28.11.15

Nous ne cèderons pas


Ceux qui, au nom de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en œuvre.

C’est la démocratie qui est mise à mal quand le Parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre, sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables politiques qui cultivent la peur.

Après la prorogation de l’état d’urgence et l’extension des pouvoirs de police, d’autres mesures sont encore annoncées par le président de la République.

Il nous paraît essentiel de rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’Etat de droit et nous priver de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les conditions de sa mise en œuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale, l’exercice de la citoyenneté et le débat public.

Depuis 1986, les lois accordant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme, s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de conférer à l’Etat des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination. La réponse des autorités se veut martiale, elle n’est pas une assurance de sécurité et ne garantit en rien le respect de nos libertés. 

Vouloir priver de leur nationalité jusqu’aux personnes nées françaises, c’est délivrer une nouvelle fois le message d’une France divisée. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l’indispensable engagement de l’Etat en faveur de l’égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous voulons que ces dramatiques événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute leur place et qui s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante, libre et fraternelle.

Pour nos libertés, pour une société où la fraternité a toute sa place, nous ne céderons pas à la peur dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur raison de vivre. 

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion. Nos organisations construiront, partout en France, ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

 

 

 

 

Premiers signataires :

AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Associations démocratiques des Tunisiens en France (ADTF), Attac, Cadac, Cedetim, Confédération générale du travail (CGT), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif 3C, Collectif des 39, Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Collectif des musulmans de France (CMF), Coordination des collectifs AC !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Droits devant !!, Emmaüs France, Emmaüs International, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fédération syndicale unitaire (FSU), Genepi, Ipam, La Cimade, La Quadrature du Net, Le Mouvement de la paix, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Le Gisti, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Médecins du monde, Mrap, OIP - section française, Organisation de femmes égalité, Planning familial, Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), SNPES-PJJ/FSU, Snuclias-FSU, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat national des journalistes (SNJ), Unef, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires

 

 

 

 

 

25.11.15

Crèches de Noël dans les bâtiments publics : le PRG soutient l'AMF

Le Parti radical de gauche (PRG) vietn de s'exprimer sur les crèches de Noël dans les bâtiments publics.

"Le PRG considère que l'Aassociation des maires de France (AMF) a tout à fait raison de rappeler L'article 28 de loi de 1905 qui est parfaitement clair : "il est interdit d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions."

Les différents élus LR et Front national qui condamnent la position de l'AMF remettent en  cause le principe de Laïcité.

Le PRG condamne tout particulièrement  l'attitude irresponsable  des élus LR qui courent après le FN dont chacun a compris depuis longtemps que sa "vision" de la laïcité vise à diviser les Français et à exclure.

Le PRG considère qu'à l'heure précisément où la France doit réaffirmer avec force son unité nationale dans un attachement sans faille aux valeurs de la République, dont la laïcité est un élément absolument clef, ces positions s'opposent à l'histoire de notre pays et de notre nation héritière des lumières et de la révolution."

9.11.15

Déclaration commune internationale : pour rendre leur honneur aux milliers de Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale



 Durant le Premier conflit mondial de 1914 – 1918, qui fit des millions de morts sur les champs de bataille et les tranchées, il existe aussi un crime barbare qui vit exécuter par leur propre armée des milliers de soldats dont le seul crime avait été d’être terrorisé par la violence meurtrière des combats et des armements. Messes, bénédictions, prières et confessions... ne changèrent rien à cette barbarie. Bien au contraire.


Les historiens estiment à :

-          639 Fusillés pour l’exemple en France
-          256 Fusillés pour le Royaume-Uni
-          23 pour le Canada
-          26 pour l’Irlande
-          5 pour la Nouvelle-Zélande
-          12 pour la Belgique
-          50 pour l’Allemagne
-          800 pour l’Italie

Cela est sans compter les exécutions sommaires et les exécutés  non recensés. Un seul fusillé pour l’exemple est déjà un crime de guerre, des milliers sont des crimes contre l’Humanité.

Ces exécutions pour l’exemple conduiront, bien plus tard, à reconnaître le traumatisme des tranchées, plus connu sous le nom de Shell Shock. C’était la vengeance posthume des milliers de soldats passés par les armes pour lâcheté.

Pour autant, la plupart de ces pauvres hommes n’ont jamais été réhabilités, ni leur honneur rétabli, ni leurs familles rendues au sentiment de leur dignité. Le Royaume-Uni en 2005 a promulgué une loi pour « effacer les fautes » des 306 fusillés pour l’exemple, et ainsi leur accorder un forme de « pardon ». Un monument a même été érigé dans le Staffordshire en leur mémoire.

Mais dans les autres pays, rien de tel n’a été entrepris. En France, la Libre Pensée, à côté et avec d’autres associations (anciens combattants, pacifistes, de défense des Droits de l’Homme) ont engagé une action vigoureuse pour leur réhabilitation collective.

Le mouvement libre penseur, humaniste et laïque est, par essence, profondément pacifiste et internationaliste, car il ne pense pas que la guerre soit la solution aux problèmes de l’Humanité. Il existe bien d‘autres voies pour régler pacifiquement les conflits.

C’est pourquoi, les associations soussignées demandent instamment à tous les pays concernés, quand cela n’a pas encore été fait, de rendre leur honneur, sous la forme qu’ils décideront comme la plus appropriée, à ces milliers de soldats fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale.


Pour la France : La Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP)
                             Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC)
                             Union Pacifiste de France (UPF)

Pour la Belgique :  Cercle de Libre Pensée-Kring van het Vrije Denken. (CLP-KVD)
                                 Association des Libres Penseurs de Huy  et sa région

Pour la Suisse :   Libre Pensée de Genève

Pour le Canada : Association Humaniste du Québec
                               Libres Penseurs Athées
     Ontario Humanist Society.

Pour la Nouvelle-Zélande : New Zealand Association of Rationalists & Humanists

Pour l’Allemagne : Association Internationale des Athées et sans confession d’Allemagne (IBKA)

Pour l’Irlande : Association  Campagne pour les fusillés pour l'exemple - Irlande

Pour l’Italie : Association de la Libre Pensée « Giordano Bruno »

Pour l’Autriche : Fédération des Libres Penseurs Autrichiens (FDBÖ)

Pour le Royaume-Uni : Forum humaniste pour la Paix