14.11.17

Fusillés pour l'exemple : cérémonie au monument aux morts de Rodez

La Libre pensée de l'Aveyron, la Ligue des Droits de l'Homme de l'Aveyron et l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR) ont déposé une gerbe devant le monument aux morts de Rodez à la mémoire des soldats de 14-18 fusillés pour l'exemple ce 11 novembre 2017. 

La Libre pensée réclame toujours la réhabilitation collective de tous les fusillés. Le président Emmanuel Macron doit faire ce geste de réconciliation : cent ans après il est temps.





12.10.17

Chartes de la laïcité ou laïcités à la carte ?



Nous vivons une époque curieuse à bien des égards. Nous vivons dans un pays qui a des règles constitutionnelles précises  : la République est une, indivisible, laïque et sociale. Les lois sont nationales, s'appliquent selon les mêmes règles sur l'ensemble du territoire et assurent ainsi l’égalité pour tous entre tous.

Pourtant, on assiste à une volonté partagée par la droite et la gauche de casser et d‘émietter le caractère national des droits et de la République. C’est ainsi que ce sont sur des lois de «  gauche  » dites de décentralisation votée en 1982 sur lesquelles s’appuient Philippe de Villiers pour mettre en place, dès 1990, une crèche catholique au siège du Conseil général. Et son successeur Bruno Retailleau continue de même au Conseil départemental. Comme disait Horace, il y a bien longtemps : «  Le procès est encore devant le juge  ». Et nous verrons bien ce qu’il adviendra des démêlés juridiques de ces gens-là.

La loi du 9 décembre 1905 dite de Séparation des Eglises et de l’Etat assure la liberté de conscience. Elle distingue deux sphères : la publique avec des contraintes de neutralité et une privée où l’exercice de sa conscience est garanti. Elle distingue aussi les obligations des fonctionnaires et des agents des services publics d'une part et les droits des usagers d'autre part Les uns sont tenus au strict respect de la neutralité, car ils sont les vecteurs de l’intérêt général, les usagers ne le sont nullement.

La laïcité est un principe institutionnel, il n’y a nul besoin de la décliner sur tous les tons et surtout uniquement contre les présupposés «  islamistes  ». Pourtant, c’est à qui brandira SA charte de la laïcité. Et au passage, la plupart de ces diverses chartes, se chargent d‘un contenu totalement antilaïque et illégal.

C’est ainsi qu’en 2016, le Tribunal administratif a suspendu la Charte de la laïcité de la municipalité d’Aix en Provence : «  En subordonnant la recevabilité des demandes de subventions des associations à l’adhésion à la charte  » la municipalité «  a violé le principe constitutionnel de liberté d’association  », avait plaidé la  Ligue des Droits de l’Homme.  Car la charte impose ainsi aux associations «  une obligation de neutralité  » qui «  ne pèse que sur les services publics  », avait-t-elle ajouté.

Madame Valérie Pécresse n’était sans doute pas au courant, quand, à peine élue Présidente, elle édicte à son tour une Charte de la laïcité en Ile-de-France qui indique :  « Comme les autres régions françaises, la Région Ile-de-France est touchée et entend prendre toute sa place dans l’affirmation, la diffusion et le respect des valeurs de la République et du principe de laïcité. C’est la raison pour laquelle, dès le 8 juillet 2016, l’exécutif régional s’est engagé à travers son  plan régional de lutte pour la défense de la laïcité, des valeurs de la République et l’engagement dans la prévention de la radicalisation . Il veut être le garant d’une Région exemplaire, réconciliée autour des valeurs du vivre ensemble, de la mixité et de l’égalité.

La Charte régionale des valeurs de la République et de la laïcité doit s’appliquer aux agents régionaux ainsi qu’à tous les partenaires régionaux et aux usagers des équipements et services publics régionaux (par exemple dans les Iles de loisirs ou lors de rencontres organisées par la Région).  »

Ceci est totalement illégal, car encore une fois, la laïcité ne s'impose pas aux usagers, et il arrivera la même chose qu’à Aix-en-Provence.

On voit aussi la même dérive dans différents ministères qui entendent imposer aux usagers, partenaires, etc… des règles de neutralité qui n’ont pas lieu d’être. Le pompon en la matière étant d’exiger la laïcité à des associations religieuses si elles veulent avoir des subventions. On ne peut que souhaiter bon courage aux ministres qui s‘aventurent dans cette voie sans lendemain.

