maison des associations, 15, avenue Tarayre, à Rodez
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

23.1.15

Henri Peña-Ruiz : «La laïcité, levier d'intégration et de tolérance»



Henri Peña-Ruiz est philosophe, spécialiste de la laïcité, Auteur du «Dictionnaire amoureux de la laïcité». Éditions Plon.

La question de la laïcité est devenue centrale dans le débat après les attentats. Mais il y a parfois de la confusion. Quelle définition en donnez-vous ?

La laïcité est une conception du cadre politique de la vie commune, qui se fonde sur trois principes indissociables : la liberté de conscience ; l'égalité des droits de tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions spirituelles (athées, croyants ou agnostiques) ; et l'orientation de la puissance publique vers le seul intérêt général commun à tous. Bref, le triptyque qui définit la laïcité (liberté, égalité, universalité) reprend à s'y méprendre le triptyque républicain. La laïcité n'est donc pas antireligieuse, elle ne s'en prend nullement aux religions comme démarches spirituelles.

Mais son affirmation de l'égalité conduit évidemment à rejeter tout privilège public de la religion. L'idéal laïque consiste à ne pas fonder la loi commune sur les religions ou sur la religion particulière d'un groupe. C'est pourquoi, par exemple, le blasphème, qui est une faute au regard d'une religion particulière, ne saurait devenir un délit dans toute la République.

La laïcité est en outre un levier d'intégration, car elle est un idéal universaliste qui ne rejette pas les particularismes mais qui les intègre dans un cadre commun.

Certains estiment que la loi de séparation des églises et de l'État de 1905 est obsolète. D'autres qu'il y a eu trop d'accrocs à cette loi. Faut-il la modifier ou mieux l'expliquer ?

Elle n'est évidemment pas obsolète. Certains disent qu'elle n'a été conçue que pour une religion. C'est historiquement un fait que c'est l'Église catholique qui était la plus crispée sur ses privilèges et il a bien fallu qu'elle en soit dessaisie. Mais la loi relève d'un esprit beaucoup plus général : quelle que soit la religion (l'islam, le judaïsme, le christianisme, etc.), dans la mesure où elle n'engage que ses fidèles, elle ne saurait prétendre imposer à la loi commune une quelconque exigence. La seule exigence que les religions peuvent imposer est le respect de la liberté de conscience, de l'égalité de droits des croyants, des athées et des agnostiques ; et le fait que la puissance publique agit pour tous également.

C'est un noyau de sens qui est celui de la loi du 9 décembre 1905 et qui est parfaitement adapté – peut-être plus encore aujourd'hui – à nos sociétés multiculturelles. C'est parce qu'il y a une grande diversité de traditions, de cultures qui se combinent dans le creuset français que la République française se doit d'être affranchie de tout particularisme.

Car si la République était prisonnière d'un particularisme religieux ou coutumier, elle serait perçue comme partisane et donc rejetée par une partie des citoyens.

Il n'y a donc aucune raison de remettre en cause la loi de 1905. Il faut au contraire l'appliquer de façon plus rigoureuse. Par exemple lorsque des élus, par clientélisme électoral, financent des communautés religieuses avec de l'argent public, c'est du détournement. Car l'argent dont disposent les élus, c'est celui de l'ensemble du peuple parmi lesquels il y a des athées, des agnostiques et des croyants. La provenance est universelle, la redistribution doit donc être universelle.

Najat Vallaud-Belkacem veut renforcer l'enseignement de la laïcité à l'école. La laïcité a-t-elle du mal à s'y exercer ?

La laïcité, me semble-t-il, doit s'affirmer dans la société par le respect des lois communes et dans l'espace scolaire. L'école est un lieu décisif. Parce que dans l'école publique, laïque, républicaine, sont accueillis des enfants de toutes origines. Il est clair que l'exigence la plus salvatrice pour cet accueil, c'est la laïcité. À l'école, on enseigne des connaissances et des principes universels ; on ne fait pas de prosélytisme religieux.

