20.3.16

Le sondage accablant pour l'Eglise catholique





Un sondage réalisé par Odoxa pour le Parisien-Aujourd’hui en France sur Les Français et l’Eglise, publié ce dimanche 20 mars, est accablant pour le clergé catholique, dont l'une des principales figures, le cardinal Barbarin, est la cible de critiques dans plusieurs affaires de pédophilie dont il n'aurait pas pris la mesure.

"L’Eglise pâtit aujourd’hui d’une mauvaise image que les récentes polémiques sur les affaires de pédophilie n’ont guère améliorée", estime Gaël Sliman, président d'Odoxa.

1 - Une majorité de Français (56% contre 43%) a une mauvaise image de l’Eglise catholique

2 – Sur notre « crible » d’image détaillé l’Eglise apparaît à la fois très/trop conservatrice, trop éloignée du quotidien des Français et trop opaque.

3 - Pour les Français l’Eglise est globalement à sa place quant à son intervention actuelle dans les débats agitant la société française, mais ils souhaiteraient tout de même moins l’entendre sur les questions de morale sexuelle et plus l’entendre sur les questions liées à la lutte contre l’exclusion ou à l’environnement

4 – Les Français comme les catholiques pratiquants seraient très favorables à ce que l’Eglise s’engage dans des réformes importantes, y compris sur la pilule, le préservatif ou le mariage des prêtres

5- Les Français jugent très sévèrement l’attitude de l’Eglise face aux affaires de pédophilie et estiment (63% contre 36%) que le Cardinal Barbarin devrait démissionner

"La cote d’amour de l’Eglise est bien basse mais les leviers pour redorer son blason ne manquent pas. Les Français aspirent à une Eglise plus investie dans les débats concernant la société française, plus proche du « peuple », plus moderne, moins refermée sur elle-même et plus capable de révéler et de sanctionner les dérives terribles liées à la pédophilie. Cela tombe bien car cela ressemble beaucoup aux grands axes de la « politique » initiée par le pape François, justement, lui, très populaire.", explique Gaël Sliman.

On peut toutefois s'étonner justement que le Vatican ne prenne aucune mesure conservatoire à l'encontre du cardinal Barbarin dont les explications ont jusqu'alors été très confuses. Le respect de la présomption d'innocence n'empêche pas la responsabilité.

19.3.16

Nouveau succès pour la conférence de la Libre pensée de l'Aveyron


La Libre pensée de l'Aveyron organisait jeudi à la Maison des associations de Rodez une nouvelle conférence-débat qui a su trouver un public nombreux et curieux.

Le conférencier Philippe Besson, membre du comité international de l’Association internationale de la Libre pensée (AILP), a maintenu l’attention sans faille de son auditoire, plus d’une heure durant, puis échangé, sur et autour des « Révolutionnaires et Libres penseurs sous l’équerre et le compas », c’est-dire la franc-maçonnerie. Avec maîtrise et clarté, il a exposé les liens qui unissaient les uns et les autres, en France mais aussi en Europe et en Amérique du Nord, dans leur aspiration universelle à une authentique émancipation, celle que donne l’absolu liberté de conscience.

Certes, retourner dans le XVIIe siècle nous éloigne des vicissitudes du présent, certaines tragiques, mais quel puissant éclairage pour en décrypter les soubassements.

Par cette conférence la Libre pensée de l'Aveyron tient sa place dans le domaine de l’éducation populaire qu’elle n’a jamais déserté et qu’elle s’applique à servir.

17.3.16

Conférence débat "Révolutionnaires et Libres Penseurs sous l'Equerre et le Compas"



La Fédération aveyronnaise de la Libre Pensée organise jeudi 17 mars 2016 à 18 h à la Maison des associations  (15 avenue Tarayre à Rodez) une conférence-débat  "Révolutionnaires et Libres Penseurs sous l'Equerre et le Compas", donnée par le conférencier, Philippe Besson, membre du conseil international de l’AILP et du comité de rédaction de l’Idée Libre.