Derrière tout cela, outre la chasse ouverte «  aux musulmans  », il y a clairement une volonté de faire imploser la laïcité institutionnelle en autant de laïcités à la carte : «  laïcités locales  » ou  «  domaines ministériels différents  ». Dérives que l'on voit aussi  se mettre en place au travers des crèches de Noël dans les bâtiments de la République.

C’est au nom de la défense de l'indivisibilité de la République et de la laïcité qui en est une composante, que combat la Fédération nationale de la Libre pensée.

La laïcité est une ou elle n’est pas !

10.10.17

Crèches de Noël dans les bâtiments de la République : la messe n’est pas encore dite en Vendée, elle est bientôt finie à Lyon



Laurent Wauquiez a été  sanctionné à Lyon, Bruno Retailleau ne l’est pas encore à Nantes au prix d’une méconnaissance de la jurisprudence du Conseil d’Etat.

Le 9 novembre 2016, le Conseil d’État rendait deux arrêts par lesquels il a jugé que la présence d’une crèche chrétienne de Noël dans un bâtiment public est illégale au regard du principe de laïcité résultant des articles 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 et 1er et 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des Églises et de l’État, dont l’article 28 interdit d’ailleurs expressément aux autorités publiques « à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions. »

Toutefois, le Conseil d’Etat a estimé que les crèches peuvent « revêtir une pluralité de significations ». Il a considéré que certaines d’entre elles peuvent notamment présenter « un caractère culturel, artistique ou festif, sans exprimer la reconnaissance d’un culte ou marquer une préférence religieuse », en sorte que leur exposition ne porte alors pas atteinte au principe de laïcité garantie par la Séparation des Églises et de l’État. A cette fin, les représentants des collectivités publiques doivent « tenir compte non seulement du contexte, qui doit être dépourvu de tout élément de prosélytisme, des conditions particulières de cette installation, de l'existence ou de l'absence d'usages locaux, mais aussi du lieu de cette installation. » Ces quatre critères sont cumulatifs.

Victoire à Lyon

Le 7 octobre 2017, saisi d’un recours pour excès de pouvoir introduit par la Fédération de Libre Pensée et d’action sociale du Rhône et dirigé contre la décision du Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes d’installer une crèche chrétienne dans le hall de cette collectivité, le Tribunal administratif de Lyon a fait une exacte application de la jurisprudence du Conseil d’État. Après avoir écarté les nombreuses fins de non-recevoir soulevées par le Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il a jugé qu’il ne ressortait pas des pièces du dossier que  « l’installation de cette crèche dans l’enceinte de ce bâtiment public, siège d’une collectivité publique, [résultait] d’un usage local. En effet, aucune crèche de Noël n’a jamais été installée dans les locaux du siège lyonnais de la région Auvergne-Rhône-Alpes. »

Il a également considéré qu’aucun « autre élément [ne marquait] son inscription dans un environnement culturel, artistique ou festif » même si « la crèche a été réalisée par des artisans de la région et que [son] installation [permettait] l’exposition de leur savoir-faire. » Le Tribunal administratif de Lyon en conclut que « le Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes en procédant à cette installation a méconnu l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et les exigences attachées au principe de neutralité des personnes publiques. » 

Dissonance et incohérence à Nantes

Le 6 octobre 2017, la Cour administrative d’appel de Nantes (CAA) , saisie sur renvoi du Conseil d’État du litige opposant la Fédération départementale de Vendée de la Libre Pensée et le Département de la Vendée à propos de l’installation d’une crèche chrétienne dans le hall du siège de cette collectivité, n’a pas suivi aussi fidèlement que le Tribunal administratif de Lyon, la jurisprudence de la juridiction administrative suprême, qu’elle a feint néanmoins de respecter sans pour autant se déjuger.

Pourtant l’arrêt n° 395223 du Conseil d’Etat avait cassé la précédente décision de la CAA de Nantes, précisant qu’en statuant comme elle l’avait fait pour invalider la décision de 2014 du TA de Nantes, la CAA avait « entaché son arrêt d’une erreur de droit ». Rappelons que le TA de Nantes avait annulé la décision du « Président du Conseil général de la Vendée » … de ne pas « interdire l’installation d’une crèche de la nativité dans le hall de l’hôtel du département ». Une décision que nous avions considérée et que nous considérons toujours comme conforme à la lettre et à l’esprit de la loi de 1905 et de son article 28.