Certains élèves au nom de leur religion ont pourtant refusé la minute de silence…

On a un devoir d'éducation. Si dans une classe de terminale où je cherche à faire respecter une minute de silence en mémoire des victimes de Charlie Hebdo et de l'hypermarché cacher, j'avais des élèves qui me disent «Je suis pas d'accord, ils l'ont bien cherché», j'expliquerai une chose : ils ne l'ont pas cherché, car il n'y a aucune commune mesure entre un dessin satirique et une rafale de kalachnikov. Un dessin c'est une représentation, un tir de kalachnikov c'est un crime. Il est insensé, faux, abject de mettre sur le même plan les deux violences prétendues. Ce qui est respectable c'est la personne humaine comme telle et sa liberté de croire, mais ce n'est pas sa croyance. Sa croyance c'est une chose qu'elle a ; sa personne c'est une chose qu'elle est. On respecte les êtres, mais on n'est pas tenu de respecter pour autant leurs croyances. On pourrait d'ailleurs critiquer le pape François qui, dans l'avion, a osé dire que, finalement, quand on critique une religion, on est un peu comme quelqu'un qui parlerait mal de sa mère, et à qui il donnerait un coup de poing. Il y a là un double amalgame : entre le coup porté à une personne et la remise en question d'une croyance ; et entre une caricature écrite et une insulte personnelle.

Comme le disait Montaigne il ne faut pas confondre la peau et la chemise. La personne est une chose, la conviction qu'elle adopte en est une autre. On appelle fanatisme non pas le fait d'avoir une religion, mais celui de se confondre avec sa religion, d'avoir perdu toute distance à soi.

Une des vertus majeure de la laïcité est d'éduquer les élèves à la distance à soi, une propriété essentielle de la conscience humaine, et qui est source de tolérance.

*Auteur du «Dictionnaire amoureux de la laïcité». Éditions Plon.

Propos recueillis par Philippe Rioux
Article publié le 23 janvier dans La Dépêche du Midi

18.1.15

Pourquoi soutenir la Libre pensée



L’actualité récente a fait beaucoup parler de la Libre Pensée et l’a mise au-devant de la scène médiatique. Nous voudrions vous expliquer notre action. Depuis des années, nos Fédérations départementales (nous en avons une dans chaque département) mènent des actions diverses et variées pour la défense de la laïcité, car nous considérons que la laïcité est un bien inestimable qu’il faut défendre.

En effet, permettre à chacun d’avoir le libre choix de ses options philosophiques est fondamental. Cela n’a pas toujours été le cas dans l’histoire de notre pays qui a connu des affrontements, parfois sanglants, entre les tenants d’une thèse ou d’une autre. Trop souvent, le pouvoir politique a prêté la main, dans ces situations, aux religions dominantes.

La Séparation des Églises et de l’Etat (loi de 1905) fut le grand œuvre de la Libre Pensée, notamment. Cette loi a fait ses preuves et a permis, sur la durée, d’instaurer une relative paix civile. La religion est devenue une affaire privée qui ne regarde que les citoyens et les citoyennes. Cela impose une indépendance réciproque entre les affaires de la Cité et celles des religions.

En voulant installer des emblèmes religieux (notamment des crèches chrétiennes) dans les Maisons de la République, on lui appose ainsi une marque religieuse qui n’a pas lieu d’être. Que pensera le membre d’une autre confession ou un libre penseur s’il s’aperçoit que la Maison commune des citoyens fait la promotion d’un culte ? C’est une discrimination qui offense la liberté de conscience de tous.

La Libre Pensée agit aussi pour que la loi, notamment la loi laïque, soit la même pour tous sur la totalité du territoire du pays. Là aussi, la survivance du concordat de 1801, de la loi Falloux (contre laquelle s’est insurgé le grand libre penseur Victor Hugo) et des lois de Bismarck en Alsace-Moselle est une atteinte grave à la laïcité. Dans ces trois départements, existe encore le délit moyenâgeux de blasphème qui a valu, il y a quelques années, aux militants d’Act-Up, et plus récemment aux auteurs d’une pièce de théâtre, d’être poursuivis. C’est pourquoi, au nom du principe d’égalité de tous devant la loi, la Libre Pensée agit pour l’abrogation du statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle.