Philippe Besson proposera  à la fois une revue historique des liens et des filiations des libres penseurs comme des francs- maçons, au mouvement historique qui part de la civilisation gréco-latine, qui ressurgit sous la Renaissance, qui côtoie la Réforme  pour déboucher sur les Lumières et la Révolution Française. Ce mouvement est l’humanisme, qui triomphera en France par l’avènement de la République et par l’instauration de la Séparation des Eglises et de l’Etat, et un éclairage particulier porté sur le combat commun aux uns et aux autres, celui de la laïcité, de sa difficulté et des obstacles qu’il rencontre.

Le contenu de la conférence est en grande partie consigné dans un ouvrage collectif récemment publié chez Theolib.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

9.3.16

L’Association internationale de la Libre Pensée exige que les responsables et les complices des crimes de l’Eglise catholique répondent de leurs actes

Une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon après plusieurs plaintes contre de hauts responsables de l’Eglise catholique incluant le cardinal archevêque de Lyon Philippe Barbarin pour non-dénonciation des prêtres ayant commis des agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans, passible, dans le droit français de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

Le juge en charge de l’affaire étudie actuellement le dossier après les déclarations des victimes présumées du prêtre Bernard Preynat affirmant que les responsables du Diocèse de Lyon, dont le Cardinal Barbarin, ont négligé de dénoncer ce prêtre à la police, comme la loi française l’exige. Ce dernier aurait été alerté sur ces crimes depuis 1991. Le prêtre avait reconnu avoir abusé sexuellement de jeunes scouts entre 1986 et 1991, au sein du groupe qu’il avait animé pendant 20 ans.

Selon l’AFP, le Vatican avait auparavant apporté son soutien à l’archevêque de Lyon, affirmant qu’il avait toute sa confiance et qu’il traiterait le problème avec « une grande responsabilité ». Une source proche du cardinal affirmait même que « cette remarque ne vise en aucune manière le cardinal Barbarin qui presqu’immédiatement après avoir rencontré une première victime avait suspendu le Père Preynat et pris conseil à Rome, et cela bien avant qu’une première plainte ne soit déposée.»

Le directeur exécutif de la National Secular Society du Royaume-Uni, Keith Porteous Wood, également porte-parole de l’Association Internationale de Libre Pensée, qui a travaillé depuis de nombreuses années sur ce dossier des abus sexuels commis par des prêtres et a fourni de multiples preuves aux Nations-Unies quant au silence coupable de l’Eglise catholique, a déclaré à propos de cette affaire :  “ J’en appelle au juge d’instruction afin de faire un exemple dans ce diocèse et de poursuivre en justice à la fois l’agresseur présumé et ceux qui pensent qu’ils peuvent bafouer la loi en toute impunité »

La Commission Pontificale pour la protection des mineurs a réaffirmé mi-février que les évêques avaient obligation de signaler les cas d’abus sexuels auprès des autorités civiles, mais chaque déclaration du pape à ce sujet est plus modérée que la précédente. L’an dernier il avait annoncé la constitution d’un « Tribunal de l’Eglise » (plutôt qu’un renforcement de la loi) pour traiter ce genre de cas, mais ce tribunal ne s’est jamais réuni. Au retour de sa visite au Mexique, le pape a déclaré, toujours de manière plus « modérée », que de tels évêques devraient démissionner – sans même dire qu’il les obligerait à le faire. Le soutien implicite à Barbarin signifie que l’idée même que les évêques pourraient respecter la loi a été abandonnée.

Les ecclésiastiques français semblent mener la résistance face à l’obligation de rapporter les abus sexuels auprès autorités civiles, permettant ainsi aux coupables d’échapper à la prison et aux abus de continuer en toute impunité. Cette réaffirmation de la Commission pontificale rapportée ci-dessus, fait suite à une session de formation des nouveaux évêques tenue au Vatican au cours de laquelle le cardinal français Tony Attrella (prêtre du diocèse de Paris, psychothérapeute et enseignant au collège des Bernardins) a expliqué aux évêques qu’ils n’étaient pas obligés de rapporter les cas d’abus sexuels auprès des autorités civiles. En 2014 les Nations-Unies avaient fustigé le Vatican après qu’un cardinal eut félicité un évêque français pour avoir défié la loi et refusé de rapporter un de ces cas après de la justice.

Dans la plupart des pays, cette mesure n’est pas obligatoire, malgré le fait que les Nations-Unies aient recommandé qu’elle le soit, comme par exemple en Irlande.