La CAA a-t-elle corrigé son « erreur de droit » ? Il n’en est rien, et c’est au contraire en commettant à nouveau, selon nous, une « erreur de droit » que la CAA de Nantes a maintenu sa position tendant à la dissolution des limites fixées par l’article 28 de la loi de 1905 et par la jurisprudence du Conseil d’Etat.

Sur conclusions conformes du rapporteur public, la Cour a confirmé sa première décision sans respecter totalement le raisonnement du Conseil d’Etat. Elle n’a pas clairement établi qu’étaient réunis les quatre critères permettant de déroger au principe d’interdiction de l’installation d’une crèche chrétienne dans un bâtiment public. En premier lieu, elle s’est bornée à dire que le Département expose une crèche dans le hall des locaux du département « depuis décembre 1990 […] durant la période de Noël », ce qui ne suffit pas à établir des usages locaux ni, a fortiori, une tradition dont le dictionnaire d’Émile Littré précise que celle-ci résulte « d’une transmission de génération en génération par la parole ou par l’exemple », soit sur une période bien supérieure à celle ici évoquée.

En deuxième lieu, la Cour administrative d’appel de Nantes a considéré que « cette crèche de 3 mètres sur 2 mètres [étant] située dans un hall d’une superficie de 1 000 m² ouvert à tous les publics et accueillant, notamment, les manifestations et célébrations laïques liées à la fête de Noël, en particulier l’Arbre de Noël des enfants des personnels départementaux et celui des enfants de la DDASS » ne méconnaissait pas l’obligation de neutralité pesant sur des personnes morales de droit public. Or, la taille de l’objet, offert au regard de « tous les publics », ne semble pas un critère de nature à atténuer ou effacer son caractère religieux.

En troisième lieu, avec une mauvaise foi évidente et sans crainte de se contredire, la Cour a indiqué que les dates de début et de fin d’installation de la crèche ne comportaient aucun message religieux, même si elle a évoqué, comme il vient d’être dit, « la période de Noël ». Enfin, elle a tenté sans y parvenir sérieusement à soutenir que cette crèche n’avait pas de caractère religieux en ayant recours à une rédaction pour le moins obscure : « son installation est dépourvue de tout formalisme susceptible de manifester un quelconque prosélytisme religieux. » La présence dans une crèche de Marie, Joseph et Jésus, entourés du bœuf et de l’âne, reste un signe religieux évident, sauf pour la CCA de  Nantes.

Pour toutes ces raisons, la Libre Pensée s’emploiera par tous les moyens à faire respecter la lettre et l’esprit des arrêts du Conseil d’État du 9 novembre 2016 qui ont été jusqu’à présent suivis partout, sauf à Nantes.

En conséquence, la Fédération de la Libre Pensée de Vendée, pleinement soutenue par la Fédération nationale de la Libre Pensée, saisira à nouveau le Conseil d’Etat qui cassera à coup sûr la décision de Nantes. Contrairement aux propos de certains journalistes qui semblent ne rien connaître au Droit, la partie n’est pas finie. Et Philippe de Villiers et Bruno Retailleau ne pourront pas dire de sitôt : Ite missa est.

Par ailleurs, la fameuse « tradition de la crèche » en Vendée n’existe que depuis les lois de décentralisation de 1982. Là aussi, la droite-extrême peut remercier la « gauche ». Quant à Laurent Wauquiez, avec sa « kolosale » finesse habituelle, il a indiqué : « Ce jugement est coupé de la réalité de notre pays : ce ne sont pas les crèches de Noël qui portent atteinte aujourd'hui à la laïcité en France ». En clair, c’est un « laïc » (religieux sans soutane) qui ne voit des atteintes à la laïcité que quand il s’agit des musulmans. Dans cette croisade qui n’ose pas dire son nom, il est largement accompagné par Manuel Valls et ses amis.

La laïcité ne se divise pas,
elle doit être respectée et appliquée partout !

7.9.17

L'Association internationale de la Libre Pensée dénonce l'assassinat de la journaliste Gauri Lankesh



Gauri Lankesh, une célèbre journaliste indienne a été assassinée  par balles ce mardi 6 septembre 2017, par  un commando  qui s'est présenté à son domicile de Bangalore, capitale du  Karnataka .

Mrs Gauri Lankesh, âgée de 55 ans, était une figure de la lutte  du rationalisme contre le système des castes  et  l'extrémisme hindouiste  qui le nourrit.