De la même manière, nous voulons que l’effort de la Nation soit consacré uniquement à l’École de tous : l’École publique, laïque et républicaine. Nous sommes pour la liberté de l’enseignement qui fait que chaque parent peut scolariser (ou instruire lui-même) ses enfants dans les écoles de son choix (publiques ou privées). Mais la Libre Pensée estime que l’argent de tous (les impôts) doit être consacré à l’École de tous (l’École publique). Si des parents font d’autres choix que l’École publique, ils doivent en assumer les conséquences financières. La Libre Pensée reste fidèle à la formule « Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée ».

Chaque année, ce sont 8,5 milliards d’euros qui sont ainsi pris sur le budget de l’Éducation nationale pour financer l’école privée, à 95% catholique. Imaginons un seul instant que cette somme serve désormais à l’École publique, les choses changeraient rapidement dans le bon sens. C’est pourquoi la Libre Pensée continue d’agir pour l’abrogation de la loi Debré de 1959 qui a spolié l’École laïque d’une partie importante de ses moyens. Si cette loi contre l’École publique était abrogée, tout l’édifice des lois antilaïques disparaîtrait.

Sur un autre plan, pour compléter l’action de la Libre Pensée, nous voudrions vous informer des activités que nous menons autour des monuments aux morts pacifistes (il y en a plus de 120 recensés par les libres penseurs). Chaque année, nous organisons autour d’eux des rassemblements pour refuser les guerres et pour rappeler qu’il y a d’autres moyens que la barbarie militariste pour régler les problèmes entre les peuples.

Nous menons aussi une action résolue pour que les 639 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale soient réhabilités par la République. Ces hommes, condamnés à mort par les conseils de guerre et fusillés devant la troupe, n’ont commis que le seul crime d’être des êtres humains et d’avoir dit non à des souffrances insupportables et à une mort inutile. C’est le droit de dire non à la barbarie que nous voulons voir reconnaître à travers notre action de justice pour la réhabilitation collective de ces 639 Fusillés pour l’exemple.

La Libre Pensée s’est aussi engagée dans la défense de la liberté de la recherche scientifique. Tout particulièrement, nous avons organisé ou fortement contribué à organiser cinq colloques dont trois internationaux et deux nationaux sur les problèmes dits de bioéthique. La question de l’interdiction, puis de l’autorisation limitée de la recherche sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires a été centrale dans toutes ces manifestations.

Il y aurait beaucoup d’autres aspects de l’action collective et individuelle des libres penseurs que nous pourrions évoquer, tant le champ d’action de la Libre Pensée est large.

Nous voudrions en venir maintenant à l’objet de cette lettre.

La Libre Pensée a besoin de votre soutien, notamment financier pour mener toutes ces actions. Pour pouvoir rester véritablement indépendant, nous ne recevons aucune subvention publique, tel est notre choix. Notre existence ne repose que sur les cotisations de nos adhérents et sur la vente de nos publications.

Un soutien financier de votre part nous aiderait considérablement à continuer nos actions pour la défense de la laïcité et pour le refus de la guerre. Nous vous en remercions par avance.

Nous restons à votre disposition pour toute demande d’informations complémentaires.


Jean-Sébastien Pierre
Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée
Docteur en sciences, Professeur émérite à l’Université de Rennes-1
Ancien membre de la Commission 29 du Comité National (CNRS)
Contribution à envoyer à : Libre Pensée 10/12 rue des Fossés-saint-Jacques 75005 Paris

En Pratique
Chèque à l’ordre de « Libre Pensée ». Les dispositions fiscales en vigueur permettent d’effectuer des versements avec ’effet de levier’ : un don de 150 €, par exemple, équivaut à 50 € de don et 100 € d’épargne restituée l’an prochain sous forme de déduction fiscale ou de crédit d’impôt (nous vous enverrons le reçu correspondant).
Vous pouvez également faire un don en ligne à cette adresse (paiement sécurisé)
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