Le Club de la Presse de l'Inde indique clairement que "cette journaliste intrépide et indépendante à été tuée pour la faire taire"

D'après le quotidien britannique le Guardian, elle avait  récemment déclaré  que la haine féroce directement dirigée contre elle,  lui faisait craindre pour la liberté d'expression en Inde.

Elle ajoutait, d'après le même journal, qu'elle entendait continuer le combat  d'Ambedkar en matière de réformes  sociales. B.R. Ambedkar, premier Ministre de la Justice de l'Inde indépendante fut un des principaux rédacteurs  de l'actuelle  Constitution indienne, il combattit  l'extrémisme hindouiste  et musulman, mais est surtout connu pour sa lutte contre les discriminations à l'égard des Dalits (intouchables).

Avant même cet assassinat, le Comité  pour la défense des Journalistes chiffrait à 27 le nombre  d'assassinats impunis de journalistes indiens depuis 1992.

Le parti  du Premier Ministre Modi (BJP), mis en cause au Parlement, a réagi en disant  qu'il  condamnait cet attentat, qu'il diligentait les recherches, mais a  aussi assuré  qu'il appartenait à l’État du Karnataka (dont la capitale est Bangalore)  d'assurer la loi et l'ordre.

C'est le deuxième assassinat de journaliste  rationaliste  en deux ans au Karnataka et les assassins du  précédent M. Kalburgi, n'ont jamais été retrouvés.

L'Association Internationale de la Libre Pensée salue la mémoire  de cette femme courageuse et exige  du gouvernement  indien que les coupables soient  retrouvés et  jugés.

Elle  assure  les humanistes, rationalistes et libres penseurs  de l'Inde de sa pleine solidarité.

3.4.17

Abrogation ou aménagement du Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle ?

Les fédérations de la Libre Pensée du Grand Est se sont réunies ce week-end, elles ont discuté à propos de la volonté des responsables politiques d’étendre le Concordat. Elles ont établies une déclaration commune qu’il nous semble important de porter à votre connaissance. La Libre Pensée livre à l’opinion de tous les laïques ces questions et ces faits. Elle continuera à agir pour l’abrogation pure et simple du Statut clérical d’exception.

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La question de la survivance du concordat bonapartiste de 1801 et des Articles organiques qui l’ont étendu aux religions réformées et judaïque, puis de son extension à l’ensemble du territoire de la République  a toujours taraudé les cléricaux de gauche comme de droite. Il faut dire que son maintien dans la forme actuelle pose un certain nombre de problèmes du fait que l’Islam et le Bouddhisme, qui se réclament de millions de fidèles, en sont totalement exclus. Pour ceux qui ne conçoivent les religions que tricolores et contrôlées par le gouvernement, cela fait désordre.

L’idée qu’une véritable Séparation des Eglises et de l’Etat puisse exister, sans que le Ministre de l’Intérieurcontrôle étroitement les religions pour en faire des instruments à la dévotion du Pouvoir, n’est pas accessible à leurs esprits étroits de nostalgique du Bonapartisme.

C’est pourquoi réapparait périodiquement le projet de modifier le Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle(formé du Concordat, de l’intégralité de la loi Falloux et des lois allemandes du temps des annexions, de la convention de 1902 instaurant l’institut de théologie et dont nous demandons l’abrogation) pour, d’abord l’étendre à l’Islam et au Bouddhisme, et ensuite le proposer dans toute la France comme un modèle à appliquer.

La tolérance, « qui est le fait du Prince » comme le rappelait Mirabeau au moment du débat sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, refait aussi périodiquement son apparition. Ainsi est demandé que le cours de religion qui est obligatoire dans les 3 départements soit désormais facultatif, alors que la Libre Pensée estime qu’il doit disparaitre totalement, car la religion n’a rien à faire au sein de l’Ecole publique.

Autre détail qui choque :
Celui du maintien des Articles 166 et 167 du Code pénal qui réprime le délit de blasphème et le trouble de cérémonies religieuses. Ces deux articles ont été rarement utilisés et appliqués dans la dernière période (mais cela l’a quand même été contre des militants d’Act-Up et aussi contre des pièces de théâtre jugées blasphématoires). Pour les partisans de l’extension du Statut clérical, il valait mieux les supprimer pour ne pas compromettre l’opération en cours. C’est ainsi qu’on a vu les différentes Eglises reconnues en Alsace-Moselle se prononcer pour cette abrogation partielle.

Le dispositif de l’extension s’est donc mis en place progressivement. La Loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté dans son article 172 a décrété :

Le Code pénal local applicable dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle est ainsi modifié :

1° L’article 166 est abrogé ;

2° L’article 167 est ainsi rédigé : 

« Art. 167. - Les articles 31 et 32 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État sont applicables. » 

Dès lors, une question centrale se pose

Si deux articles de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat peuvent s’appliquer en Alsace-Moselle, pourquoi pas tous les articles, toute la loi, dont les articles 1 et 2 qui stipulent : 

« Article premier
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.»

 Cela veut dire que la laïcité n’est pas incompatible par nature et interdite de séjour dans les trois départements d’Alsace-Moselle.

Cela veut dire aussi, que contrairement à toutes les billevesées des partisans du Statut clérical d’exception, de gauche comme de droite, on peut appliquer la laïcité sans remettre en cause les dispositions sociales avancées comme le Droit local sur la Sécurité sociale, par exemple.

La Libre Pensée n’entend pas polémiquer avec ceux qui soutiennent l’abrogation des articles 166 et 167 du Code pénal local, mais là aussi, c’est la suite des évènements qui dira si cette abrogation est une brèche ou un colmatage.


Qu’est-ce que le Statut clérical d’exception ?

Le statut des cultes d’Alsace-Moselle est issu du Concordat de 1801 et d’un ensemble de lois et de décrets qui instaurent des privilèges à des cultes reconnus par l’Etat et donc considérés comme des services publics. Ce sont les cultes catholique, protestant (Confession d’Augsbourg et Culte Réformé) et juif.


Ces cultes sont structurés autour d’établissements publics tels qu’ils existaient avant la loi de 1905 et qui gèrent le patrimoine cultuel, que celui-ci appartienne à la commune ou à l’Eglise. Ces établissements publics sont une charge obligatoire pour les communes ; d’ailleurs le maire est membre de droit de cette structure, à côté du prêtre, du rabbin ou du pasteur.

En vertu du statut des cultes d’Alsace- Moselle, 1 400 ministres de ces cultes sont rétribués par l’Etat, ce qui cote chaque année environ 60 millions d’euros, en incluant les pensions. L’évêque est nommé par le Président de la République et le Vatican. Il est payé 4 500 euros et dispose d’une voiture de fonction avec chauffeur payé par l’Etat.

S’agissant de l’enseignement public, le Rectorat est obligé d’organiser l’enseignement de la religion dans toutes les écoles, quel que soit le nombre d’élèves dans la classe de religion. Cet enseignement est soumis à dispense.


Les Fédérations de la Libre Pensée du Grand-Est
constatent  que :

-          M. Philippe Richert, Président de la Région Grand-Est vient de décider d’étendre le comité interreligieux existant en Alsace depuis 2004 à toute la Région Grand-Est. Cette opération vient après celle du « Printemps des religions » soutenue par le Préfet Nacer Meddah en 2015 que les Fédérations de la Libre Pensée avaient dénoncée et aujourd’hui elles réclament l’abrogation immédiate du comité interreligieux.

-          Début mars 2017, se sont tenues à Strasbourg des Assises interreligieuses organisées par Catherine Zuber (Conseillère régionale) et Philippe Richert auxquelles 200 cléricaux de toutes obédiences ont participé. Voici ce qui a été réclamé : « Eric Vinson (présenté comme religiologue, et oui, cela existe !) appelle à l’éducation au fait religieux et à l’apprentissage du dialogue dès l’école élémentaire avec la nécessité de former des enseignants à l’université. « La France a pris beaucoup de retard crispée dans une laïcité sectaire qui ne répond pas à l’esprit des initiateurs de 1905. Il faut créer des chaînes de pédagogie des religions pour apprendre à découvrir les religions et la laïcité. »

Il a souligné pour terminer l’exemplarité de la situation alsacienne qui œuvre au dialogue entre les religions,« elle ouvre la voie à ce qui devrait être la vocation de la France de réunir religions et démocratie par la diversité des présences religieuses en son sein ». (Source : RCF du 9/3/2017)

-          François Hollande, Président de la République, en vertu du Concordat de 1801, vient de nommer Archevêque à Strasbourg, l’ancien aumônier aux armées, personnage ultraréactionnaire, mais qui est toujours payé par les fonds publics. La République est toujours bonne fille avec ses ennemis.

-          Même s’il n’y a pas d’entorse en soit à la laïcité qui assure la liberté de conscience, l’élection d’un prêtre et théologien de la « faculté théologique catholique » comme Président de l’Université de Strasbourg ne relève-t-elle pas de cette opération de consolidation et d‘extension du Concordat ? L’université de Strasbourg est liée avec des universités en terre non-concordataire.

-          En février 2017, l’université de Lorraine sera l’une des douze universités en France à proposer un drôle de « diplôme » : le diplôme universitaire « Religion, laïcité et inclusion sociale ». L’objectif : « Fournir des outils en vue de faciliter la gestion des personnels et des institutions culturelles et de préparer les aumôniers à l’exercice de leurs fonctions ». On ne voit pas bien le rapport entre la laïcité et l’aide à la fonction d’aumônier. Normal : l’objectif de ces formations n’est pas d’enseigner le Droit. 

Voici ce qu’en a dit Jean-Sébastien PierrePrésident de la Libre Pensée devant l’Observatoire de la laïcité : « Nous nous inquiétons de l’établissement, manifestement concerté, dans une dizaine d’universités, de Diplômes universitaires dits de « connaissance des religions » qui sont, dans leur déclaration, faits pour former les aumôniers et les imams. Ce n’est pas toujours dit comme cela, mais c’est quand même l’esprit. L’esprit n’est pas d’enseigner le droit laïque tout simplement de façon à ce que tout étudiant qui en fait la demande, quel que soit son origine et son métier, puisse en faire la démarche, mais explicitement de dispenser une formation à des professions religieuses. Là, je pense que l’on a quitté l’esprit et la lettre, au moins l’esprit, car évidemment il n’est pas question d’attaquer la liberté de telle ou telle université de faire tel ou tel diplôme, cela fait aussi partie des Franchises dont je parlais tout à l’heure, mais on peut au moins en discuter le principe au minimum sur le plan philosophique. 

J’ai vu par exemple à Rennes, une déclaration dans Ouest-France donnant nommément la composition des étudiants inscrits dans ce diplôme d’université, par religion. C’est la première fois de ma vie que je vois une chose pareille ! Désigner les étudiants à une formation universitaire par leur religion et leur rôle religieux. »  

Alors, oui la question se pose : 
Extension ou abrogation
du Statut clérical d’exception 
d’Alsace-Moselle ?

La Libre Pensée livre à l’opinion de tous les laïques ces questions et ces faits. Pour sa part, la Fédération nationale de la Libre Pensée continuera à agir pour l’abrogation pure et simple du Statut clérical d’exception.

La laïcité ne se divise pas, elle se conquiert et elle se respecte !


Adoptée à l’unanimité à Metz, 1 er avril 2017

26.2.17

Conférence-débat "Prosper Alfaric, un homme de raison, une figure de la Libre pensée"



La Libre pensée de l'Aveyron organise une conférence-débat autour d'une figure du département : Prosper Alfaric, au parcours hors normes.

Né à Livinhac-le-Haut le 21 mai, 1876, il est ordonné prêtre en avril 1899. Il enseigne tout d'abord la philosophie aux Grands Séminaires de Bordeaux et de Bayeux, puis le dogme au Séminaire d’Albi. Il perd progressivement la foi du fait de ses lectures, ce qui lui pose un problème quand on lui propose de retourner à Bordeaux, puis de nouveau à Albi, mais pour enseigner la théologie.

Il décide donc d'orienter son cours uniquement sous l'aspect historique. Il abandonne sa condition de prêtre en 1909 et reprend des études d'histoire, puis se spécialise dans l'histoire des religions et obtient, en 1919, la chaire d'histoire des religions à l'Université de Strasbourg. Durant la guerre, il accompagne l’université de Strasbourg dans son repli à Clermont-Ferrand jusqu’en 1945.

Il a été excommunié par décret du Saint Office en date du 29 juillet 1933. Cette excommunication a été prononcée à la suite de sa participation à l'écriture de l'ouvrage "Le Problème de Jésus et les origines du christianisme" à cause de ses thèses sur l'inexistence de Jésus.

En retraite, il milite à la Ligue de l'Enseignement et à l'Union Rationaliste, qu'il présidera en 1955. Auparavant, il avait fondé avec Georges Ory, le cercle Ernest-Renan en 1949, voué à l'histoire des religions, à la critique biblique et à la recherche des origines du christianisme.

La conférence-débat "Prosper Alfaric, un homme de raison, une figure de la Libre pensée" sera donnée par Philippe Velez, jeudi 2 mars à 18h30 à la Maison des associations,15 avenue Tarayre à Rodez. Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.
Renseignements à librepensee12@free.fr ou au 0612523113.